Heart never lies, tome 1 – Siobhan Gabrielly

Titre : Heart never lies
Auteur : Siobhan Gabrielly
Éditeur : Erato édition
Genre : Littérature générale
Résumé : Sausalito en Californie, le 1er juillet 2016.
Addison, célèbre avocate, espère devenir la reine des divorces de stars, pendant que Georgia s’apprête officiellement à divorcer et enfin prendre en main sa vie de femme.
Quant à Merrill, joueur vedette des Giants de San Francisco, il doit mettre un terme à sa carrière sportive, et veut demander sa fiancée en mariage.
Cependant, en cette veille de week-end de l’Independance Day, rien ne se déroulera comme prévu…

Notation :

Avis :

Addison, Georgia, Merrill… Trois âmes dont les chemins vont se croiser, pour marquer au feutre indélébile la vie de chacun. Addison est une avocate, tellement obnubilée par sa carrière qu’elle en est acerbe et mauvaise. Georgia est une femme divorcée, pleine de vie, et mère d’un enfant handicapé. Et puis, Merrill. Merrill Cooper, le grand Merrill Cooper, joueur vedette des Giants et connu pour ses excès de colère… Trois personnes qui, en apparence, n’ont rien en commun. Et pourtant… Pourtant, leurs destins semblent mêlés. Pour le meilleur, et pour le pire.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce premier tome ne ressemble pas vraiment à une romance. Loin de là. Davantage apparenté à de la littérature générale, ce premier opus nous dépeint les trois personnages, qui seront certainement au centre de la romance du deuxième tome. Ce qui nous permet de caractériser ce texte d’ouverture, d’introduction, d’incipit à une aventure plus développée et romantique.

Siobhan Gabrielly nous conte donc le récit de trois personnes, d’abord séparément, nous permettant d’apprécier leur vie, leur caractère et personnalité. Puis dans un second temps, on les découvre ensemble, lorsqu’ils se croisent, se décroisent. Le thème en lui-même, d’ailleurs, est plutôt intéressant, puisqu’on se perd dans les méandres de la psychologie d’un mourant, d’un cardiaque, qui attend, coûte que coûte, un nouveau cœur. L’autrice réussit parfaitement à nous faire ressentir les émotions, les sentiments de Merrill. Et on apprend à les connaître, Merrill, Georgia, Addison…

Ce qui demeure appréciable, outre l’intrigue elle-même, est le changement de ton en fonction des personnages. Cela permet de distinguer qui parle, sans même en lire la mention. Et ça donne évidemment une plus-value indiscutable. Siobhan Gabrielly a donc un style fluide, qui s’adapte aux personnalités de ses héros, pour nous combler un peu plus. Je déplore juste que ce premier tome soit qu’une sorte d’introduction, de mise en bouche, pour une suite plus romantique.

En bref :

Un très bon roman sur trois destins qui se mêlent et s’emmêlent. Une introduction qui s’ancre dans la littérature générale et nous prépare à un deuxième tome plus romantique.

Chemin(s)

Titre : Chemin(s)
Auteur : David Barnouin
Éditeur : éditions Alter Real
Genre : littérature générale
Résumé : Un Homme Brun, une Femme Blonde.
Après une nuit d’orage, un jeune couple se lance dans l’ascension des Trois Becs, sommets qui surplombent la vallée de la Drôme. Un retour vers les origines, un périple qui porte en lui le germe du renouveau, où tout est possible, où l’on revient à l’essentiel. Mais qui fait également ressurgir les fantômes du passé.
Dans l’écrin naturel qui sert de théâtre à cette randonnée, l’ascension initiale se transforme peu à peu en descente. Au fond de l’âme, au fond du cœur, au fond du ventre.
Jusqu’à ce que plusieurs chemins se dessinent.


Notation :

Avis :

Plusieurs chemins s’offrent à nous. Un. Deux. Trois. Quatre. Une infinité finalement. Ou un seul. Qui sait ? Perdues dans une nature presque sauvage, deux âmes tentent de le trouver. Leur chemin. Ils tâtonnent. Oublient. Font des erreurs. Réessaient. Et enfin, trouvent. Ils trouvent quelque chose. Un doux songe ? Une brève accalmie ? Ou le sens même de leur vie ? Quelque chose. Assurément. Quelque chose, qui les changera pour toujours… Et nous, on les suit. On les observe s’observer, se mouvoir, se regarder, se découvrir et avancer. Toujours plus haut. Toujours plus loin. Dans un décor invitant à l’introspection. Un homme brun. Et une femme blonde. L’histoire d’une parenthèse.

