Flower of Scotland, la liberté en héritage – tome 1 : L’héritière

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Dernière lecture du prix, je vous parle d’un roman qui aurait davantage trouvé sa place dans la catégorie Imaginaire qu’en Réalisme : Flower of Scotland de Sophie Damge.

Résumé : A l’aube de fêter ses sept cents ans, la Fondation Wallace, créée en l’honneur de William Wallace, est menacée de tomber entre les mains de la mafia irlandaise.
Seule l’héritière légitime du Clan Wallace peut encore préserver son existence et ainsi lui permettre de continuer à œuvrer pour la Liberté à travers le monde.
Leena Normand voit sa vie basculer lorsqu’elle découvre qu’elle est cette héritière.
Commence alors pour elle une quête improbable et périlleuse qui la conduira sur les traces de son valeureux ancêtre, à travers l’Ecosse et son Histoire.
Pour sauver la Fondation et découvrir ses racines, il lui faudra affronter ses ennemis et surmonter bien des épreuves. Elle trouvera en chemin une aide inattendue, celle de… Sir William « Braveheart » Wallace.


Avis :

Entre fantastique, histoire et aventure…
Ce roman, que j’appréhendais un peu, s’est révélé être une belle surprise, bien que sa place dans la catégorie Réalisme du prix soit discutable. En effet, si l’aspect historique qui lui donne accès à la catégorie est bien mené, il n’en est pas moins que le fantastique et l’aventure sont très présents dans ce roman. C’est ainsi que, à mon sens, malgré une qualité littéraire certaine, cet ouvrage n’avait rien à faire dans cette catégorie. Outre cet élément, fondamental tout de même, nous avons là un roman multiple et pluriel qui nous transporte entre fantastique, histoire et aventure. Leena est une jeune femme incertaine, mais combative, forte d’une ambition à toute épreuve et qui sera entraînée dans une aventure sans précédent, parsemée de rêves fantastiques, où nous en apprendrons plus sur l’histoire d’un certain William Wallace. Sophie Damge mêle avec brio ces trois genres littéraires pour nous emmener dans son imaginaire.

Une mise en bouche…
Ce premier tome reste néanmoins bien léger en péripéties. En effet, on peut le qualifier d’introductif, de mise en bouche, pour poser les personnages et le décor. Appréciant lorsqu’on rentre rapidement dans le vif du sujet, j’ai trouvé le temps long au début. Sophie Damge prend le temps de poser ses protagonistes, les installer dans une vie sociale, leur tisser un passif, des relations… Et même si c’est fondamental pour la suite, j’ai tout de même subit quelques longueurs. Je suppose donc que le tome 2 est bien plus riche en aventure et action que ce premier tome qui reste, à mon sens, un petit amuse-gueule. Un apéritif avant le festin.

Les décors…
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce roman, plus que l’aventure de Leena et ses compagnons, c’est bien la richesse des décors et surtout la manière dont l’auteur nous décrit ceux-ci. Je me suis laissée bercer par Londres, par Edimbourg… Je me suis laissée entraîner à travers Hyde Park, et la Old Town d’Edimbourg. J’ai adoré ces descriptions si vivaces, si vraies. Et évidemment, j’ajouterai les explications historiques qui ajoutent une plus-value non négligeable à ce roman passionnant ! Mais, tout de même, qui reste un peu adolescent pour moi, sans doute du fait du jeune âge des protagonistes, qui semblent être dans la vingtaine. Cet état de fait est d’ailleurs accentué par la plume simple de Sophie Damge, qui reste donc très accessible à un public plus jeune.

Au final, un roman trépidant, qui mêle fantastique, histoire et aventure. Une belle découverte qui reste ternie par sa place discutable dans la catégorie Réalisme du prix… Dommage !

IRL

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Avant dernière lecture du prix du cercle anonyme de la littérature, dans la catégorie Réalisme, je vous parle d’un roman au sujet difficile mais dont le style d’écriture m’a déçue… IRL de Chris Auguste.

Résumé : A quinze ans, Angela redouble sa seconde. Menacée par sa mère d’être envoyée dans le même lycée professionnel que son tortionnaire de frère, elle se réfugie dans l’écriture. Elle veut vivre de la littérature, mais pour cela, elle doit réussir son année. Sur un forum d’écriture qu’elle fréquente, Angela va trouver de l’aide en la personne de Petite-Fleur.

