Une destination de rêve – Sham Makdessi

Titre : Une destination de rêve
Auteur : Sham Makdessi
Éditeur : éditions Alter Real
Genre : Thriller
Résumé : Dans la famille d’Emilio la vendetta est un art et une tradition qu’on se transmet de génération en génération. Emilio ne fait pas exception à la règle. Tueur à gages émérite, on fait appel à lui partout dans le monde pour éliminer des gens. Un jour, il commet une erreur, et abat une petite fille. Tout s’effondre, il ne peut plus continuer à mener cette vie.
Mais on ne quitte pas la Famille. Jamais.
Sa seule issue est ce sanctuaire secret dont il a entendu parler. Là-bas, personne ne le retrouvera, il pourra expier sa faute. Tout sera derrière lui.
Quand l’avion décolle, il est libre. Enfin presque. À bord, le malaise d’Emilio grandit au fil des heures. Mais comment affronter un danger qu’on ne voit pas ? 

Emilio est un tueur à gage aguerri, vivant dans un village enclavé où tuer est un art de vivre… Alors qu’il se lance dans une énième mission, tout dérape. Il décide alors de s’enfuir. Pour le meilleur ou pour le pire…

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Page turner, ou comment passer son après-midi affalé dans un transat à lire, lire et lire encore… Sham Makdessi m’a encore une fois prodigieusement régalée avec un roman entêtant et déstabilisant. Une destination de rêve c’est l’histoire abracadabrante d’un village isolé, où le meurtre est une affaire de Famille. Une destination de rêve c’est la direction déroutante qu’a pris la vie d’un homme après une terrible erreur. Une destination de rêve c’est l’espoir illusoire d’atteindre son but. Un roman phénoménal, qui saura titiller notre esprit aussi perdu que dérouté.

Que de compliments pour un si petit paragraphe, et pourtant il y aurait encore tellement à dire. Sham Makdessi a réussi le tour de force de garder son lecteur en haleine dans un roman sans actions, où le suspense et l’attente prennent toute la place. L’attente. Attente. Attendre. Assis. Et puis, plein d’angoisse aussi. Un peu en sueur. On attend. Et on revit un peu la vie de ce personnage. Qui attend. En sueur. Plein d’angoisse. Voilà qui ne semble pas rêver, pourtant tout est dans le titre : Une destination de rêve. Quelle ironie d’ailleurs !

« La Nuit regardait l’avion. Un objet fait de métal et de plastique, rempli de chair humaine et qui singeait grossièrement le mouvement des oiseaux. »

Le roman est construit de manière duale, avec d’un côté la fuite, un huis-clos oppressant. Un huis-clos suffocant. Et puis, de l’autre côté, il y a ce village. Ce village enclavé, fermé sur lui-même, qui ressemble à un paradis perdu, lorsqu’on le compare à l’avion du fuyard. Un petit moment où on respire enfin ; ironie à ciel ouvert.

Plusieurs personnages viennent prendre part à l’attente irrespirable que nous fait ressentir ce roman : un vieux, un prête, puis des enfants, des adultes, un personnage principal qui est un adulte aussi, un gros, et même une femme. Des personnages secondaires, figurants, tant l’ambiance elle-même semble être le protagoniste le plus important. L’ambiance. Et puis l’avion. Et cette fichue horloge. Cette fichue horloge !

**Service de presse
Ebook : 5,99€
Papier : 15,90€

Chroniques d’une terreur programmée – Damien Guirand

Titre : Chroniques d’une terreur programmée
Auteur : Damien Guirand
Éditeur : éditions l’Alchimiste
Genre : Fantastique
Résumé : Demain. La planète se trouve peu à peu paralysée par de mystérieuses catastrophes, des accidents autant absurdes qu’atroces surgissant n’importe où. N’importe quand. Tout converge vers une nouvelle forme d’attentat. Les questions s’accumulent tandis que la peur grandit partout sur le globe. Qui se cache derrière toutes ces horreurs ? Pourquoi personne ne les revendique ? Mais, surtout, jusqu’où sont prêts à aller ces inconnus qui sèment une terreur de plus en plus grande ? Le temps passe alors qu’une évidence se dessine : et si les fondements mêmes du monde moderne en venaient à vaciller ?


