The Terror

Tombée dessus un peu par hasard, je me suis lancée dans la saison 1 de The Terror, me demandant sur quoi j’étais tombée. Une découverte intéressante.

Synopsis : 1845. Une expédition de la Marine Royale britannique entreprend un pénible voyage à la recherche du Passage du Nord. Confronté à des conditions périlleuses avec des ressources limitées, l’équipage peine à garder espoir dans ces territoires rudes et inexplorés. Gelés, isolés et coincés à l’autre bout du monde, dans l’Arctique, les hommes doivent lutter, non seulement pour survivre contre les éléments, mais aussi les uns avec les autres. Certains d’entre eux commencent à croire à la malédiction d’une mystérieuse créature qui les faucherait un à un…

Avis :

Un thriller horrifique…
Vendu comme un thriller horrifique, j’avoue trouvé la mention un peu trop grandiloquente pour ce que ça donne. The Terror ne fait pas si peur que ça, et pire encore, ne fait pas si « horreur » que ça. Certes, le suspense est bien amené, certaines scènes sont sanglantes… Mais je pense que l’aspect thriller horrifique se fait évincer par un thriller psychologique plus intense et passionnant. En effet, plutôt que cette « malédiction » dont parle le synopsis, c’est bien plutôt le côté humain et le moral des troupes qui font leur effet. Que se passe-t-il pour un équipage perdu dans un décor monotone et désertique pendant de longues années ? Sur leur esprit, leur corps ? The Terror est ainsi un condensé de carences, de scènes sanglantes, dérangeantes et plus encore, d’esprits déboussolés, d’esprits tordus et cinglés. The Terror c’est le nom du bateau, mais c’est aussi ce qui se passe pour l’équipage, perdu entre une créature tout droit sortie des enfers et des hommes déstabilisés par une faim de l’esprit et du corps, les rendant irascibles.

Une série lente mais addictive…
La première impression que j’ai eu, après les trois premiers épisodes, est cet effet lenteur presque omni-présent. C’est lent, et même quand l’action se met en place, on garde cet aspect brumeux, et indolent propre à l’ambiance de la série. Cette lenteur, qui aurait pu me faire fuir, est néanmoins maîtrisée, nous immergeant davantage encore dans ce décor désertique, chaotique et destructeur. Dans le froid, sous la brume, aux prises du vent glacial, les hommes vivent ou plutôt tentent de survivre pour une expédition insensée en plein cœur de l’Arctique. Et les épisodes défilent, sans vraiment qu’on s’en rende compte. Ils défilent et on devient rapidement accro à cette série, qui n’avait l’air, au début, que d’une adaptation un peu ratée. Une réussite donc pour AMC, qui cherche sans doute sa nouvelle figure de proue après The Walking Dead.

Au final, une série un peu longue à démarrer, dans un décor intense, où les esprits s’échaufferont bien plus que les corps… Reste à savoir si la créature les tuera en première, ou bien eux-mêmes…

[REVIEW] Golem, le tueur de Londres

J’ai décidé de réaliser un article double sur, à la fois, le roman Golem, le tueur de Londres, mais aussi le film sortie directement en DVD en France. 

Le roman de Peter Ackroyd

Londres, 1880. Huit ans avant que Jack l’Eventreur sévisse à Whitechapel, la peur avait un autre nom…
Alors que les corps de deux prostituées ont été dé couverts dans le quartier voisin de Limehouse, la rumeur se répand qu’un Golem, figure mythique de la tradition hébraïque, erre dans les rues de la ville en quête de nouvelles victimes.
Ce qui n’empêche pas une troupe de théâtre de continuer à se produire dans les cabarets. Parmi les comédiens, Elizabeth et Dan Leno, adepte du travestissement.
Lors d’un spectacle, John Cree, bourgeois érudit et écrivain insatisfait, tombe sous le charme d’Elizabeth, qu’il épouse. Quelque temps plus tard, on retrouve le corps sans vie de John. Son journal intime révèle qu’il serait le mystérieux Golem. Mais sa femme semble, elle aussi, dissimuler bien des secrets…