David Barnouin fait son entrée dans le cercle littéraire avec un roman plutôt intrigant. L’aventure sauvage d’un couple de randonneurs, puis, plus tard, plus loin, on se rend compte que c’est bien plus que ça. Que dans ce texte, à l’allure terriblement descriptive, l’auteur nous jette quelques pistes. Vous savez, juste ce qu’il faut. Juste ce qu’il faut pour comprendre et trouver. Trouver son chemin. Ou se perdre dans la contemplation de la nature si justement présentée.

Un champs lexical des cinq sens nous titille. Le goût, l’odorat, la vue, le toucher et même l’ouïe. On joue avec nos sens, comme pour nous inviter au voyage. Comme pour nous rendre spectateur et plus de ce récit bouleversant d’une simplicité touchante. Et si certains passages peuvent tirer un peu en longueur, c’est pour mieux nous capturer dans ce périple à la recherche de nous-même. La nature, si bien décrite, devient un personnage en soi, éclipsant presque ce couple de randonneurs qui n’a même pas de nom. Et peu importe finalement, parce que ce ne sont pas eux en tant que personnes qui nous intéressent. Mais bien ce qu’ils représentent dans cet océan vert. Ce qu’ils font résonner en nous, lecteur, spectateur et sûrement aussi un peu, voyeur. Observateur curieux d’un renouveau inespéré…

En bref :

David Barnouin signe là un roman introspectif, à la découverte de la nature. Malgré quelques longueurs, Chemin(s) se lit avec facilité et délectation, interrogeant sur notre propre perception de l’histoire…

 

Les politiques non plus ne mettent pas de capotes

Titre : Les politiques non plus ne mettent pas de capotes
Auteur : Emett Legrand
Éditeur : éditions Ethen
Genre : littérature générale
Résumé : Amandine de Beaujolais est une femme originaire de la banlieue toulousaine (avec toute la litanie des clichés que cela accompagne) promise à la fonction ô combien prestigieuse et convoitée de présidente de la République Française. Pourtant, à quelques heures d’une élection annoncée comme victorieuse, un événement important va venir remettre en cause les ambitions de la présidentiable. En effet, Amandine de Beaujolais va accoucher sans savoir préalablement qu’elle était enceinte. C’est donc un déni de grossesse.


Notation :

Avis :

Qu’on accroche ou qu’on accroche pas, voilà un titre qui interpelle, et on peut au moins accorder ça à cette nouvelle pour le moins curieuse. Si le résumé semble intrigant, on décèle déjà un style plutôt insolite qui donne le ton quant à la globalité de la nouvelle. De ce synopsis, on tire deux faits : le premier est que le récit va être très descriptif, et le deuxième qui provoque sans nul doute le premier est le caractère très scolaire de l’écriture. Et c’est avec une certaine appréhension qu’on laisse les pages défilées…

Les politiques non plus ne mettent pas de capotes. Assurément. Et c’est bien Madame et Monsieur de Beaujolais qui sont visés. Dans cette nouvelle, on évolue en pleine élection présidentielle, où on sent une certaine application de la part de l’auteur à ancrer son récit dans une dynamique réaliste. Réaliste, on dira que c’est réussi, mais dynamique, rien n’est moins sûr. Il faut dire que les doutes du début quant à un style scolaire et descriptif se sont avérés justes avec un amour prononcé pour le participe présent, ce qui ne fait qu’alourdir le texte. Malgré un style d’écriture peu convaincant, on arrive cependant à poursuivre la lecture, avec quelques grimaces mais après tout, les politiques non plus ne mettent pas de capotes.

Une fois habituée à ce style décousu, l’histoire prend forme et voilà qu’on peut ajouter un nouvel adjectif pour caractériser ce texte : saugrenu. Rien de plus, rien de moins que saugrenu. Si ce n’est peut-être un peu de superficialité, dû au découpage qu’a voulu l’auteur. À savoir, une première nouvelle destinée à planter le décor en lui-même, et une deuxième (pas encore sortie) qui racontera la même chose mais qui sera davantage centrée sur la psychologie des personnages. Un pari, sans doute, qui paraît loin d’être remporté à la vue de ce premier texte.

Déplorons aussi cette mise en retrait du personnage principal et du sujet, pourtant original, du récit. Madame de Beaujolais, favorite à la présidentielle, s’avère souffrir d’un déni de grossesse. Plutôt déconcertant pour son compagnon et sa collaboratrice, qui, clairement, n’avaient rien vu venir. Avec un tel sujet, il y aurait eu de quoi écrire, pourtant, dans cette nouvelle, tout est centré sur l’atmosphère des élections, les enjeux de celle-ci et ce qui a amené cette femme là où elle est aujourd’hui. Réaliste, peut-être, passionnant… ?