 

 

 


Avis :

Un sujet difficile…
Ce roman traite d’un sujet difficile, et j’irai même plus loin, il traite de sujets difficiles. Il faut dire que la multiplicité des problèmes rencontrés par la jeune femme est assez énorme et surtout, paraît insurmontable. Angela est une jeune fille, comme une autre, en apparence. Peut-être un peu repliée sur elle-même, mais rien ne semble la distinguer des autres adolescentes de son âge. C’est quand on s’approche un peu plus près, quand on arrête notre regard et qu’on scrute, c’est quand on s’intéresse vraiment qu’on se rend compte qu’Angela n’a pas la même vie que tout le monde. Et son principal problème est sa famille. Chris Auguste arrive à nous peindre une ambiance familiale désastreuse et nous sommes envahis par des tas de sentiments comme la colère, la pitié, la tristesse… Sans trop en dire, finalement, ce roman m’a rappelé dans un sens la thématique de Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb. Le sujet est dur, mais bien traité.

La place d’internet…
Quand on utilise comme titre IRL, « In Real Life », cela suppose qu’une partie de l’histoire se déroule sur le net. Et, c’est bien le cas ici évidemment. À vrai dire, je n’ai rien à redire sur le titre, que je trouve collant parfaitement à l’histoire. En revanche, j’aurai à redire sur cette place donnée à internet. Angela est une adolescente, elle possède un téléphone (dont elle ne semble pas vraiment se servir) et un ordinateur. Or, elle semble débarquer d’un autre monde et ne connaît pas la plupart des outils d’internet lié à la communication. Cela m’a semblé si irréaliste que j’ai trouvé ce personnage faux. Invraisemblable. Comment un adolescent avec un ordinateur constamment avec lui, fréquentant des forums, ne peut pas connaître l’existence de la messagerie instantanée ? Permettez-moi d’être sceptique. En outre, il aurait peut-être été judicieux de donner une place plus importante à ces échanges virtuels. Il me semble, en effet, que le résumé a tendance à induire en erreur en parlant seulement de « PetiteFleur ». Le roman faisait 140 pages sur ma liseuse (à une page près), alors l’étoffer un peu n’aurait pas coûté beaucoup plus de lecture au lecteur. Enfin, ce que j’en dis…

Le harcèlement en toile de fond…
Je suis là, en train d’énoncer les points négatifs, alors que finalement, j’ai passé un moment de lecture relativement agréable. Donc, histoire de changer un peu, je vais vous parler d’un point positif et c’est ce harcèlement scolaire peint en filigrane. Ce n’est jamais dit clairement, jamais évoqué de façon claire et précise. Nous sommes dans la suggestion, et toute en élégance c’est amené sur le tapis. Tous ces sous-entendus font mal, accolés à la vie familiale chaotique d’Angela. Tous ces sous-entendus nous blessent. Alors, quand la lueur d’espoir pointe son nez, je peux vous assurer que le sourire se dessine aussi. J’ai beaucoup apprécié cet aspect du roman.

Un style trop lisse…
Et parce que tout n’est pas blanc ou noir, si j’ai apprécié les thématiques évoquées, la manière dont cette histoire est écrite ne m’a pas du tout transportée. Le style est lisse, plat, sans envergure. Sans envolées lyriques, sans farandoles, sans crevasses ni aspérités. J’aurai tendance à parler d’un style simple, même si j’ai eu envie d’utiliser le terme « pauvre », mais il me semble un peu dur, quoique assez proche de mon ressenti. Je ne dis pas que c’est mal écrit, au contraire. Mais on dirait que de ce texte ne transpire aucune émotion. Ce sont à travers les événements que les états d’âmes naissent mais de la plume… rien. En plus de ce style qui ne me correspond décidément pas, j’ai pu relever deux coquilles et une incohérence. Dommage, comme on dit !

Au final, une lecture agréable, mais sans étincelles. Des thèmes forts qui auraient mérité une plume plus puissante et poussée. On peut pas aimer à tous les coups.

11 serpents

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature


Dernier roman à découvrir dans la catégorie Imaginaire du prix du cercle anonyme de la littérature, 11 serpents fut une lecture plutôt laborieuse. Il semble que je sois décidément hermétique à la littérature humoristique… Dommage !