Notation :

Avis :

Le monde part en vrille. Des accidents mortels ont lieu. Sans savoir. Sans savoir. Et c’est sûrement le pire. Aucune revendication. Rien. Juste l’horreur. La terreur. Et l’impuissance…

Chroniques d’une terreur programmée est un récit court. Haletant. Qui a le mérite de se lire très vite, sans voir le temps passer. On a tendance à qualifier les romans qu’on lit sans voir le temps passer de « Page-Turner ». Spoiler Alert, c’est complètement le cas ici. Le texte est court, incisif, déterminant. Angoissant. Un véritable thriller mené tambour battant, sans pour autant nous plonger dans une terreur viscérale. On est stressé, inquiet, intrigué aussi sans doute, et on se demande jusqu’à la fin, quel sera le fin mot de cette histoire…

« La terreur qui paralysait l’humanité semblait s’être subitement dissipée. Comme si un étrange dôme protecteur recouvrait cet endroit pour en faire un lieu retiré de la fureur sanglante qui dévastait ce monde. »

« et si les fondements mêmes du monde moderne en venaient à vaciller ? » Une question énigmatique qui nous amène finalement à réfléchir sur ces fameux fondements. Quels sont-ils ? Sont-ils véritablement « fondamentaux » ? Et surtout, pourquoi les remettre en question ? Derrière ses aires de thriller énigmatique, Chroniques d’une terreur programmée interroge sur la société moderne et fait échos aux problématiques actuelles. Sans trop en dire, voilà un texte qui aura le mérite de nous faire réfléchir tout en nous permettant de nous évader. Un drôle de mélange, qui fait plutôt son effet !

À lire aussi » Laisser les vivants de Stéphanie H.

Finalement, Damien Guirand nous offre un thriller palpitant, dépeint avec une plume fluide, bien que peu impliquée dans la vie des protagonistes. Racontée comme par un journaliste, cette histoire nous interpelle sur les thématiques évoquées, tout en réunissant tout ce qui fait d’un thriller dystopique, un bon thriller. 

En bref :

Une novella qui se lit très vite, reprenant avec brio les codes du thriller pour nous faire angoisser, tout en nous interrogeant sur la société.

**Service de presse, via Simplement Pro

The Terror – Saison 02

Date de sortie : 2019
Diffusée sur : AMC
Genres : Thriller / Horreur
Saison : 2
Synopsis : Durant la Seconde Guerre mondiale, un spectre terrifiant menace la communauté nippo-américaine regroupée dans des camps d’internement au sud de la Californie suite à la guerre du Pacifique.

Notation :

Avis :

En plein cœur de la Seconde Guerre mondiale, les japonais vivant aux Etats-Unis sont parqués dans des camps d’internement. En plus de la menace constante qu’est la colère des américains à leurs égards, les japonais, et particulièrement Chester et sa famille, doivent faire face à d’étranges événements, aussi terrifiants que mystérieux…

Si la première saison avait un côté lenteur maîtrisée, provoquant finalement, une tension bienvenue, cette deuxième saison, toujours aussi lente, perd néanmoins de l’ambiance suffocante de sa prédécesseur. Des scènes soporifiques sont entrecoupées de scènes plus horrifiques, bien qu’on cherche encore la terreur et ce sang qui se glace comme lors de cette attente dévastatrice de la première saison.

Vendue comme une série horrifique, The Terror Infamy n’est pas à la hauteur, malgré finalement une intrigue posée dans un décor plutôt bien campé. Parce que nous sommes immergés dans une Amérique qui déteste à la fois les japonais et leur culture. Nous sommes immergés dans une époque bien souvent présentée, mais sous un jour nouveau et un point de vue très différent. C’est ce qui fait que cette série mérite tout de même d’être vu. Ne serait-ce que pour ressentir finalement cette représentation d’une Amérique coupable de maltraitance envers les japonais habitant aux Etats-Unis.

Série horrifique qui n’en a que le nom donc, mais qui aurait pu sortir du lot, et notamment grâce à son intrigue basée sur les croyances japonaises. Croyances pour le moins terrifiantes, du moins, en apparence. Puisque finalement, elles ne sont pas du tout bien mises en évidence. Dommage donc, pour cette deuxième saison pas le moins du monde glaçante…

Terminons par parler néanmoins d’une scène en particulier vers la fin de la saison, qui vaut, à mon sens le détour, et d’où découle une terreur psychologique aiguë, et pose le doute sur l’humanité. Je parle évidemment du bombardement d’Hiroshima, et la manière dont cela a été accueilli aux Etats-Unis…

En bref :

Une saison deux moyenne, loin de l’horreur promis et un peu trop lente pour être véritablement addictive. À voir pour le folklore japonais et l’époque choisie.