En bref :

Les politiques non plus ne mettent pas de capotes est une nouvelle inhabituelle, qui dégage une aura très scolaire. Et malheureusement, associé à une intrigue superficielle et déconcertante, ce texte n’a pas su me convaincre. Rappelons néanmoins que tout avis est subjectif, je vous invite donc à vous laissez tenter pour vivre vous même cette expérience.

POC

Je regrette d’avoir mis tant de temps avant de m’acheter ce roman. Je regrette d’avoir mis tant de temps à découvrir cet auteur. Avec POC, je viens de me prendre une claque littéraire !

Résumé : Poc est un roman à trois voix. Trois enfances. Trois périodes différentes du XXè siècle, en France. Ce sont trois voix distinctes qui se rejoignent pour ne former plus qu’une.
POC commence donc dans les années 1920 et défile jusqu’en 2063.
On y croise des ouvriers, des Allemands, des paysans, des blousons noirs, des mariés, un ministre de la guerre, des piliers de comptoir, des Viêt-Minhs, des profs, des artistes, un chien moche.
On y entend de l’accordéon, des vitres qui cassent, des cris silencieux, des poèmes salvateurs, des riffs de guitare, des tilts de flipper, l’accélération d’une voiture, des détonations, un voisin qui râle et les cloches du Beffroi de Bruges.
On y découvre l’enfance par la rue, par le pissenlit sur le trottoir, le sentier buissonnier, le sirop du pavé.
On y danse pendant la vie, et même parfois après.
Trois histoires dont il faut sortir vivant. Et debout.

Avis :

Un petit aparté pour vous dire à quel point il va être difficile pour moi de parler de ce roman. J’ai relevé tant de citation que je pourrais simplement vous les poser là, que ce serait aussi bien. Poc est un roman incroyable, une merveille qui se cache parmi la jungle littéraire. Une pépite qu’il faut découvrir absolument. Et, maintenant, je vais tacher de mettre des mots sur ce bouquin…

Trois voix, trois histoires…
Dans ce roman, Stéphane Grisard nous expose la vie de trois hommes. Des vies cabossées, des espoirs brisés, des envies inassouvies. Il nous montre la réalité de la rue, la réalité de certains hommes, de l’humanité livrée à elle-même, et face au mépris, à l’ignorance… Il nous expose la vie de trois hommes qui vont tout faire pour tenter de survivre, quitte à flirter avec la mort à plusieurs reprises. Peut-être est-ce seulement ainsi qu’ils se sentent vivants ? Peut-être est-ce seulement ainsi qu’ils peuvent ressentir des émotions ? Ce sont trois hommes ravagés, qui, au fil des pages, vont apprendre de la vie, pour se connaître véritablement. Si leurs histoires peuvent avoir des similitudes, des rapprochements, elles n’en sont pas moins différentes, portant chacune une mélodie. Une mélopée entêtante, nous projetant dans un drôle d’état latent.

Émotions et poésie…
Si je me suis prise une claque littéraire, ce n’est pas seulement pour l’intrigue déroulée avec finesse, mais aussi pour tout ce que l’auteur réussit à transmettre au lecteur. J’ai eu la gorge serrée, à plusieurs reprises. Je me suis prise en pleine face la douleur, la détresse et l’incompréhension. Parfois même l’indifférence. Et quand apparaît une lueur poétique, presque comme une rédemption, j’ai pris l’ampleur de ce roman. Tout ce qu’il porte, tout ce qu’il raconte. C’est un roman qui se vit. C’est pour ça que j’ai eu tant de mal à écrire cet avis. Poc c’est un style, Poc c’est une émotion, intense et captivante. Poc c’est de la poésie, pénétrante et magnifique. Poc c’est l’histoire de la Vie. Moche. Difficile. Mais parfois si belle…

Au final, Poc est un véritable coup de cœur, j’ai tant apprécié que j’ai du mal à en parler. Je ne peux que vous le recommander, encore et encore…

Maryse – tome 2

Après un premier tome intrigant, où il manquait néanmoins quelques éléments pour en faire une lecture passionnante, je vous parle du deuxième tome de Maryse qui nous offre une intrigue plus aboutie.

