Ne dis rien à maman

Avertissement : certaines scènes ou propos peuvent choquer


J’ai lu un témoignage. J’ai lu un texte dur, un texte marquant, un texte choquant, un texte bouleversant. J’ai lu le « récit d’une enfance brisée ». J’ai lu Ne dis rien à maman, de Sarah Preston.

Résumé : À 11 ans, Sarah est trop timide pour faire entendre sa voix.
Bill est un ami de sa mère à qui elle est censée rendre de menus services. Mais l’homme révèle bien vite son véritable visage : semaine après semaine, il abuse de Sarah et la persuade de garder le silence.
Le cauchemar de la petite fille ne s’arrête pas là : sa mère ayant quitté le domicile familial, Sarah est laissée à la garde de son père… qui la violente à son tour. Combien de temps encore la jeune enfant pourra-t-elle supporter pareil calvaire ?
Aujourd’hui adulte, Sarah témoigne de l’impunité des hommes et des méfaits du silence.


Avis :

Un texte difficile…
Ce n’est pas le premier témoignage révoltant que je lis, c’est mon quatrième. D’abord celui sur une petite fille malmenée, puis entraînée de maison de correction en maison de correction, maltraitée encore… Ensuite, celui d’une jeune fille séquestrée et violée pendant des années. Est venue après, celui d’une femme se faisant endoctrinée dans une secte, et subissant des sévices sexuels. Et voilà, celui-ci. Celui sur une petite fille qui n’a fait qu’enchaîner les horreurs. D’abord subissant des attouchements, des regards lubriques, puis des viols à répétition par un homme que je qualifierai aisément de monstre, elle a dans le même temps été violée par son propre père, subissant ensuite une tentative de viol d’un voisin bourré.
J’ai été de nombreuses fois dégoûtée, je me suis sentie oppressée devant tant d’horreur. Et je me suis mise à sa place, lors de ses réflexions, lors de ses questionnements… Et j’ai compris nombreuses de ses manies, nombreux de ses rituels… La question que je me suis posée est « comment ses parents ont-ils pu laisser cela arriver ? ». Pire, comment son père a-t-il pu faire une chose pareille ? J’ai été paniquée, en proie à des moments d’absences, incapable de continuer ma lecture. J’ai dû faire des pauses, pour digérer. Digérer tous les sévices, tous les horreurs que cette petite fille avait subit. Alors, oui, c’est un texte difficile, horrible à lire, étouffant. Mais il est nécessaire. Nécessaire pour comprendre, se réveiller, agir ! Et se rendre compte !

Mais nécessaire…
Nécessaire oui. Parce que personne n’est à l’abri. Parce que même si ça ne change pas les choses, ça aura le mérite de réveiller les esprits ! Ce livre est un cri, un cri qui a besoin d’être entendu. Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas la première fois que je lis un tel témoignage, et pourtant je suis toujours aussi choquée, dégoûtée, me demandant comment de telles choses peuvent arriver… Alors oui, même si vous êtes révulsé, c’est la réalité ! Et c’est sans doute pour ça que c’en est  d’autant plus effrayant ! Ce témoignage est à lire, pour prendre l’ampleur de l’horreur vécue par cette petite fille, et comprendre que ça peut arriver à n’importe qui, n’importe quand…

Le silence…
Dans ce livre, en plus de dénoncer les agissements des hommes de son récit, Sarah Preston nous parle du silence. Plus dur encore que de subit tout ça, a été de s’enfermer dans un silence lourd, pesant, par peur. Par crainte que personne ne la croit. Par crainte qu’on lui rit au nez, affirmant qu’elle se monte la tête pour rien. Et puis, plus elle s’est enlisée dans ce silence, plus il lui a été difficile d’en sortir, sentant qu’elle avait laissé passer son moment. Qu’elle avait laissé passer le moment pour tout dévoiler. Et puis, la question qu’elle se posait été dévoiler à qui ? Dans son entourage, qui l’aurait écouter ? Qui l’aurait cru ?

Au final, ce témoignage est bouleversant et effrayant, il révèle des vérités écœurantes, que l’on préférerait omettre. Mais elles existent et ce livre nous le rappelle ! Pour vous le procurer, c’est par ici.

Service de presse envoyé par la maison d’édition