Résumé : La terrible cousine Abeline, aussi riche qu’originale, convie amis et famille dans son domaine pour leur faire une étrange proposition. Elle leur propose un jeu où les participants devront se montrer drôles et machiavéliques. Elle cédera la moitié de sa fortune à celui ou celle qui remportera le défi. 11 invités. 11 serpents. Le gagnant sera celui qui mordra le plus fort.Coups de théâtres, scènes cocasses et parfois cruelles vont s’enchaîner jusqu’à l’incontournable twist final.

 

 


Avis :

Un humour grinçant…
Il semblerait que le roman humoristique ne me sied guère et je le déplore, je vous assure. Il semblerait que je sois passée à côté du roman éblouissant par son ton drôle et vif, oui, complètement à côté ! C’est grinçant, mais surtout cynique et dérangeant. Et cela m’a fortement gênée. Ce jeu étrange mis en place dans le roman est malaisant, déstabilisant et écœurant. Autant vous dire que je n’ai rien trouvé de drôle, et encore moins de pétillant. Je n’ai ni vu le thriller familial, donc, ni l’humour. Un peu gênant quand on sait que c’est ce qui caractérise le roman lui-même. Donc, je suis un peu déçue (pour ne pas dire très). Les personnages sont caricaturaux, surfaits et détestables. Rien d’original ou de novateur. Si j’apprécie les romans sombres, le côté cynique mal-assumé camouflé derrière la mention « humoristique » m’a fortement dérangée.

Un style parfois lourd…
Dans ce roman, on retrouve des formulations lourdes et répétitives. Des formulations assez inattendues, et qui par ce fait-là, deviennent très marquantes et donc provoquent ce sentiment de répétitions, qui devient vite agaçant. J’ai également pu remarquer les adresses du narrateur au lecteur, lassantes et itératives. Toujours la même histoire. J’ai aussi pu trouver des fautes d’orthographes, disséminées avec parcimonie néanmoins. Certains mots, surtout des surnoms, sont utilisés pour caractériser un peu tout le monde, je pense surtout à « bougre » et « bougresse » usités autant que possible. Dommage ! Cette plume a néanmoins ses qualités littéraires, puisqu’elle participe au cynisme général, et à l’humour grinçant.

Un twist décevant…
Bon… Que dire du final ? Je l’ai trouvé à l’image du roman lui-même : décevant. Je ne suis, à mon avis, certainement pas le public pour ce genre d’ouvrage, et c’est d’ailleurs pour ça que je ne l’avais pas sélectionné. Mais revenons à nos moutons, et ce « fameux/fumeux » (pour reprendre un peu le roman) twist. Je m’attendais à quelque chose de ce genre, il faut dire que tout le long du roman, le narrateur reste tellement en retrait qu’il en paraît transparent. À partir de là, il était évident que le final correspondrait à quelque chose dans ce genre-là. Bref, pas vraiment de surprise de mon côté. Encore une fois, dommage.

Au final, un roman aux qualités littéraires certaines, qui ne m’ont néanmoins pas du tout transportée. Un peu lourd, pas vraiment drôle et bien trop cynique, je suis passée totalement à côté de ce « thriller familial humoristique ».

Ces oiseaux qu’on met en cage

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Concourant au prix du cercle anonyme de la littérature dans la catégorie Réalisme, j’ai pour ainsi dire, presque dévoré ce roman, dans l’appréhension d’avoir enfin le fin mot de cette histoire… Je vous parle donc de Ces oiseaux qu’on met en cage de Marjorie Levasseur.

Résumé : SAMUEL, FABRICE, MANON, FRANCK, ANNE-LISE…
Vu de l’extérieur, leur vie semble parfaite, mais doit-on toujours se fier aux apparences ?
Un jour, arrive le geste de trop, l’événement qui fait dérailler la marche routinière du train de l’existence. Les masques tombent, le vernis craque.
Au fil des rencontres, des tragédies, apparaît la nécessité pour ces jeunes gens et leur entourage d’évoluer, de retrouver une liberté perdue…
D’ouvrir la cage, quel que soit le prix à payer.

