Au croassement des chemins

Avec une telle couverture, on pouvait croire que le contenu serait à son image : grandiose ! Connaissez-vous l’adage « l’habit ne fait pas le moine » ? Je vous parle d’une déception : Au croassement des chemins de Rose J. Kalaka.

Résumé : Ubiforti aime passer son temps à lézarder au soleil. Elle n’a pas grand-chose d’autre à faire dans son ruisseau qui serpente entre les arbres et les habitations, si ce n’est gober les mouches.
Sans qu’ils ne s’en rendent compte, elle est le témoin privilégié des quatre-cents coups du groupe d’adolescents du quartier voisin.
Elle les observe passer et parfois s’aventure plus près pour fureter et écouter.
Leurs joies, leurs peines, leurs erreurs… Elle sait tout. Même peut-être plus de choses qu’ils n’en savent eux-mêmes.


Avis :

Entre maladresses et fautes d’orthographes…
Depuis que je chronique, je suis plus attentive lors de mes lectures. Sur ma liseuse, je surligne, y inscris des notes, mets des marques pages. Ici, je n’ai pas été déçue. Fautes d’orthographe après fautes d’orthographe, j’ai dû arriver à une évidence : il n’y a pas eu de correction professionnelle sur ce roman, issu pourtant d’une maison d’édition à compte d’éditeur. Si je passe outre les accents circonflexes qui ont TOUS disparus de la circulation, si je passe outre les accents sur les « a » qui semblent avoir déserté aussi, et même sur les majuscules en plein milieu des phrases, j’ai en revanche plus de mal à occulter des fautes plus marquantes et surtout, qui auraient pu largement être évitées : « elle le repousse un peu et le déstabiliser », « les cents pas », ou encore la « pâte » de grenouille et même « rabattre le claquet ». Un maigre échantillon, qui pourtant fait grincer des dents. Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’un roman ne peut être totalement exempt de fautes d’orthographe. Mais il y a une différence entre quelques fautes d’accord, par ci par là, trois ou quatre. Et, cette succession d’erreurs irrespectueuses envers le lecteur. Et maintenant, essayons de voir un peu loin, au delà de ces fautes. J’ai découvert une plume prometteuse mais qui a besoin d’un profond travail de correction. Des phrases lourdes, des formulations maladroites, des dialogues presque irréalistes qu’ils en deviennent embarrassants… Un ensemble de maladresses, qui, accumulées, gênent sensiblement le plaisir de la lecture.

Une grenouille comme Candide…
Maintenant que nous avons parlé de la forme, voyons un peu ce qu’il en est du fond. Nous avons un récit plutôt intéressant, qui n’a pas été sans me rappeler le concept de Candide. En effet, nous observons les événements via une grenouille, qui ne connaît rien de la vie des humains. On bénéficie donc de ses interrogations qui sont loin d’être vides de sens, et de ses humeurs. Une pincée d’humour est distillée également, pour alléger certains passages. Ce roman est finalement une romance, mais atypique. Pas sur son déroulement, qui ne sera pas sans rappeler votre vie adolescente, mais plutôt dans la manière dont elle est traitée. Cette grenouille réussit presque à éclipser les personnages vers lesquels l’histoire est orientée, et je salue d’ailleurs le talent de Rose J. Kalaka pour avoir réussi à donner une vraie consistance à ce petit personnage. Une romance Young Adult, aromatisée d’une pointe d’humour, qui vous fera passer un bon moment, si l’on met de côté la qualité littéraire à proprement parlé.

Au final, un roman plutôt court puisqu’il fait à peine 150 pages, pollué par des fautes et autres maladresses entêtantes. Un bon travail de relecture et de correction aurait sans doute éviter bien des erreurs… Dommage !

Service de presse, reçu de la maison d’édition (Simplement Pro)