Résumé : Sioban et Maryse se sont trouvées, retrouvées, dix ans après cette année au collège. Ce collège où Maryse enseignait et enseigne toujours. Ce collège où Sioban fut élève. Il aurait pu être leur unique lien, mais c’était sans compter sur le hasard qui venait de les rassembler. Les semaines ont filé depuis le soir de leurs retrouvailles, leur relation a évolué, bien plus qu’elles n’auraient pensé. Ce changement est-il une bonne ou une mauvaise chose ? Maryse boit toujours, toujours trop. Pourtant, lentement, elle semble pouvoir retrouver la femme qu’elle était jadis. Sioban, elle, essaye de se convaincre que sa vie n’a pas changé. Mais lorsque votre univers se trouve à ce point bouleversé, pouvez-vous réellement espérer vivre comme par le passé ? Elles le savent désormais, cette pente glissante, sur laquelle elles se sont engagées, les changera à jamais. Laquelle sauvera l’autre et surtout, jusqu’où pourront-elles aller avant de ne plus rien contrôler ?


Avis :

La relation Maryse/Sioban…
Dans le premier tome de Maryse, nous assistions à une introspection, où Sioban nous contait ses ressentiments, ses états d’âme et surtout, l’évolution de sa relation avec son ancienne enseignante madame Embla. Si j’avais grandement apprécié cette immersion dans son intimité, j’avais soulevé plusieurs manquements qui m’avait dérangée et qui, aurait pu, rendre le roman d’autant plus passionnant. Le point fondamental était la différence d’âge. En effet, Maryse a le double de l’âge de Sioban, soit la cinquantaine, quand Sioban a seulement la vingtaine. Cet important écart d’âge n’était que peu mis en avant dans le premier tome, pourtant il m’a semblé fondamental. Bien plus d’ailleurs que la relation enseignant/élève, qui a néanmoins son importance. Quelle surprise j’ai eu alors de découvrir dans cette suite que ce gouffre de plusieurs années entre les deux femmes était enfin mis en exergue et développé jusqu’à représenter un problème à la fois pour Sioban et Maryse, mais aussi pour leur entourage, dont je vous parlerai un peu plus tard. C’est ainsi que la relation entre les deux femmes évoluent, jusqu’à ce que cet accord assez étrange passé auparavant devienne caduc. Qui aurait pu penser que ça dégénérerait autant ? Personnellement, je n’en doutais pas.

Sioban…
Encore une fois, dans cette suite, nous sommes plongés dans les affres des émotions et pensées de Sioban. Je déplore donc, une fois encore, l’absence des pensées de Maryse, mais je ne développerai pas là-dessus. Ainsi donc, nous suivons le point de vue de Sioban qui nous charme avec ses doutes et surtout sa lucidité quant à la manière dont son arrangement avec Maryse dérape ostensiblement. Ce que j’ai apprécié est d’assister à ses moments d’incertitude, où elle se rend compte qu’elle est prise entre deux feux : assumer, pas assumer, l’aimer, ne pas l’aimer… Le fait que Maryse soit son ancienne enseignante l’entraîne aussi dans une réflexion difficile. Sioban est alors un personnage intéressant, que je qualifierai presque de captivant si elle n’avait pas cette tendance à apostropher le lecteur, ce qui n’était pas le cas, il me semble, dans le premier tome. C’est un des seuls points négatifs que j’aurai à reprocher à ce tome 2. Trop d’apostrophes au lecteur dans des moments peu propices, rendant le passage incongru.

Les autres…
Si j’avais subit une déception quant à la vie sociale de Sioban, à peine effleurée dans le premier tome, il n’en est rien ici. On rencontre ses amis, on rencontre sa famille et surtout, on assiste enfin au terrible « regard des autres ». Ce regard qui juge, qui poignarde, qui blesse. Sioban en est victime, autant que Maryse. Et ça a rendu ce tome aussi réaliste qu’addictif. Ce qui est mis à jour désarçonne, intrigue et choque. Parce qu’une jeune femme d’une vingtaine d’années ne peut pas sérieusement aimer une femme de deux fois son âge. Plus encore, une femme ne peut pas aimer une autre femme, ce n’est pas correct. Voilà à quoi sont confrontés les deux femmes. Sioban accuse le choc, subit de l’homophobie, se prend en pleine face la vérité cachée derrière les textos et les sourires… Maryse a plus de mal à gérer et reprend ses mauvaises habitudes. Jusqu’où cela peut-il aller ? Jusqu’où les autres peuvent-ils s’immiscer dans leur vie ? Ce deuxième tome fut un régal, autant pour la découverte de l’évolution de la relation des deux femmes, que pour tous ces points essentiels soulevés dans ce roman. Une suite saisissante de réalisme et touchante de sensibilité !