 


Avis :

Quand les destins s’entremêlent…
Plusieurs protagonistes. Pour plusieurs histoires. Mais un seul fil rouge. L’amour, l’amitié, la détresse, le silence, la souffrance, l’horreur, la peur… La mort. « doit-on toujours se fier aux apparences ? » C’est une question primordiale que nous pose là Marjorie Levasseur, et c’est sans aucun doute le cœur même de ce roman. Ce récit s’ouvre douloureusement, sur une vie brisée par l’existence d’une autre. Premier nœud. S’ensuit mille et un cris de détresse, de fureur, et d’incompréhension. Le voile se lève, mettant à nu. Et, à côté, une autre histoire. Une personnalité bridée par une âme empoisonnée. Deuxième nœud. Plus on avance, plus on prend l’ampleur de la tragédie. Le drame se déroule sous nos yeux, impuissants. Et encore d’autres récits. D’autres nœuds. D’autres vies. Quand les destins s’entremêlent…

Dans une danse tragique…
Ces oiseaux qu’on met en cage est un roman difficile, qui aborde des sujets forts, durs et que l’on préférerait occultés. Fabrice, Samuel, Manon, Franck, Anne-Lise, Colette, Claudine… Des noms noyés dans les méandres du monde. Mais des noms qui ont des choses à raconter. Chacun a son histoire, son passé, ses sentiments… son calvaire. Chacun apporte à ce récit sa petite étincelle. Marjorie Levasseur nous offre une galerie de personnages riche et sur laquelle elle base son roman. Aucun d’eux n’est laissé au hasard, tous ont leur rôle à jouer. Dans une danse tragique, où « Les masques tombent, le vernis craque. », j’ai été prise en étau entre la douleur et l’espoir. Lorsqu’on lit un tel roman, on ne peut empêcher les questions d’affluer, les « qu’aurait-on fait ? », les « comment aurions-nous réagit ? »… Traiter des thèmes comme la violence conjugale, le suicide, l’homo-sexualité, est un pari risqué. Mais, Marjorie Levasseur l’a relevé haut la main, sans lourdeurs, sans banalités. Avec justesse, et réalisme.

Le style de Marjorie Levasseur…
Marjorie Levasseur a une plume très douce, fluide et élégante. J’ai beaucoup apprécié les dialogues qui paraissent très réalistes, à l’image de l’intrigue elle-même. Néanmoins, malgré une écriture agréable, j’ai tout de même relevé quelques maladresses, notamment « C’est de ton père que tu parles », au lieu de « C’est de ton père dont tu parles ». Même si ça paraît être finalement, pas grand chose, cela a gêné ma lecture. Cela m’a gênée, or, apparemment, ce n’est pas vraiment une faute… Comme quoi. Donc, pas tant une maladresse que ça. Et une petite faute également, un « tache » au lieu de « tâche », qui fausse le sens de la phrase évidemment, puisque ce petit accent circonflexe différencie bien deux mots très différents. Autrement, niveau orthographique, je n’ai rien d’autres à déplorer. Un récit très bien écrit, et traitant de sujets difficiles…

Au final, le titre de ce roman, à l’image de son résumé, est parfaitement bien choisi. J’ai beaucoup apprécié cette lecture, et je vous la recommande vivement. Une excellente découverte !

Le Carnaval des illusions

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Alors que je poursuis ma découverte des romans concourant dans la catégorie Réalisme du prix du cercle anonyme de la littérature, je tombe sur un texte enchanteur. Je vous parle du Carnaval des illusions de Jo Rouxinol. Voilà un roman qui porte merveilleusement bien son titre !

Résumé : Plongée dans l’agitation d’un établissement scolaire, Eva fait ses premières armes dans l’enseignement en tant que surveillante. Elle se concentre sur le quotidien, parfois brutal, pour s’extraire d’un passé douloureux et s’empêcher de partir à la dérive. Mais le souvenir de son immersion au cœur d’une favela brésilienne continue de l’obséder bien après son retour à Paris. Avant, après, ici, là-bas, la jeune Eva navigue à vue entre ses identités multiples et nous entraîne dans un monde foisonnant de vie, jusqu’à ce que l’envers du décor impose sa sombre réalité et balaie ses illusions.
Des bidonvilles cariocas aux banlieues françaises, elle affronte une violence sans frontières qui la mènera au bout de la quête d’elle-même.