Killing Maze, tome 1 – Okada Shinichi & Yamada J-Ta

Titre : Killing Maze
Auteur : Okada Shinichi & Yamada J-Ta
Éditeur : éditions Doki-Doki
Genres : Fantastique / Thriller
Résumé : Des disparitions en chaîne, des corps de lycéennes qui brûlent en pleine salle de cours, des êtres humains transformés en diamants… À chaque fois, ces affaires tragiques sont liées à l’apparition d’un labyrinthe surnaturel qui engloutit tout, et dont on ne peut en réchapper sans résoudre une énigme.
Lycéen plein d’entrain, Yûhei parvient à échapper in extremis à ce piège mortel grâce à l’aide de Saeko, une jeune fille dont la soeur a péri sous l’effet du labyrinthe. Tous deux mènent désormais une enquête à haut risque sur un certain « Maze », qui serait à l’origine du mal…

Notation :

Avis :

Yûhei est un lycéen qui a la particularité de tomber très facilement amoureux. Enjoué, plein de vie, et aux résultats scolaires excellents, il ne s’attendait pas à devoir affronter une entité étrange et dangereuse qui le mettra plusieurs fois en danger de mort…

Killing Maze est un manga comme on en trouve tant. Un peu d’horreur, du mystère et beaucoup de réflexion à la mode stratégie. Classique du genre donc, saupoudré, en plus, d’une fine couche d’humour qui saura apporter un peu de légèreté à une intrigue parfois lourde. Ce premier tome nous ouvre sur une succession d’événements étranges, qui propulsent le héros du manga, Yûhei, au cœur du danger.

Introductif des personnages et de l’intrigue, certes, mais pas que. Très rapidement, on est embarqué dans l’histoire, avec cette impression de profondeur du récit. Déjà les questions se bousculent, avec quelques réponses salvatrices. L’aspect psychologique, par ailleurs, prend clairement le pas sur l’horreur souvent présente dans ce type de manga. Une gêne s’installe, entre certains personnages ambigus et certaines situations dérangeantes.

En bref :

Un manga, certes classique, mais qui saura nous bousculer dans sa puissance psychologique et stratégique. À découvrir !

**Service de presse

Another me – Eva de Kerlan

Titre : Another me
Auteur : Eva de Kerlan
Éditeur : Auto-édition
Genre : Romance
Résumé : Théo, trentenaire en couple avec Sonia, est mis dehors par cette dernière lorsqu’elle découvre via un reportage TV qu’une femme, qui se prétend sa compagne, le recherche et l’a signalé comme porté disparu. Elle est persuadée que Théo mène une double vie. Théo est convaincu qu’il s’agit d’une erreur, ou d’un sosie. Bien décidé à éclaircir ce mystère pour récupérer son existence, il traverse toute la France pour rejoindre l’endroit où cet homme vivrait. Mais lorsqu’il y arrive, tout le monde le prend pour le disparu.

Notation :

Avis :

Théo rentre chez lui, comme d’habitude, lorsqu’il voit sa compagne, devant la télévision, et complètement paniquée. Elle lui hurle qu’il a une double vie, qu’elle ne veut plus de lui. Et elle quitte la maison avec fracas. De quoi alerter le bon Théo qui décide de partir en quête de cet étrange double, qui a réduit son couple à l’état de cendres…

Avec Eva de Kerlan, nous avons souvent des romans mêlés de plusieurs genres. Ils ont l’avantage de ne pas avoir qu’une saveur, et Another me n’échappe pas à la règle. Ce n’est pas qu’une romance un peu rose bonbon, et dégoulinante. C’est une romance sophistiquée, qui flirte avec le thriller… De quoi vous intriguer, n’est-ce-pas ? Another me est un roman construit avec talent, qui nous permet de suivre l’histoire selon le point de vue de plusieurs personnages, à différents moments, et ainsi, nous illuminent à chaque nouvelle page qu’on lit. On comprend un peu plus les événements, les aléas et on apprécie d’autant plus l’imagination et le talent d’Eva de Kerlan.