Au final, un deuxième tome passionnant qui efface les points manquants du premier tome. Si vous avez apprécié découvrir la relation de Sioban et Maryse, laissez-vous tenter par la suite.

Service de presse, reçu de BoD

Les Roses et les Oranges : Le secret de Warcliffe

Entre récit de vie et amours passionnels, je me suis lancée dans un roman palpitant. Je vous parle des Roses et des Oranges : Le secret de Warcliffe de Francine Godin-Savary.

Résumé : Quelques années après le suicide de Peter, de nombreuses épreuves viennent encore frapper le domaine de Warcliffe. Entre deux pertes irréparables et un secret pesant, Paul, Stephan, Larry, leurs frères, soeurs et amis vont être mis à rude épreuve. Mais parfois, de situations qui paraissent désespérées, naissent un bonheur inattendu.
 » Le secret de Warcliffe » est une palpitante saga familiale dans la lignée de  » La splendeur des Amberson » et  » Des gens de Mogador ».

 


Avis :

Un roman pluriel…
Littérature générale, homo-romance, polyamour, ou encore saga familiale, ce roman est multiple et d’une richesse incroyable. Et si au début de ma lecture, j’appréhendais sa découverte, mes doutes se sont rapidement évaporés pour laisser place à une flopée d’émotions, aussi frappantes qu’étourdissantes. Dans ce roman, Francine Godin-Savary nous met face à des réalités qui restent camouflées derrière des couches de rideaux opaques. Doucement, avec délicatesse et élégance, elle nous livre les secrets que cache le domaine de Warcliffe. Avec sensibilité et tact, elle nous expose ces moments de vie, parfois difficiles, parfois magiques. Elle nous raconte ce qui se passe derrière les lourdes portes de Warcliffe… Les Roses et les Oranges parle de bien des sujets, allant de l’homosexualité, l’acceptation de soi, les sentiments coupables, au deuil et l’amour fraternel. Perdue dans le XXè siècle, j’ai évolué aux côtés de ces personnages, à travers leur faiblesse, leur peur et leur détresse. J’ai évolué avec eux dans les nouvelles délicates, dans les erreurs innommables et les non-dits assourdissants. Un roman pluriel et terriblement vivant !

Une sacrée galerie de personnages…
Ce qui m’a fait peur au début de ma lecture était tous ces noms, tous ces surnoms, et tous ces prénoms… Je me suis vue, un instant, complètement étouffée sous une avalanche de personnages dont je ne connaissais rien. Puis, après plusieurs lectures de la présentation de ceux-ci et une tranquille avancée dans le roman, j’ai finalement assimilé tous les protagonistes. Et j’ai découvert Paul, Raphaël, Larry, Stephan, Michaël, Pierre et bien d’autres… Ce qui est le plus fascinant dans cette galerie de personnages est la consistance qu’a réussi à donner l’auteur à chacun d’entre eux. On aurait pu croire que leur multiplicité aurait rendu leur existence délicate, mais force est de constater que bien au contraire, ils sont tous tangibles, à la fois dans leur description physique que dans leur état émotionnel et psychologique. À partir de là, il n’y a plus de doute possible quant à la qualité de ce récit, aussi prenant au niveau de l’intrigue que de ses protagonistes. Francine Godin-Savary réussit à nous faire passer par mille et une émotions aux côtés de ses personnages. On se ronge les sangs, on appréhende, on s’attriste, on ne comprend pas, puis on secoue la tête, impuissant. On sourit, parfois, puis on essaie d’oublier, et, à l’image des protagonistes, on tourne la page pour avancer…

Le style Francine Godin-Savary…
Je pense qu’un autre élément fondamental de ce roman est à souligner. En effet, en plus de cette histoire palpitante et de ces personnages fascinants, le style de Francine Godin-Savary joue un rôle massif dans le déploiement de ce récit, lui donnant son aspect palpable et si mémorable. Des phrases longues ponctuées de dialogues incandescents, soulignées par un vocabulaire recherché et collant parfaitement à l’époque, l’auteur s’amuse avec les mots, faisant de cette histoire, un roman enchanteur. J’ai eu l’impression de retrouver ce style propre aux auteurs classiques, que j’ai tant étudié au lycée. Un style presque traditionnel, qui nous plonge dans le monde anglo-saxon au XXè siècle.

Au final, un roman passionnant sous le signe de la différence à une époque où celle-ci est difficile à accepter. Je vous le conseille vivement !