Mon avis : Ce roman ne fut pas une pépite. J’ai retrouvé le style un peu vieillot que j’ai du mal à apprécier. Ceci étant bien sûr extrêmement subjectif, car je ne suis pas sans affirmer que ce style a de superbes qualités comme cette immersion à l’époque même de l’histoire. Je m’attendais à un roman un peu horrifique mais j’ai donc été beaucoup déçue. J’avais sans doute de trop hautes espérances, je pense aussi que la phrase d’accroche du résumé m’a induite en erreur « Londres, 1880. Huit ans avant que Jack l’Eventreur sévisse à Whitechapel, la peur avait un autre nom… ». Nous sommes baladés entre plusieurs époques, plusieurs moments et ça a eu tendance à me perdre un peu parfois. Néanmoins, l’histoire travaillée, l’intrigue maîtrisée fait que nous passons un bon moment en compagnie de ce roman. J’ai adoré suivre le déroulement des différents événements, en apprendre plus au fil des pages. L’auteur sait maintenir la tension, l’angoisse jusqu’au bout. Les mentions et présences de grands noms de l’Histoire m’a charmée également comme Karl Marx. Le contraste entre l’aspect comique de la profession de certains personnages et la dureté des actions d’autres a été très appréciable, comme pour équilibrer le tout, tentant de donner à tout ce mic-mac un aspect homogène. Je tiens à dire que rien que pour la chute, ce roman est à lire !

En bref, un bon roman à la structure complexe mais maîtrisée qui vous entraînera au dix neuvième siècle, au cœur d’une Londres effrayée… Pour vous le procurer, c’est par ici.

Le film de Juan Carlos Medina

Londres, 1880. Une série de meurtres secouent le quartier malfamé de Limehouse. Selon la rumeur, ces crimes ne peuvent avoir été perpétrés que par le Golem, une créature des légendes hébraïques d’Europe centrale. Scotland Yard envoie Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de résoudre l’affaire.

Mon avis : Si le roman m’a plu mais sans plus d’euphorie, le film est en revanche une sacrée surprise ! Par les décors, la façon de parler, par les jeux des acteurs, par les lumières, l’ambiance, tout est rendu avec un talent certain. Les expressions des personnages sont ce qui m’a le plus charmée, j’ai tout simplement été subjuguée par le jeu des acteurs oui, et la manière dont ils ont réussi à garder l’essence du roman intact. Nous avons toujours cette chute qui retourne tout ce que nous pensions. Nous avons toujours ces différentes époques, qui nous permettent d’avancer dans le récit doucement. Comprenant, assimilant. Néanmoins, force est de constater que dans le film, je ne me suis pas du tout perdue en comparaison de certains passages du roman. La présence de Karl Marx a l’écran a été fortement apprécié, et surtout cet accent allemand lorsqu’il parlait anglais. Oui, je l’ai regardé en VO, et je pense que c’est la meilleure façon d’apprécier ce film à sa juste valeur.

Au final, que ce soit le film ou le roman, j’ai passé un bon moment avec cette histoire. Il est clair que le film apporte un vrai plus au livre, je vous conseille donc de le lire, puis de regarder ce film, prenant et addictif !

Roman reçu en service de presse de la part de la maison d’édition

Seven Sisters

Un film de Science-fiction aux allures de thriller, Seven Sisters a été une excellente surprise, portée par une Noomi Rapace d’exception !

Synopsis : 2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Un thriller haletant, mais du SF pas assez développé…
J’ai plongé tête la première dans ce film, il faut dire que nous sommes mis sous pression assez rapidement. On enchaîne les scènes d’actions, jusqu’aux révélations explosives ! Et puis, vient la scène finale. Nous évoluons dans un univers sombre. Une ambiance sale et crasseuse et j’ai adoré ça. Nous ne sommes pas dans quelques chose de lisse. Mais bien dans un monde dévasté par les années… Néanmoins, si j’ai trouvé le côté thriller très bien monté, l’aspect SF n’est pas assez abouti à mon sens. Nous ne savons finalement pas grand chose du monde dans lequel nous évoluons, si ce n’est qu’il y vit beaucoup de monde, et que les naissances sont restreintes. Mais pourquoi en est-on arrivé là, le contexte politique quel est-il ? Bref, j’aurai aimé en savoir plus, pour m’immerger encore davantage.