Quelques scènes de sexes sensuelles, quelques instants mouvementés, et des dialogues réalistes nous propulsent dans ce roman, qui nous tient en haleine tout du long, par ce jeu très fin de distiller des informations au fil du roman. Cela nous permet de ne pas nous ennuyer un seul instant et de conserver cette envie de toujours en savoir plus. La thématique de la ressemblance physique (presque du miroir) est également traitée de façon très intéressante. Nous renvoyant à notre propre image, et à cette question romantique de « Le physique compte-t-il plus que la personne en elle-même ? ».

Ce qu’on retiendra de ce roman c’est sa fraîcheur et son originalité. Loin de s’enfermer dans des codes, Another me danse dans une mêlée endiablée de justesse et finesse. Lorsqu’un roman sort des sentiers battus, il est toujours fondamental de le préciser, et ici, c’est clairement le cas.

En bref :

Un excellent roman qui s’ancre dans le genre de la romance en flirtant aux frontières du thriller. Un véritable régal, entre mystères et suspenses, à lire !

**Service de presse

Parasite

Titre original : Gisaengchoong
Durée : 2h12
Réalisateur : Bong Joon-ho
Date de sortie : 5 juin 2019
Genre : Thriller
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Synopsis : Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Notation :

Avis :

Ki-Teak est un jeune homme au chômage, mais plutôt doué en anglais. Son ami, prof particulier d’une jeune fille issue d’une famille riche, le recommande auprès de ses employeurs pendant son absence. Le jeune homme réussit à se faire embaucher. Puis, de machinations en stratagèmes, il parvient à faire embaucher sa famille entière. Dès lors, les choses se compliquent…

En Corée du Sud, derrière ces artifices de beauté et ces infrastructures neuves, se cachent de graves inégalités. Les inégalités de genre sont très prégnantes, de même que le chômage des moins de 25 ans. Le taux de pauvreté, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas non plus si faible que ça, pour un pays riche à l’indice de développement humain élevé. Sur 100 coréens, environ 17, en 2017 ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté. De quoi alerter !

Et ce film a le mérite de dénoncer. Certes, de manière très violente, sanglante, psychologiquement décadente. Mais il dénonce ! Il dénonce l’écart de niveau de vie entre coréens, il dénonce le chômage qui touche de plus en plus de jeunes, il dénonce les comportements de ces riches qui se pensent au-dessus de tout, il dénonce la société sud-coréenne… Parasite mérite mille fois sa palme d’or à Cannes. Parce que c’est un film coup de poing, qui saura nous surprendre jusqu’à la fin. Un film aussi captivant qu’inoubliable.

Si le début du film peut paraître un peu long, un peu lent, la suite saura nous happer. C’est un film en deux temps. Un film qui pose son intrigue et ses personnages. Un film qui nous installe tranquillement dans le décor et l’ambiance. Et puis, d’un coup, Parasite devient un film violent. Déroutant. Presque barbare. Et suffocant. Et de part ce dualisme extrême, le film transmet des messages vifs, et se rend décidément marquant.

En bref :

Un film à voir, et à revoir, qui révèle la face cachée d’une Corée du Sud, en apparence trop propre sur elle. Exaltant. Violent. Presque, macabre. Au risque de me répéter, à voir !

Quand la pluie viendra – Ghaan Ima

Titre : Quand la pluie viendra
Auteur : Ghaan Ima
Éditeur : Auto-édition
Genre : Science-fiction
Résumé : Pourriez-vous affronter la fin du monde avec un homme en qui vous n’avez aucune confiance ?
Thomas est du genre gentil. Trop, peut-être. Lorsque le brouillard se révèle corrosif et empoisonné, le jeune homme perd pied. Son seul espoir de survie repose entre les mains d’un collègue qu’il déteste : Marc-Olivier, un manipulateur et un voleur. Sauf que « Marco » est aussi un parano suréquipé qui fantasme sur l’apocalypse. Pour s’en sortir, Thomas doit le suivre. Il est prêt à tout accepter. Mais il y a une limite qu’il ne franchira pas car il doit la protéger, elle. Cassie est trop jeune pour cet enfer chimique.
Et quand la pluie viendra…

Notation :

Avis :

Marco est un vrai charmeur, un homme, un vrai. Alors, quand vient l’apocalypse, il sait exactement quoi faire. Masque, plastique, tout est prévu pour survivre. Au fil de son combat, son chemin croisera celui de plusieurs personnes, dont il marquera leur destin à jamais… À jamais !