Young Sheldon

En fervente spectatrice de la série The Big Bang Theory, dont je suis en train d’achever la saison 11, je me suis lancée dans le spin off consacré à l’enfance du brillant Sheldon : Young Sheldon.

Synopsis : Dans ce prequel de The Big Bang Theory centré sur la jeunesse de Sheldon Cooper, le jeune prodige, doué d’une intelligence sans pareil pour les sciences et les mathématiques, apprend à ses dépens que ces qualités ne sont pas d’une grande aide dans l’est du Texas, où l’Eglise et le football sont rois. Très vite, sa différence impacte les membres de sa famille. Et lorsqu’il intègre, à l’âge de 9 ans, le lycée, le jeune garçon, vulnérable et naïf, va devoir faire face au monde qui l’entoure.

Avis :

Un spin off instructif…
C’est avec une certaine appréhension que je me suis lancée dans cette série. Appréciant particulièrement le côté « pop culture » assumé de la série, j’avais peur de la perdre totalement dans ce spin off, et j’avais presque raison. Du moins, ma déception est bien amoindrie, car j’ai finalement pu trouver autre chose. En effet, ce spin off se révèle être fort instructif sur l’origine de certaines manies du brave Sheldon : le pourquoi des contrats par exemple. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est découvrir l’évolution de ce personnage, plutôt atypique une fois adulte, mais terriblement mignon et intéressant lorsqu’il était enfant.

Une comédie familiale…
Ainsi, j’ai dévoré cette première saison, comme je dévore le pot de pâte à spéculos. Néanmoins, loin de s’adresser à un public « geek », bien que The Big Bang Theory brasse un public très large, cette série se positionne vers un public familial, le contexte lui-même s’y prêtant. Sheldon est entourée de sa famille, une famille atypique aussi. Un père coach, un frère un peu stupide, une sœur cynique à faire peur, une mère religieuse et têtue et une grand-mère perchée, cette famille est passionnante et évidemment, terriblement drôle. Si vous cherchez une série à regarder pour vous détendre, en famille ou seul, Young Sheldon est celle qu’il vous faut !

Au final, une série familiale drôle et instructive sur l’enfance de Sheldon. Une série « détente » à consommer sans modération !

Le monde selon Zach

Une superbe BD, poétique et qui donne à réfléchir, je vous parle du monde selon Zach, une merveilleuse aventure toute de rose vêtue… 

Résumé : Responsable « luminaire » dans un grand magasin parisien, Zach installe des ampoules de couleurs partout où il passe. Mais sa petite amie le quitte, lassée de ce qu’elle croit n’être que des excentricités. Dévasté, Zach croise alors le chemin de Clélia, une jolie star du porno. Dans l’impossibilité de voir la réalité telle qu’elle est, Zach voit Clélia… comme une danseuse classique. Et, se sentant regardée comme aucun homme ne l’a regardée depuis longtemps, Clélia se laisse embarquer pour un Paris-Bastia… sur un scooter.

 


Avis :

Un autre monde…
Cette bande-dessinée est un peu unique en son genre. Il faut dire qu’on nous propulse dans la vie d’un homme qui voit le monde si différemment de nous qu’il en paraît atypique, voire original. Pourtant, pour lui, c’est sa vie, son monde, sa réalité. Alors, il ne comprend pas quand sa petite amie rompt avec lui sous le prétexte qu’elle le trouve étrange avec ses ampoules de toutes les couleurs. Et puis, pour se détendre et oublier un peu, il va regarder un spectacle. Et ce que tout le monde verrait comme un strip-tease, il le voit comme un ballet de danse classique. Il est émerveillé devant cette femme qui ondule comme une sirène, il la trouve si belle… Et, qu’arrivera-t-il au bout de la route ? Sourire ou désillusion ?

Entre poésie et réalité…
J’ai trouvé qu’il émanait de cette bande-dessinée deux choses très contrastées. D’abord toute la poésie des lieux, des couleurs et même du comportement de Zach, si décalé mais doux et attentionné. Ensuite, cette dureté dans la vie de Clélia, star du porno et ne semblant pas vraiment apprécié son mode de vie… Le contraste entre sa mine réjouit aux côtés de Zach et son sourire triste lorsqu’elle mène ses activités participe à cette opposition réalité/magie. Magie parce que dans le monde de Zach, tout semble si beau, si poétique, si doux, si… magique… Cette bande-dessinée est une romance. L’histoire d’une rencontre que rien ne pouvait empêcher. Une rencontre inattendue, certes, mais providentielle aussi bien pour Clélia que l’étrange Zach.