Une Noomi Rapace exceptionnelle…
Qui dit sept sœurs identiques, dit une même actrice qui joue sept personnalités différentes. Et ça, Noomi Rapace l’a magnifiquement bien fait ! J’ai eu l’impression de voir véritablement sept personnes différentes, dans leurs attitudes, mimiques, façons de parler. C’était tellement réaliste que je me demande s’il n’est pas arrivé à l’actrice de souffrir de dédoublement de la personnalité ! Bref, j’aimais déjà beaucoup cette actrice, mais alors, maintenant, je la trouve exceptionnelle !

Quelques incohérences…
Malgré tout ce positif, j’ai relevé quelques incohérences. J’aurai tendance à dire légères, mais ça dépendra du point de vue de chacun. Dans un monde limité à un enfant par foyer, nous avons sept femmes, sept sœurs. Et les incohérences ont toutes rapport à elles. Je m’étonne qu’elles n’aient pas été découvertes plus tôt. Il faut dire que niveau consommation, ça y a été. Dans un monde où il faut économiser les ressources, une seule personne consomme pour sept finalement. Cela n’a alerté personne ? L’eau, la nourriture, la consommation d’énergie… C’est sans doute secondaire comme remarques, mais ça me semble quand même important pour la cohérence de l’ensemble.

Au final, un film explosif qu’il faut plutôt voir comme un thriller qu’un film SF. J’ai passé un bon moment, à voir !

Passions Sanglantes

Thriller à suspense, érotisme… Voilà deux genres que j’apprécie alors quand on les mêle, qu’est-ce que ça donne ? Un thriller érotique tout simplement, et c’est le dernier roman de Camille Revlann ! Je vous parle donc de Passions Sanglantes.

Résumé : Clémentine est passionnée par son métier de flic. Elle file le parfait amour et jouit d’une vie sexuelle riche, épanouie et torride avec Cristal.
Mais lorsqu’une série de meurtres d’une rare violence s’abat sur la ville, la psychose et l’angoisse s’emparent des habitants et bouleversent le quotidien de la jeune femme. Une course contre la montre commence alors entre Clémentine et le tueur… ou serait-ce plus une danse à la fois sensuelle et macabre ?
Va-t-elle réussir à lui résister, à l’arrêter sans y laisser son âme ?


Avis :

L’intrigue…
Nous suivons Clémentine, une policière aguerrie, et Cristal, sa compagne. Elles vivent une relation passionnée, mais tout vole en éclat lorsqu’arrive un meurtre en particulier… Clémentine va alors être confrontée à plusieurs faits troublants, va en perdre ses moyens. Perdue entre passion et horreur, elle devra faire un choix… fatidique ! Qui croire ? À qui faire confiance ? Ce roman c’est l’histoire de la perdition, de l’horreur que l’on aimerait cacher. Ce roman c’est une histoire, d’amour peut-être, mais de sexes assurément.

Érotisme et thriller…
J’avais déjà goûté à ces deux genres mêlés à travers Passion de Brian De Palma, donc forcément, ce roman m’a rappelé par quelques aspects ce film que j’avais beaucoup apprécié. Ici, nous avons une course contre la montre. Puis une passion dévorante. Quand son corps réagit différemment. Quand son cerveau lui ordonne de se dépêcher, pour le sauver. Et que son corps… Son corps ne veut que lui. Lui et seulement lui. Dans ce roman, j’ai adoré la mise en place de l’intrigue. D’entrée de jeu, on nous donne le ton : un serial killer. Alors, on lit. On veut en savoir plus sur ce meurtrier, puis on entre dans l’intimité de la belle Clémentine. On joue les voyeurs aussi, on les observe durant leur étreinte passionnée. D’ailleurs, Camille Revlann joue magnifiquement bien de la plume pour nous représenter les scènes érotiques, qu’elles soient entre femmes, ou entre sexes différents. Et très rapidement, tout s’accélère. Les événements défilent et cet effet accélération ajoute à la tension présente tout le long du roman. Va-t-elle arriver à temps ? Qui est véritablement le meurtrier ? Dans l’ensemble l’histoire est cohérente, je mettrai juste un petit bémol sur Clémentine et son aspect « agent de police aguerrie ». En effet, même si on peut expliquer son comportement changeant, ignorant les procédures etc… par son extrême désir, à cause duquel, elle est déboussolée, j’ai trouvé que d’une manière générale inclure cette jeune femme, et même l’univers en lui-même dans le milieu policier n’était pas forcément une nécessité.