Quand la pluie viendra est un roman dual. Un roman qui commence par posé un univers de science-fiction, de post-apocalypse. Puis, dans un second temps, un roman qui nous campe un récit psychologique envoûtant. Thriller et post-apocalyptique se mêlent alors pour faire de ce premier opus un roman captivant et qui se lit à une vitesse incroyable.

Donc, dans une ambiance de fin du monde, nous suivons Marco et bien d’autres personnes qui marqueront plus ou moins son périple. Dans cette ambiance de fin du monde, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec ces séries post-apocalyptique pour adolescents qu’on apprécie tant. On ne peut pas s’empêcher, et l’autrice non plus d’ailleurs, de faire le rapprochement avec la série The Rain. Et puis, rapidement, on est emporté par ce décor si bien planté, cette tension si bien amenée, et cette angoisse si bien entretenue…

Et puis, donc, on a ce thriller. Ce thriller psychologique qui nous propulse dans la tête de Marco. Un homme fort, un vrai, mais brisé. Terriblement brisé par son passé, son présent et sans doute aussi par son futur. Ghaan Ima nous dépeint un personnage complexe et torturé qui tient à lui seul toute l’intrigue du roman. Parce que si ce personnage n’avait pas été si travaillé, le roman ne tiendrait pas. Il s’écroulerait comme un château de cartes. Et pourtant, il est bien là. Droit comme un i. Fier même. Avec ces protagonistes riches, détaillés, passionnants. Là, à nous donner terriblement envie de découvrir sa suite.

En bref :

Quand la pluie viendra est un roman passionnant qui se lit à une vitesse folle, avec cette puissante envie d’en savoir plus. Un thriller psychologique sous fond de fin du monde, à découvrir !

Judge

Je m’attendais à plus. Je m’attendais à mieux. Je vous parle du premier tome de Judge, légèrement décevant !

Résumé : Deux années se sont écoulées depuis la mort de son frère mais Hiro ne parvient pas à vaincre les remords qui le rongent. Un jour il se réveille sur un lit dans une pièce insalubre et sombre, menotté et coiffé d’un masque de lapin. Il s’aperçoit très vite qu’il n’est pas la seule victime de cette farce sordide puisqu’en effet sept autres jeunes gens terrifiés vivent le même calvaire enfermés dans une salle qui ressemble à un tribunal…
S’ils sont tous réunis en un même lieu c’est pour rendre compte de crimes impunis qu’ils auraient commis par le passé… Et la seule sentence possible sera la mort pour les coupables. Tout à la fois juge et partie il leur faudra choisir toutes les douze heures celui ou celle d’entre eux qui sera sacrifié.

Avis :

Un tribunal sans procès…
J’ai beaucoup entendu parler de ce manga. En bien d’ailleurs. En très bien, même. Ceci explique donc ma déception lorsque je suis ressortie de ce premier tome en n’ayant ni eu peur, ni été saisie d’une quelconque tension. C’est assez frustrant, parce que je me dis que je suis passée à côté de quelque chose. Puis, je me souviens qu’il y a une suite et que son succès vient peut-être d’elle. Aussi, ai-je décidé de continuer cette série de mangas, avec une certaine appréhension tout de même. Mais revenons au postulat de départ : un tribunal sans procès. Dans ce premier tome, plusieurs jeunes sont enlevés et séquestrés dans un local lugubre, où se trouve une salle qui ressemble à un tribunal. Chaque personnage a commis un péché, intentionnellement ou pas, grave ou moins grave… Et ils vont être jugés. Enfin, c’est vite dit, puisque finalement, aucun procès en vue, mis à part un jeu psychologique morbide, qu’on retrouve dans de nombreux survival, sur « qui on va tuer en premier ? ». Rien de nouveau et surtout, rien de transcendant puisque ce tome, en plus de se lire très vite, ne fait rien ressortir de pathologiquement déboussolant. Rien, si ce n’est la mentalité japonaise un peu (juste un peu ?) arriérée…