Au final, une bande-dessinée à l’univers singulier qui peint le tableau merveilleux d’une histoire d’amour hors-normes.

Service de presse, reçu de la maison d’édition

IRL

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Avant dernière lecture du prix du cercle anonyme de la littérature, dans la catégorie Réalisme, je vous parle d’un roman au sujet difficile mais dont le style d’écriture m’a déçue… IRL de Chris Auguste.

Résumé : A quinze ans, Angela redouble sa seconde. Menacée par sa mère d’être envoyée dans le même lycée professionnel que son tortionnaire de frère, elle se réfugie dans l’écriture. Elle veut vivre de la littérature, mais pour cela, elle doit réussir son année. Sur un forum d’écriture qu’elle fréquente, Angela va trouver de l’aide en la personne de Petite-Fleur.

 

 

 


Avis :

Un sujet difficile…
Ce roman traite d’un sujet difficile, et j’irai même plus loin, il traite de sujets difficiles. Il faut dire que la multiplicité des problèmes rencontrés par la jeune femme est assez énorme et surtout, paraît insurmontable. Angela est une jeune fille, comme une autre, en apparence. Peut-être un peu repliée sur elle-même, mais rien ne semble la distinguer des autres adolescentes de son âge. C’est quand on s’approche un peu plus près, quand on arrête notre regard et qu’on scrute, c’est quand on s’intéresse vraiment qu’on se rend compte qu’Angela n’a pas la même vie que tout le monde. Et son principal problème est sa famille. Chris Auguste arrive à nous peindre une ambiance familiale désastreuse et nous sommes envahis par des tas de sentiments comme la colère, la pitié, la tristesse… Sans trop en dire, finalement, ce roman m’a rappelé dans un sens la thématique de Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb. Le sujet est dur, mais bien traité.

La place d’internet…
Quand on utilise comme titre IRL, « In Real Life », cela suppose qu’une partie de l’histoire se déroule sur le net. Et, c’est bien le cas ici évidemment. À vrai dire, je n’ai rien à redire sur le titre, que je trouve collant parfaitement à l’histoire. En revanche, j’aurai à redire sur cette place donnée à internet. Angela est une adolescente, elle possède un téléphone (dont elle ne semble pas vraiment se servir) et un ordinateur. Or, elle semble débarquer d’un autre monde et ne connaît pas la plupart des outils d’internet lié à la communication. Cela m’a semblé si irréaliste que j’ai trouvé ce personnage faux. Invraisemblable. Comment un adolescent avec un ordinateur constamment avec lui, fréquentant des forums, ne peut pas connaître l’existence de la messagerie instantanée ? Permettez-moi d’être sceptique. En outre, il aurait peut-être été judicieux de donner une place plus importante à ces échanges virtuels. Il me semble, en effet, que le résumé a tendance à induire en erreur en parlant seulement de « PetiteFleur ». Le roman faisait 140 pages sur ma liseuse (à une page près), alors l’étoffer un peu n’aurait pas coûté beaucoup plus de lecture au lecteur. Enfin, ce que j’en dis…

Le harcèlement en toile de fond…
Je suis là, en train d’énoncer les points négatifs, alors que finalement, j’ai passé un moment de lecture relativement agréable. Donc, histoire de changer un peu, je vais vous parler d’un point positif et c’est ce harcèlement scolaire peint en filigrane. Ce n’est jamais dit clairement, jamais évoqué de façon claire et précise. Nous sommes dans la suggestion, et toute en élégance c’est amené sur le tapis. Tous ces sous-entendus font mal, accolés à la vie familiale chaotique d’Angela. Tous ces sous-entendus nous blessent. Alors, quand la lueur d’espoir pointe son nez, je peux vous assurer que le sourire se dessine aussi. J’ai beaucoup apprécié cet aspect du roman.

Un style trop lisse…
Et parce que tout n’est pas blanc ou noir, si j’ai apprécié les thématiques évoquées, la manière dont cette histoire est écrite ne m’a pas du tout transportée. Le style est lisse, plat, sans envergure. Sans envolées lyriques, sans farandoles, sans crevasses ni aspérités. J’aurai tendance à parler d’un style simple, même si j’ai eu envie d’utiliser le terme « pauvre », mais il me semble un peu dur, quoique assez proche de mon ressenti. Je ne dis pas que c’est mal écrit, au contraire. Mais on dirait que de ce texte ne transpire aucune émotion. Ce sont à travers les événements que les états d’âmes naissent mais de la plume… rien. En plus de ce style qui ne me correspond décidément pas, j’ai pu relever deux coquilles et une incohérence. Dommage, comme on dit !