L’aspect fantastique…
Parce que, en effet, l’érotisme et le thriller ne sont pas les seuls genres représentés dans ce texte, le fantastique est également présent. Il y est de façon légère mais avec assez de poids tout de même pour sentir un manque. Un manque d’explications en fait. Il m’a semblé tomber comme un cheveu sur la soupe et j’ai trouvé ça très dommage, car finalement, le roman en lui-même est excellent. J’aurai aimé en savoir un peu plus, d’autant que le roman n’est pas très long. Peut-être dans une suite ? Qui sait ?

Au final, voilà un roman que j’ai adoré ! Je l’ai dévoré, avide de connaître le dénouement. J’aimerais beaucoup retrouver Clémentine dans une autre aventure, qui sait, ça arrivera peut-être *message subliminal envoyé à l’auteur*. Pour vous procurer ce roman, c’est par ici.

Service de presse envoyé par la maison d’édition

Dark Net

Reçu dans le cadre de la masse critique Babelio, je suis enchantée de vous parler de Dark Net, un des romans de la rentrée littéraire qui me faisait de l’œil. Et de l’œil j’en ai parce que, franchement, quelle superbe découverte !

Résumé : Fermez toutes vos fenêtres !
Sous les fondations du réseau, un second Internet palpite : un eldorado sulfureux où rien n’est interdit et où tout – drogues, armes à feu, instructions terroristes – peut être trouvé. Son nom ? Le Dark Net. Mais aujourd’hui, en ces profondeurs, des forces obscures se rassemblent. Des démons, qui projettent de  » hacker  » les esprits des utilisateurs et de les transformer en tueurs psychotiques.
Pour leur faire face, quatre héros malgré eux, que rien ne destinait à se rencontrer : Hannah, une jeune aveugle de 12 ans ayant récemment recouvré la vue (mais pas seulement) grâce à une prothèse futuriste ; Mike Juniper, un ancien évangéliste au trouble passé qui veille, dans son refuge pour sans-abri, sur un ahurissant arsenal d’armes à feu ; Sarin, sa vieille amie quasi immortelle, engagée dans un combat sans pitié contre les ténèbres ; et Lela, une journaliste technophobe, persuadée d’être tombée sur une histoire que personne ne veut couvrir.
À Portland, Oregon, les portes de l’enfer sont sur le point de s’ouvrir. Hannah et les autres sont-ils prêts ?

Une tuerie ! Et c’est le cas de le dire !


Avis :

L’intrigue…
Alors que je m’attendais à une histoire sombre avec comme toile principale le web profond : le dark net, j’ai été extrêmement surprise par la tournure de cette intrigue. Je vous en parle un peu plus. Nous avons plusieurs groupes qui vont se former, courant après des choses différentes qui, au final, s’avèrent être la même chose. Quand enfin ils se réunissent, ils vont mettre leur information en commun et tenter de vaincre les ténèbres. Voilà un résumé bien succint qui va vous intriguer, j’en suis sûre.

J’ai été surprise car je m’attendais davantage à une histoire réaliste, un thriller. Nous sommes ici dans un roman fantastique, horrifique. Et c’est une sacrée pépite !

Un roman fantastique affreusement réaliste…
Je vous explique que Dark Net est un roman fantastique mais voilà, il m’a semblée terriblement réel. Dans le sens où l’aspect fantastique est ancré dans la réalité. Tellement, que même si, comme les personnages, nous n’y croyons pas, on se met à écouter, puis à assimiler, et hocher la tête. C’est inconscient mais ça arrive. On est d’accord, on croit. Oui, on y croit. Et on a peur ! On a peur car Benjamin Percy a utilisé la technologie pour insérer le fantastique. Si la technologie est souvent assimilée à la science-fiction, ici ce n’est pas du tout le cas. Technologie dans le sens de téléphone, ordinateur, internet… Ce que nous utilisons tout le temps, sans arrêt. Et ça rend le récit d’autant plus effrayant.