Avis :

D’illusions en désillusions…
Eva est une jeune femme pleine de rêves. D’idéaux. D’espoir. Et de passions. De rencontres en découvertes, de révélations en discussions, elle va se heurter à bien des obstacles. Entre une désillusion amoureuse, un fourvoiement presque lâche, et un égarement irrémédiable, la douce Eva semble s’oublier, se perdre entre deux vies et voguer entre songes et réalité. Ce roman porte très bien son titre, on assiste à un déferlement d’espoirs faussés, d’attentes bien entamées, et on se laisse conduire par la foule d’émotions qui prennent Eva à la gorge. Le carnaval des illusions, entre Rio et Paris. Une succession de désenchantements, de déconvenues… pour un merveilleux voyage.

Entre le Brésil et la France…
Ce roman se déroule sur deux voies. On a tout d’abord la vie d’Eva à Paris, sa vie actuelle d’étudiante qui prépare le CAPES, et qui officie comme surveillante dans un collège en périphérie de Paris. Et puis, on a sa vie antérieure, le Brésil, la danse, la musique, sa vie dans les favelas, ses rencontres et ses déboires. Parachutée à Paris, puis à Rio, j’attendais avidement d’en savoir plus sur les événements de chaque époque, de chaque lieu. Et puis, sans que ni le Brésil, ni la France ne semble prendre le pas sur l’autre, je me suis laissée aller à la découverte de Rio de Janeiro, atteinte par son soleil enivrant. Doucement, je me suis laissée sombrer dans sa vie tumultueuse dans ce collège, où les histoires s’entremêlent pour éclater au grand jour, et parfois éclabousser. Méchamment. Puis, on retrouve ensuite les favelas et la vie des habitants. Leur train train quotidien, les dangers qui les entourent chaque jour. Et, ce qu’on aimerait cacher. Les réalités, camouflées sous des illusions qui sentent bon la feijoada. Un roman multiple, qui révèle mille facettes de ces milieux, si éloignés, mais pourtant, pas si différents. Jo Rouxinol nous fait voyager entre le Brésil et la France, à la recherche de la vérité, dans une introspection capiteuse, déstabilisante et entêtante.

« Elle était belle, mon illusion. Elle avait la verdure chatoyante de la Mata atlântica, la saveur d’une mangue juteuse. Et les yeux de Daniel. »

Eva…
Eva est un personnage attachant, bien qu’un peu lent d’esprit, si bien qu’à l’image de certaines collègues chroniqueuses pour le prix, j’ai eu envie de secouer la jeune femme à plusieurs reprises, lui hurlant que tout était sous ses yeux. On peut alors se demander si un tel comportement n’est pas une illusion de plus. Comme si elle préférait baisser le regard, se fourvoyer, pour mieux continuer à vivre dans son petit cocon. Quand les événements dégénèrent, quand tout prend une tournure plus grave, plus dramatique, elle reste là, presque les bras ballants. Quasiment inutile. Et ce sentiment que l’on ressent, elle le vit elle aussi. Elle s’interroge, se remet en question, et finalement, tourne la page. Une autre facette de sa personnalité a eu tendance à m’agacer : quand tout revient sans cesse à son amour esseulé. Quand tout revient à Daniel. Daniel. Toujours Daniel. Ainsi, on comprend son attachement, ses sentiments si forts pour lui. Sa première désillusion.

Une plume enchanteresse…
Le Carnaval des illusions est ma première rencontre avec la plume de Jo Rouxinol, une auteur que j’observais de loin, sans trouver l’occasion de découvrir ses écrits. Alors quand elle se présente, cette fameuse occasion, je me suis laissée glisser délicatement dans ce récit étourdissant. Le style de Jo Rouxinol est unique : à la fois poétique et incisif, il nous prend aux tripes comme pour nous secouer. Comme pour nous faire réagir, provoquer une réaction. Quelle qu’elle soit. Mais une réaction. Et c’est réussit. Entre passages rythmés par des effets de style et d’autres simplement écrits au fil de la plume, j’ai ressenti de nombreux sentiments, je suis passée par mille et une émotions, pour en ressortir ébahie et hypnotisée.

Au final, ce roman n’est pas qu’un simple coup de cœur, c’est bien plus que ça. Jo Rouxinol n’a rien laissé au hasard, allant de la personnalité des personnages, aux plus infimes détails qui donnent à ce roman sa dimension si réaliste. Mon préféré du prix, dans la catégorie dans laquelle il concourt. À suivre ! 