La mentalité japonaise…
Quand la mentalité japonaise ressort… agressive ! Je vous disais que les personnages avaient tous un péché. Si on connait celui du protagoniste principal (à ce qu’il semblerait), nous prenons connaissance de celui d’un autre jeune bloqué dans le local. Mais voilà… Peut-on décemment appelé ça un « péché » ?! Si on prend la définition religieuse du mot, alors, je suppose que oui. Bien qu’évidemment, on puisse remettre en question cette remarque. Mais, dans notre société actuelle et en prenant la définition moderne de « péché » qui signifie bien « un crime grave », est-ce que l’homosexualité peut-être considérée comme un péché ? D’autant que dans le résumé, il n’est jamais fait mention de ce mot, mais plutôt de « crimes impunis ». Aïe ! Voilà où je coince, et j’espère que les autres « crimes » dont sont accusés les jeunes ne seront pas si illégitimes ou inexistants que ceux des deux personnages dont on nous présente le passé. Parce que la déception pourrait être définitive et immense !

Au final, un manga décevant, frustrant et inconsistant. C’est dommage ! Mais, je vais tout de même continuer pour voir ce qui se passe dans la suite. Immanquable descente dans les tréfonds de l’inutile ou plongée féroce dans l’incroyable ? À suivre…

Deep-Web Stories 1

Un recueil de 4 textes, aussi noirs que dérangeants, qui vous plonge dans les tréfonds du dark net… Je vous parle du livre 1 de Deep-Web Stories de Pierre Dulau et Sham Makdessi.

Résumé : Votre femme vous trompe ? Votre fournisseur de cocaïne ne répond plus au téléphone ? Vous êtes aveugle et défiguré ? Votre réseau pédophile a été démantelé par la police ? Ne craignez rien, il existe une solution à tous vos problèmes… Sur le Deep Web, tout est à vendre : la vie comme la mort, le plaisir comme la souffrance, le bien comme le mal.
Descendez sous la surface de la toile et vous découvrirez un monde où la seule loi en vigueur est de satisfaire le moindre de vos désirs. Mais n’oubliez pas : il y a toujours un prix à payer pour les miracles.
Après plusieurs années d’investigations, Pierre Dulau et Sham Makdessi vous proposent le premier volume de leur anthologie Deep Web Stories. Ce qu’il y a de plus terrifiant dans ces quatre histoires ? C’est qu’elles ont peut-être bel et bien eu lieu…


Avis :

Quatre histoires qui se recoupent…
Entre la pornographie, la drogue, les tueurs à gage et autres pédophiles, Pierre Dulau et Sham Makdessi nous expose une fresque dérangeante où le perturbant se mêle à une appétence avide… Qui pourrait croire que cet homme qu’on croise dans la rue, après être allé acheté le pain, n’a qu’une idée en tête : se débarrasser de l’amant de sa femme ? Ou même se dirige, bienheureux, vers un entrepôt où l’attend fébrilement un enfant ? De quoi vous faire tirer la grimace mais c’est pourtant les histoires que cachent ce recueil. Loin de jouer dans le morbide grotesque, bien au contraire, les auteurs nous offrent une réalité écœurante, mais indubitable. Et quelle drôle de sensation que de se rendre compte que finalement les histoires se recoupent, nous rappelant par-ci, par-là, certains personnages ! Alors, même dans le dark web on peut dire que le monde est petit ?

Une plongée dans le dark net…
Noir, sombre, brumeux, cynique parfois, mais crasseux, assurément… Après force de recherches, Pierre Dulau et Sham Makdessi nous présentent un monde que nous connaissons peu, ou du moins, pas en profondeur. À travers ces quatre histoires, nous en apprenons davantage sur le dark web, sur ses horreurs et plus encore… sur l’humanité. Parce que même si le dark web n’est qu’une suite de 0 et de 1, ce sont bien des Hommes qui se cachent derrière. Et dans ce recueil, on nous entraîne tête la première dans les bas-fonds de l’espèce humaine. On est remué, dégoûté, et finalement, complètement anéanti. C’est toute la décadence humaine qu’on nous montre ici, sa décadence et cette atrabile écœurante qui semble sortir de chaque histoire… Les nouvelles sont donc, toutes différentes, avec un degré plus ou moins important de répugnance vis-à-vis des Hommes. Mention spéciale à la première nouvelle « Laisse-moi voir » qui termine par une chute prodigieuse aussi cynique que logique.