Un thriller fantastico-horrifique…
Voilà, c’est en écrivant ma chronique que je réalise enfin quel est le genre de ce roman particulier : un thriller fantastico-horrifique. Suspense, mise en tension, fantastique, horreur, tout est là pour passer un moment démoniaque. Je vous assure qu’après cette lecture, vous ne regarderez plus internet de la même manière… C’est terrifiant mais on ne peut pas se détacher de la lecture. J’ai ressenti comme un besoin malsain de découvrir la fin, de comprendre. De voir jusqu’où tout cela pouvait aller. On s’immisce dans les méandres de l’horreur, là où les hommes dévoilent leur part la plus sombre… Tout ce qu’on voudrait ne pas voir… Tout ce que l’on cache…

« Plus personne ne regarde le ciel pour s’émerveiller de se sentir si petit face à l’infini, les gens ne connaissent que la sphère de lumière dans laquelle ils sont enfermés, où la seule étoile demeure l’étoile rouge des stations Texaco. »

Le style de l’auteur…
J’ai énormément accroché au style de l’auteur qui m’a semblée bien poétique. Un énorme contraste avec la thématique du roman. Tout est décrit, avec les mots justes. Avec une telle force de phrasé que j’en ai été éblouie. Il s’adresse à nous. Nous apostrophe. Et il nous entraîne encore plus loin dans les tréfonds de son histoire…

Au final, Dark Net a été une excellente découverte, qui allie énormément de genre pour un cocktail réussit. L’insertion du dark net est un véritable succès, l’approche est originale. Bref, à lire d’urgence ! 

Sublimation

Ce roman concourt au prix des auteurs inconnus, dans la catégorie Imaginaire


Il faisait parti de mon TOP 10, je suis donc très heureuse d’avoir pu le découvrir. Je vous parle donc de Sublimation, un sacré thriller de Bastien Pantalé.

Résumé : Bordeaux, place de la Bourse, une oeuvre d’art intrigue les passants. Le meurtre atroce qu’elle dissimule annonce une psychose sans précédent.
Dans son atelier parisien, Damian Leisenberg subit les assauts de visions persistantes, des scènes macabres laissant présager le pire.
Le controversé Capitaine Bonhoure se lance sur la piste d’un tueur en série pour le moins créatif, mais face à la complexité de l’enquête, ses dons de criminologue ne seront rien sans les avis éclairés du Lieutenant Torrès.
Du port de la lune à Paris, le duo d’enquêteurs, impuissant, assiste au décompte des victimes.


Avis :

Comment aborder cet article ? Oui, parce que j’ai adoré ce roman mais j’ai une peur bleue de vous dévoiler un élément important de l’intrigue. Aussi, motus et bouche cousue. Je vais tacher de rester évasive…

L’histoire…
Nous sommes dans un thriller psychologique, où le profilage a une place très importante. En grande fan des séries policières à la Esprit criminel ou encore Profilage, je me suis régalée avec ce roman. Plus encore que cela, les séries de meurtres sont épatantes. Eh oui, voilà que je tombe en admiration devant le meurtrier… Quelle honte ! Mais que voulez-vous… Comme le dit le résumé, les meurtres ont un lien avec l’art et quel lien ! Vous avez vu comment j’arrive à rester évasive, hein ! Ce que j’ai adoré dans ce roman, c’est que l’on suit l’enquête, on la suit de tellement près qu’on peut nous-même essayer de remettre en place les pièces du puzzle et je me suis même exclamée « Ah, je le savais ! ». Eh oui, j’avais découvert le pot aux roses. Hé hé hé ! J’ai du être enquêtrice à la criminelle dans une autre vie.

L’art…
En lisant le résumé, vous aurez compris que l’art fait partie intégrante de cet ouvrage. Et la façon dont l’auteur l’aborde m’a épatée. Je vous explique. Je ne suis en aucun cas une érudite en art. J’aime regarder des tableaux, des statuts, des œuvres et en savoir davantage sur leur histoire, mais pour le reste, le vide abyssal. Ici, Bastien Pantalé nous parle de l’art, sans nous décourager, sans nous perdre. Il utilise des mots parfois techniques, sans qu’on se sente oppressé, d’ailleurs, beaucoup d’éléments sont expliqués à l’aide d’une petite note. Ce fut donc très appréciable.

Le profilage…
Je me devais de faire un zoom sur cet aspect du bouquin, car comme je vous l’ai dit plus haut, j’adore ça ! Si vous regardez des séries policières, comme Profilage (une des seules séries françaises que j’apprécié), il y a toujours un moment où le profileur parle du criminel, expose son mode de pensées, sa façon de fonctionner, et la réflexion se poursuit avec l’enquêteur etc… Ici, c’est également le cas. Et quel régal que de suivre le cheminement de leur esprit. Je me suis jointe à eux, réfléchissant, essayant de comprendre, mettant tout bout à bout.