Lebenstunnel – tome 1 : Allégeance

Ce roman concourt au prix du Cercle anonyme de la littérature.


Lebenstunnel faisait parti de ma sélection de départ, il faut dire que par son thème, la curiosité apparaît tout de go. Ainsi, sans grande surprise, je me suis véritablement régalée. 

Résumé : Et si le dénouement de la Seconde Guerre mondiale n’était pas celui que l’on connaissait ?
200 ans après la victoire d’Hitler, Germania n’est plus un mythe. La race aryenne tant espérée par le Führer domine le monde et toutes les autres ethnies ont été éradiquées de la planète. Krista, jeune Aryenne, travaille dans un Lebensborn. Elle a été élevée dans le moule de la race pure et ne connaît que ce mode de vie, jusqu’au jour où elle suit malgré elle une femme dans les égouts de la ville. Ce qu’elle y découvre va ébranler toutes ses convictions et peut remettre en question le fonctionnement même du monde dans lequel elle vit.


Avis :

Du Young Adult…
Lebenstunnel est très clairement destiné à un public adolescent, jeune adulte, avec tous les codes propres au genre dit du Young Adult. On a un genre littéraire, ici, une uchronie qui s’inscrit dans la science-fiction, puis une romance en filigrane qui ne semble pas prendre le pas sur l’intrigue de base. Et évidemment, une intrigue passionnante qui nous tient en haleine de bout en bout. Krista vit sa vie d’Aryenne sans rien demander à personne quand elle tombe sur une jeune femme enceinte dans une ruelle. Sa compassion (une tare à Germania) l’oblige à l’aider et ce geste la conduit dans un monde dont elle ignorait l’existence… Le personnage de Krista est assez basique : une jeune femme qui se conforte dans son quotidien rythmé par la même routine réconfortante. Puis, quand vient l’événement qui bouleversera sa vie, elle change presque totalement, devenant une hors-la-loi, refusant ces anciens préceptes qu’elle vénérait comme des pans indispensables au bon fonctionnement de sa société, remettant en question toute sa philosophie et par la même, celle du régime. Et même si la romance qui pointe le bout de son nez est assez prévisible, elle reste en arrière plan, sans trop déranger l’intrigue.

Les thématiques…
Krista remet en question toute sa manière de pensées, si bien que nous voilà, nous aussi, confronté à un mode de fonctionnement ahurissant qui nous fait grincer des dents. S’attaquer à un tel pan historique est une tâche très ardue puisqu’on peut tomber dans le politiquement correcte et perdre toute l’essence du roman, ou à l’autre extrême, aller trop loin et choquer jusqu’à dégoûter le lecteur. Oxanna Hope mène très bien sa barque et nous propulse dans un monde certes, plausible, mais qui dans l’évolution de nos pensées aujourd’hui, nous semble inconcevable. Ainsi, je n’ai pas tant été dérangée, prenant ce récit comme un texte fictif, sans but idéologique. Et donc, évidemment, un tel régime amène à poser le doigt sur bien des thématiques fortes : la discrimination, et évidemment, l’antisémitisme, le regard des autres, la confiance, etc… Et si la discrimination peut vous apparaître que d’un seul côté, elle est finalement prégnante des deux côtés rendant ce texte très humains et d’autant plus tragique par certains aspects.

Le style…
Oxanna Hope a cette faculté de nous plonger directement dans son intrigue, sans y aller par quatre chemin. Pas d’explications pompeuses qui auraient eu tendance à nous perdre plus qu’à nous immerger. Pas d’insinuation de ses propres opinions sur le sujet, du moins, si c’est le cas, ce n’est pas visible. Ce qui permet aux lecteurs de se faire ses propres opinions sans être influencés. C’est fluide, la plume est presque élégante et douce, ce qui contraste fortement avec la dureté du thème. Nous sommes plongés dans la tête de Krista, et de fait, ce personnage évolue, se questionne, ce qui fait que pas un seul instant, je ne me suis ennuyée à ses côtés. Cette mouvance du personnage le rend aussi réaliste qu’humain.