Au final, un recueil qui se lit très vite, le lecteur étant porté par ce besoin irrépressible et morbide d’en savoir toujours plus… Des plumes d’exceptions pour des histoires qui font froid dans le dos… 

Service de presse, reçu de l’auteur

Chicago Requiem

Un roman. Une histoire. Une saga. Une épopée. Une aventure. Une tragédie. Un drame. Une famille. Je vous parle d’un récit théâtralement mené : Chicago Requiem de Carine Foulon.

Résumé : Chicago, années folles…
Sur la scène d’une ville en proie à la corruption, acteurs et gangsters se côtoient.
William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. Il aide son épouse, Susan, à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition.
La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone.
Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.


Avis :

Mention spéciale à la couverture et au résumé, qui donnent le ton du roman. J’aime beaucoup l’utilisation du champ lexical du théâtre, et je salue une plume travaillée, et élégante.

Un thriller passionnel…
Le cul entre deux chaises, ai-je pu lire. Vraiment ? Entre polar et romance, le cœur balance ? Pourtant, le genre est clair. Limpide même. Nous avons clairement là un thriller passionnel, aux allures de tragi-comédie où le burlesque se transforme en cynisme dégingandé. Une famille, en proie à moult événements, parfois désastreux, tragiques, et d’autres, heureux, voire même enchanteurs. Il faut avouer néanmoins, que nous apprécions davantage le « tragi » comparé au « comédie », ce qui n’enlève rien au ridicule inconvenant de certaines situations. William, riche et beau, bien qu’un peu gringalet selon les uns, épouse Susan, belle mais actrice. Un emploi pour le moins impudent selon les autres. Le roman se confond dans les personnages, pour finalement, ne tourner qu’autour de ces deux êtres qui représentent l’amour ravageur et brutal. Qui, d’ailleurs, a parlé de romance ? Nous sommes-là dans le romantisme à l’état pur. Ces drames romantiques du XIXè siècle, illustrés par des personnages de rangs sociaux différents et qui se retrouvent déchirés par leur passion. Pour citer Victor Hugo dans Hernani « La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, mais elle vient. » et c’est bien l’essence même de ce roman.

Un « il » entraînant…
La première chose qui m’a marquée dans ce roman, outre la multitude de personnages qui rendent l’entrée en matière plutôt laborieuse, est ce « il » incontinent. Il est admis, en général, que le « je » permet davantage de s’imprégner dans l’histoire, comme si nous en étions nous-même l’acteur. Carine Foulon prend, elle, le parti logique et finalement évident, de nous rendre spectateur de ce drame romantique qui se joue sous nos yeux. Passé les trois coups, nous voilà emporté par un torrent d’émotions qui, loin d’être amoindries, sont renforcées par ce « il » impersonnel mais si descriptif qu’il rend notre vision des événements palpables et vives, comme si nous assistions véritablement à cette levée de rideau.

Un roman historique…
Chicago, ville corrompu par les miafioso, et terrain privilégié de la pègre. Chicago, territoire du terrible Al Capone… Un lieu tout particulier pour le théâtre des Henderson. Carine Foulon nous emmène à sa suite dans ce milieu obscur, sans pour autant nous en dire trop, laissant notre imagination faire le reste. Elle pose le décor et nous invite à rêver. Malheureusement, c’est peut-être là qu’il aurait fallu pousser un peu. Nous installer davantage dans cette ville, nous raconter davantage son histoire. Pas de mentions aux années folles en elle-même, la situation politique, économique… Ou si peu. Je le déplore, même si Chicago Requiem n’en reste pas moins un roman historique, qui nous emmène en plein cœur du XXè siècle, aux côtés de la bourgeoisie et de ses débordements… Le « corruption et prohibition » du résumé, n’est, à mon sens, pas assez développé, ce qui aurait pu donner une dimension encore plus réaliste à ce récit.

Au final, un roman très différent de ce que l’on trouve habituellement. Chicago Requiem est un excellent cru, qui aurait gagné en goût s’il avait assombri un peu sa robe. Mais c’est bien là le seul reproche que je peux lui faire… À découvrir !