La plume de l’auteur…
Pour terminer, je vais vous parler du style de l’auteur, auquel, vous vous en doutez, j’ai beaucoup accroché. Sa plume est extrêmement fluide, et heureusement car s’il en avait été autrement, j’aurai été vite perdue à mon avis, justement à cause de ce dont je parle juste au-dessus. L’auteur a cette faculté également de changer de ton en fonction du contexte, rendant le texte infiniment plus vivant. Les descriptions sont dans la continuité de toutes les qualités du texte : réalistes et représentables.

Au final, je me suis régalée avec cette lecture et je conseille Sublimation à tous les fans de thriller psychologique qui aiment se triturer le cerveau. Pour vous le procurer, c’est par ici.

Premières lignes #11 : Une putain d’histoire

Premières lignes est un rendez-vous littéraire initié par le blog Ma Lecturothèque. Le principe est de présenter chaque semaine les premières lignes d’une oeuvre. Cela permet de vous faire découvrir de nouvelles lectures, d’une façon différente.


Je vous présente cette semaine un ouvrage présent dans ma PAL depuis pas mal de temps et que j’espère pouvoir sortir bientôt. Découvrez les premières lignes de Une putain d’histoire de Bernard Minier.

Résumé :  » Au commencement était la peur…  »
Hors des flots déchaînés, une main tendue vers le ciel. Un pont de bateau qui tangue, la pluie qui s’abat, et la nuit… Le début d’une  » putain d’histoire « .
Une histoire d’amour et de peur, de bruit et de fureur. L’histoire de Henry, 17 ans, que le meurtre de sa petite amie plonge dans l’enfer du soupçon. Sur son île, Glass Island, battue par les vents, cernée par la brume 360 jours par an et uniquement accessible par ferry, tout le monde connaît tout le monde, jusqu’au plus noir de ses secrets. Ou du moins le croit-on.
Quand la peur gagne, la vérité s’y perd…

Au commencement est la peur.
La peur de se noyer.
La peur des autres – ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau.
La peur de la vérité, aussi.
Au commencement est la peur.
Je ne retournerai jamais sur l’île. Même si Jennifer Lawrence en personne venait sonner à ma porte et me suppliait d’y retourner, je ne le ferais pas.
Autant vous le dire tout de suite : ce que je vais vous raconter va vous paraître incroyable. Ce n’est pas une histoire banale, je lui dis. Ça non. C’est une putain d’histoire. Ouais, une putain d’histoire

C’est que ça commence bien, non ? 

Tunnel

J’ai donc regardé ce thriller coréen qui me faisait de l’œil depuis pas mal de temps. Depuis que j’ai vu la bande annonce en fait. Je vous parle donc de Tunnel, un film qui met en lumières des réalités difficiles.

Synopsis : Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

L’intrigue…
On va suivre un homme, un père de famille, un mari… Un homme qui va se retrouver coincer sous un tunnel qui vient de s’écrouler. On va alors entendre deux voix : celle de l’homme piégé sous des tonnes de pierres et de matériaux et celle des secours. Alors qu’il roule pour retrouver sa famille, le tunnel s’effondre sur lui et il se retrouve bloqué, enseveli. Lorsqu’il appelle les secours, ceux-ci ne comprennent pas l’ampleur du désastre. C’est seulement en arrivant sur place qu’ils appréhendent l’horreur : un glissement de terrain a provoqué l’effondrement presque total du tunnel.

Si l’intrigue ne semble pas originale, le réalisateur a pointé du doigt de nombreux dysfonctionnements connus mais qui ont toujours cours en Corée. Ce film est sans doute une façon de dénoncer ces pratiques très répandues, dont je vais vous parler maintenant.