Au final, une lecture agréable, mais sans étincelles. Des thèmes forts qui auraient mérité une plume plus puissante et poussée. On peut pas aimer à tous les coups.

Ces oiseaux qu’on met en cage

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Concourant au prix du cercle anonyme de la littérature dans la catégorie Réalisme, j’ai pour ainsi dire, presque dévoré ce roman, dans l’appréhension d’avoir enfin le fin mot de cette histoire… Je vous parle donc de Ces oiseaux qu’on met en cage de Marjorie Levasseur.

Résumé : SAMUEL, FABRICE, MANON, FRANCK, ANNE-LISE…
Vu de l’extérieur, leur vie semble parfaite, mais doit-on toujours se fier aux apparences ?
Un jour, arrive le geste de trop, l’événement qui fait dérailler la marche routinière du train de l’existence. Les masques tombent, le vernis craque.
Au fil des rencontres, des tragédies, apparaît la nécessité pour ces jeunes gens et leur entourage d’évoluer, de retrouver une liberté perdue…
D’ouvrir la cage, quel que soit le prix à payer.

 


Avis :

Quand les destins s’entremêlent…
Plusieurs protagonistes. Pour plusieurs histoires. Mais un seul fil rouge. L’amour, l’amitié, la détresse, le silence, la souffrance, l’horreur, la peur… La mort. « doit-on toujours se fier aux apparences ? » C’est une question primordiale que nous pose là Marjorie Levasseur, et c’est sans aucun doute le cœur même de ce roman. Ce récit s’ouvre douloureusement, sur une vie brisée par l’existence d’une autre. Premier nœud. S’ensuit mille et un cris de détresse, de fureur, et d’incompréhension. Le voile se lève, mettant à nu. Et, à côté, une autre histoire. Une personnalité bridée par une âme empoisonnée. Deuxième nœud. Plus on avance, plus on prend l’ampleur de la tragédie. Le drame se déroule sous nos yeux, impuissants. Et encore d’autres récits. D’autres nœuds. D’autres vies. Quand les destins s’entremêlent…

Dans une danse tragique…
Ces oiseaux qu’on met en cage est un roman difficile, qui aborde des sujets forts, durs et que l’on préférerait occultés. Fabrice, Samuel, Manon, Franck, Anne-Lise, Colette, Claudine… Des noms noyés dans les méandres du monde. Mais des noms qui ont des choses à raconter. Chacun a son histoire, son passé, ses sentiments… son calvaire. Chacun apporte à ce récit sa petite étincelle. Marjorie Levasseur nous offre une galerie de personnages riche et sur laquelle elle base son roman. Aucun d’eux n’est laissé au hasard, tous ont leur rôle à jouer. Dans une danse tragique, où « Les masques tombent, le vernis craque. », j’ai été prise en étau entre la douleur et l’espoir. Lorsqu’on lit un tel roman, on ne peut empêcher les questions d’affluer, les « qu’aurait-on fait ? », les « comment aurions-nous réagit ? »… Traiter des thèmes comme la violence conjugale, le suicide, l’homo-sexualité, est un pari risqué. Mais, Marjorie Levasseur l’a relevé haut la main, sans lourdeurs, sans banalités. Avec justesse, et réalisme.

Le style de Marjorie Levasseur…
Marjorie Levasseur a une plume très douce, fluide et élégante. J’ai beaucoup apprécié les dialogues qui paraissent très réalistes, à l’image de l’intrigue elle-même. Néanmoins, malgré une écriture agréable, j’ai tout de même relevé quelques maladresses, notamment « C’est de ton père que tu parles », au lieu de « C’est de ton père dont tu parles ». Même si ça paraît être finalement, pas grand chose, cela a gêné ma lecture. Cela m’a gênée, or, apparemment, ce n’est pas vraiment une faute… Comme quoi. Donc, pas tant une maladresse que ça. Et une petite faute également, un « tache » au lieu de « tâche », qui fausse le sens de la phrase évidemment, puisque ce petit accent circonflexe différencie bien deux mots très différents. Autrement, niveau orthographique, je n’ai rien d’autres à déplorer. Un récit très bien écrit, et traitant de sujets difficiles…

Au final, le titre de ce roman, à l’image de son résumé, est parfaitement bien choisi. J’ai beaucoup apprécié cette lecture, et je vous la recommande vivement. Une excellente découverte !