Le chemin de l’ombre – Sylvain Desvaux

Titre : Le chemin de l’ombre
Auteur : Sylvain Desvaux
Éditeur : éditions Nutty Sheep
Genre : Fantastique
Résumé : Parfois, on trouve dans les ténèbres ce que l’on a renoncé à chercher…
ET MÊME PLUS !
Daniel est un homme désespérément seul depuis la disparition suspecte de sa fille, Nathalie. La solitude le ronge, l’alcoolisme le guette, et sa femme l’a quitté…
Hanté par le souvenir de l’adolescente, un soir d’orage, Daniel emprunte un chemin détourné, secret, qui le mènera sur les traces de sa fille…
Au risque de trouver bien plus que ce qu’il cherchait, et de se perdre dans le noir.

Notation :

Avis :

Jeudi soir, après un barbecue. Daniel rentre chez lui, des restes de nourriture d’un côté et sa tristesse de l’autre. Il se rappelle. Se souvient. Et puis, la nuit rend tout opaque. Son voile noir envahit tout. Et une question se pose : Est-ce vraiment la nuit qui rend Daniel si aveugle ?

Sylvain Desvaux exploite dans cette novella le thème du père aux abois. Le thème du père qui pourrait faire n’importe quoi pour sa fille. Il l’exploite avec force et sincérité, nous embourbant nous aussi dans cet amas de détresse. C’est ainsi qu’il joue avec sa plume. Tantôt crue, tantôt douce, sensible, nostalgique… Ses effets de style permettent d’instaurer panique ou compassion chez le lecteur, rendant la novella aussi bien dosée qu’émouvante.

Un mélange de fantastique et de drame, qu’est-ce que ça donne ? Ça donne un huis-clos éreintant, qui rend le lecteur aussi angoissé qu’obsédé par ce noir omni-présent et cet homme brisé. La mention de l’heure qui s’efface en ajoute d’autant plus à cette impression de vide, comme si plus rien n’importait d’autres que Daniel se battant avec sa lampe torche, tentant de se frayer un chemin dans cette ombre opaque…

En bref :

Une novella bien pensée, aussi bien dans son intrigue, sa chute et même le style de l’auteur. Entre fantastique et drame, un très bon Desvaux !

**Service de presse, via simplement pro

À noter que Le chemin de l’ombre est la réédition de Noir, initialement paru chez Evidence Editions.

La Rédemption de Tessa

Une histoire de vampires, mais pas n’importe quels vampires ! Loin de l’image glamour de ces créatures, elles redeviennent ici les monstres qu’elles doivent être. Je vous parle de la Rédemption de Tessa de Sylvain Desvaux.

Résumé : Oubliez les vampires romantiques, invincibles et végétariens, propriétaires de somptueuses maisons victoriennes ! Oubliez le dandy de la nuit aux canines pointues, à la cape de velours et à l’âme tourmentée ! Découvrez maintenant les soiffards qui s’assument en tant que monstres, hantent les caves des HLM, ne respectent aucun code moral, et font de la mort un jeu. Leurs rêves les hantent à tout jamais. Ils ont bradé leur âme contre la vie éternelle et l’horreur du quotidien. Découvrez Tessa, une fille de la nuit, qui hésite encore à jeter son humanité aux orties. Mais, à la fin de l’histoire, posez-vous une question : le monstre est-il bien celui qui le paraît ?


Avis :

L’intrigue…
Dans ce court roman, nous suivons Tessa, une Vampire vieille d’environ un siècle. C’est une « fille de la nuit » bien particulière puisqu’elle a aidé les Vampires à survivre. Le comment reste à découvrir pour vous. Nous rencontrons donc Tessa pour un baby-sitting et c’est durant une très courte période que se déroule cette histoire : une nuit, pourrions-nous dire. Pas le temps donc, de s’ennuyer. J’ai tourné les pages à la vitesse de la lumière, d’autant que la plume de Sylvain Desvaux et toujours aussi fluide et maîtrisée. Je pense que la dernière ligne du résumé offre une vision très globale du roman, « le monstre est-il bien celui qui le paraît ? ». C’est vraiment le sujet central, et c’est ce qui fait la force de ce roman qui aurait pu se noyer dans la masse des bouquins sur les Vampires.

L’image du Vampire…
Récemment, j’ai regardé la saison 2 de The Originals, série dérivée de The Vampire Diaries. Après Twilight, la saga La maison de la nuit, ou encore les nombreux romans de LJ Smith, j’ai été bien heureuse de lire un roman où le Vampire n’est pas une créature glamour enviable par les humains. Ici, Sylvain Desvaux nous dépeint des créatures bien différentes de la littérature populaire. Si l’immortalité est toujours bien présente, leur soif de sang est bien plus impressionnante et les répercussions, dramatiques. Que dire de leurs sentiments ? Le bagage des humains, et seulement des humains. On ressent le poids des années sur leur vision de la vie, et de la mort, des humains et d’eux-même. Le Vampire est ici une créature horrifique comme elle l’était à ces origines. Dangereuse, et pouvant dégénérer à tout moment…

Face à la monstruosité…
C’est là que cette fameuse question du résumé prend tout son sens « le monstre est-il bien celui qui le paraît ? ». Bien intrigante mais infiniment vraie. Dans ce roman, nous sommes confrontés à la mort, de près, très près. Mais aussi aux excès du genre humain. Je ne pense pas que « excès » soit le bon moment. À la cruauté, la perversité, la monstruosité de l’esprit humain, voilà qui est plus adapté. Et sous la plume de Sylvain Desvaux, cette réalité nous effraie, nous révulse, nous dégoûte. Et pourtant, nous sommes mis face à elle, avec force et rage. Alors, oui, à la fin de ce bouquin, c’est bien cette question qui nous hante…

Le monstre est-il bien celui qui le paraît ?

Au final, voilà un roman que je conseille à tous de découvrir. Les phases horrifiques sont finalement assez légères et donc accessibles sans peur. Néanmoins, certaines scènes peuvent tout de même choquer, donc âmes très sensibles, s’abstenir, comme on dit.