Un film dénonciateur…
Sous ses airs de thriller, Tunnel est loin d’être aussi léger qu’on pourrait le croire. J’ai d’ailleurs pleurer à de nombreuses reprises. L’effondrement du tunnel n’est pas arrivé par hasard. C’était les conséquences d’un problème récurrent en Corée : pour économiser le moindre sous, les constructeurs rognent sur la qualité des matériaux et les normes de construction, rendant les infrastructures instables et dangereuses. En plus de ce problème, il met en lumière la noirceur de l’âme humaine, notamment à travers le capitalisme et ce besoin de faire de l’argent. Parce que pendant que les secours essaient de sauver l’homme coincé sous les décombres, les travaux du deuxième tunnel n’avancent plus et ce sont des milliards de perdus chaque jour de pause. La réaction des entrepreneurs est simple : il est temps d’arrêter les recherches de l’homme, de débarrasser le plancher et les laisser reprendre les travaux. Mais dans tout ce marasme, il y a un homme, un secouriste qui garde la tête sur les épaules et qui ne cessera jamais de le chercher. Et puis, nous avons l’homme. Cet homme qui va tenir des jours et des jours, dans ce tunnel. Il fait preuve d’une telle force que c’en était plus dur encore lorsque les recherches ont été abandonnées. Pire encore lorsque sa femme lui parle sur une radio. Pire encore lorsqu’il se rend compte que malgré des jours d’attente, et sa confiance, le voilà seul. Définitivement seul. C’est un film difficile mais profondément vrai.

Au final, Tunnel est un film à voir. Deux heures de tension et d’angoisse. Deux heures de dégoût et de tristesse. Une pointe d’humour et des thématiques affreusement actuelles, je vous le conseille vivement !

Elise

J’ai donc lu Elise, le nouveau roman de Luca Tahtieazym. Après un démarrage difficile, je n’ai plus réussi à lever le nez de ma liseuse. 

Résumé : Quatre murs ont été érigés autour d’elle par son geôlier. Tout ce que connaît Élise, elle le tire de ses nombreuses lectures.
Et l’épilogue est proche.
Voici l’histoire de celle qui voyageait avec les mots.

Deuxième roman que je lis de cet auteur et une sacrée claque !

L’intrigue…
Elise est une petite fille qui lit, lit et lit. Elle adore lire et passe son temps à dévorer des pages et des pages. Mais voilà, elle est enfermée. Seule ou presque. Dans une pièce. Quatre murs qui l’empêchent de sortir. Quatre murs et un homme qui vont lui faire vivre l’enfer…

Je trouve mon résumé très réducteur. Parce que Elise c’est bien plus que l’histoire d’un enlèvement et d’une séquestration. C’est le point de vue de l’enfant. C’est ce qui se passe dans sa tête quand elle comprend. C’est ce qui se passe dans la nôtre, quand, à notre tour, on comprend. Quand, à notre tour, on prend l’ampleur de l’immense horreur qui se déroule sous nos yeux…

Un début laborieux…
Très clairement, et je ne vais pas le cacher, j’ai cru que j’allais abandonner la lecture. Je me voyais déjà en train d’expliquer à l’auteur que le style d’écriture ne me plaisait pas du tout, me révulsait etc, etc… Puis, j’ai persévéré et je me suis habituée. De quoi je parle, pensez-vous ? Je vous disais un peu plus haut que nous sommes dans la tête de l’enfant. Ainsi, elle nous raconte son histoire, avec ses mots. Au début, ça m’a semblé difficile. Laborieux. Ce qui, en fin de compte est un excellent point, j’ai vraiment eu l’impression de lire une enfant. Certes, ça m’a dérangé au début, repoussé, puis au final, j’ai été embarquée par cette petite fille. Et la suite…

Une suite époustouflante…
Plus on avance dans le roman et plus on angoisse. Plus encore, on comprend. La structure du roman fait que tout reste en suspend. Rendant notre esprit agité, brumeux, confus… Nous avons plusieurs parties, et une alternance entre le point de vue interne, et le point de vue omniscient. Contre toute attente, aucune difficulté pour saisir le changement de narrateur. En revanche, le changement d’époque m’a déboussolé. Du moins, j’ai mis du temps à comprendre. Je fais attention, je pèse mes mots, ne voulant pas trop vous en dévoiler. C’est toujours comme ça avec les thriller de toute façon. Jamais facile d’en parler sans trop en dire. Pour faire court, alternance de point de vue qui engendre un changement d’époque et qui, au fil des lignes, des pages, nous permet de prendre conscience de l’énorme horreur qui se joue dans cette ferme isolée.

Au final, encore une très belle découverte venant de Luca Tahtieazym. Si, comme moi, vous avez du mal avec le style au début, pas de panique, ça ira mieux par la suite. Et surtout, n’abandonnez pas la lecture, parce que, vraiment, je me suis prise une sacrée claque ! Pour vous le procurer, c’est par ici.

Service de presse envoyé par l’auteur

Kuru – COUP DE CŒUR

WAAAAAAAAAAAAH ! Oh pardon, je suis surexcitée de vous parler de ce roman que j’ai littéralement dévoré ! Kuru de Katia Campagne est un thriller fantastique sur fond de cannibalisme. Une réussite ! Un coup de cœur !

Résumé : En 1957, deux scientifiques découvrirent en Nouvelle Guinée, une étrange maladie neurologique qui avait décimé toute une population aborigène. Cette maladie était induite par un rituel nécrophage au cour duquel la tribu consommait les organes de leurs défunts pour s’approprier leurs forces. Des analyses et expérimentations permirent de la répertorier dans les maladies spongiformes incurables. Sans aucun traitement.
Le gouvernement australien interdit les pratiques cannibales et la maladie disparut.
Mais ce qu’ils n’avaient pas découvert… C’était la durée d’incubation du virus

Une bombe !

L’intrigue…
Nous suivons plusieurs points de vue. Je vais donc vous raconter cette histoire de façon détaché pour ne pas trop vous en dire. Nous avons une série de meurtre, des corps retrouvés avec des morceaux manquants. Des traces de morsures. Pas comme un animal. Comme des humains. Une série de meurtre cannibale qui effraie la police. Plus encore quand plus ils avancent dans l’enquête et plus la piste d’une maladie issue d’une tribu aborigène se dessine. Mais alors, si c’est une maladie, qui est le patient zero et surtout, qui sont les autres infectés ?

Quand j’ai lu le résumé la première fois, je me suis dit que ce roman était pour moi. J’aime les thriller, l’horreur, le fantastique, bref, un mélange parfait. Et puis je l’ai reçu et je l’ai commencé. Et là j’ai découvert que plus qu’un mélange parfait, j’avais affaire à un roman exceptionnel à l’intrigue maîtrisé et au réalisme étouffant.

Le style…
J’ai été subjuguée, non seulement par l’histoire, mais aussi par la plume de Katia Campagne. Elle allie un côté cru qui donne un poids certain à des scènes horrifiantes et pourtant pleine d’humanité ; mais aussi un côté élégant, dans sa fluidité et sa manière de décrire les sentiments et les sensations des personnages. Un texte empreint de sensibilité qui nous éclaire sur les tréfonds de l’âme humaine. Quand l’horreur rencontre la culpabilité, quand le besoin rencontre les limites… Cette histoire est une surprise, une quête de vérité effrayante, veut-on vraiment savoir ? Est-on capable d’encaisser ?

À travers sa plume, Katia Campagne nous entraîne dans un monde qui semble fantastique mais pourtant si vrai. Une plongée au cœur de l’horreur, une course contre la montre pour arrêter les auteurs de ces actes abjectes. Et surtout découvrir la vérité. Qui se cache derrière cette maladie ? Qui est le responsable ? C’est un élément que j’ai trouvé très agréable d’ailleurs. Dans les histoires de zombies (car les « monstres » sont assez similaires ici), l’intrigue se focalise plus souvent sur l’horreur et la survie que sur l’origine de l’épidémie. Ici, c’est bien le but du roman, le but final. Découvrir toute la vérité, aussi effroyable soit-elle.

Kuru…
Ce qui m’a le plus impressionné est la faculté de l’auteur à s’approprier un élément véritable de l’Histoire et d’en faire ce qu’elle veut. C’est sans doute de là que vient cette dimension si réelle propre à cet ouvrage. Katia Campagne nous laisse un mot à la fin du roman, elle nous informe que le virus Kuru a véritablement existé et que même s’il a disparu, ce n’est pas forcément le cas. La durée d’incubation pouvant aller jusqu’à 50 ans. J’ai trouvé ça tellement effrayant ! Elle nous explique la façon d’agir du virus et d’où il provient. J’ai beaucoup apprécié ce petit mot qui éclaire sur l’histoire.

Au final, j’ai adoré et le conseille à tout le monde. Il est addictif, prenant, inoubliable et surtout, immanquable ! Une histoire travaillée, des personnages entiers, une bombe littéraire à dévorer sans modération ! Pour vous le procurer c’est par ici

Service de presse envoyé par l’auteur