Au final, Lebenstunnel est un excellent roman. Du Young Adult bien ficelé, dans un univers parfaitement maîtrisé et plutôt osé. Un pari réussi pour Oxanna Hope !

Aztèques – tome 1 : Harem

Ce roman concourt au prix du Cercle anonyme de la littérature.


Pour un voyage en plein cœur d’un civilisation disparue, le premier tome d’Aztèques fut une très belle découverte, entre angoisse et Histoire.

Résumé : Huaxca, 1516
Une attaque des Aztèques,
Une fille de chef vendue comme esclave dans un harem.
Sur sa route, intrigues, manipulations et meurtres.
Une course effrénée vers le pouvoir.
Des femmes qui se servent d’elle,
Qui jouent avec sa vie,
Pour séduire un Maître mystérieux et sans pitié.
La mort peut frapper derrière chaque porte.
Mais au-delà de ces épreuves, une question se pose : existe-t-il une cage assez grande pour la fille de l’aigle ?


Avis :

Une civilisation disparue…
Les Aztèques, les Mayas… ce sont des civilisations dont on entend peu parler dans la littérature alors c’est un véritable plaisir de pouvoir en apprendre davantage sur eux, à travers un récit fictif plein d’aventures. D’autant qu’Eric Costa nous livre un récit historique proche de la réalité nous permettant de découvrir ses sources à la fin de ce premier tome. Ce roman nous entraîne donc à la découverte d’une civilisation disparue : les Aztèques. J’avoue ne pas avoir lu beaucoup de choses sur le sujet, mais je connais évidemment cet aspect de cette culture : les harems. Les concubines, les épouses, et les esclaves… Dans cette civilisation, tout doit être à sa place. Rien ne doit dépasser, aucune exception n’est permise sous peine de sanctions. Et pourtant… Et pourtant, Ameyal, jeune femme farouche, est bien décidée à mettre à mal l’ordre établi, se joignant (malgré elle ?) aux intrigues du harem. Eric Costa nous expose les coutumes, traditions, les ustensiles, les plats, tout un tas d’éléments qui peuvent paraître insignifiants mais qui finalement, donnent une véritable consistance à ce récit, et un fort potentiel pédagogique, en un sens.

Un récit haletant…
Si l’univers des Aztèques est passionnant, c’est l’intrigue du roman qui m’a plu. Ameyal est une jeune femme bien décidée à retrouver sa liberté, et elle va s’y prendre de différentes façons. Et nous voilà alors plongé en plein cœur des complots et trahisons, des secrets et mensonges d’un harem. On dit souvent que les femmes sont cruelles, manipulatrices, eh bien, ce récit donne raison à ces qualificatifs. Ameyal se laisse glisser dans ces intrigues, si bien qu’on en vient à angoisser à chaque instant. Va-t-elle se faire prendre ? Qu’est-ce qui l’attend à la fin de la journée ? Bref, j’ai été en tension assez régulièrement, me demandant ce qu’allait devenir cette héroïne au caractère bien trempé. Dans ce récit, les femmes sont clairement mises en avant : pour le meilleur mais surtout pour le pire. On retrouve alors des femmes vindicatives, manipulatrices, égoïstes, mais aussi, des femmes douces, intelligentes, et protectrices. Le contraste est d’ailleurs assez frappant quand on prend un peu de hauteur.

Au final, un roman très agréable à lire, peut-être un peu court (j’en aurai voulu plus), mais qui nous invite à la découverte d’une civilisation disparue…

Forget-me-not

Ce roman concourt au prix des auteurs inconnus, dans la catégorie Réalisme.


Cinquième lecture du prix des auteurs inconnus, dans la catégorie Réalisme, Forget-me-not est un roman passionné et passionnant mais des problèmes de mise en page et d’écriture ont terni ma lecture…

Résumé : Joseph et Marine Verdier reçoivent leurs cinq enfants, adultes, pour les vacances d’été. Les retrouvailles annuelles sont pour eux l’occasion de se replonger dans des souvenirs sans cesse revisités.
Dans cette famille, marquée par un conservatisme fort, chaque enfant a su intégrer ou se défaire des conventions, à sa manière : Victoire, s’est réfugiée dans un enthousiasme factice permanent, censé combler une vie où la perfection résonne souvent dans le vide ; Amaury, misogyne congénital, fait peser le poids de son mal-être sur les autres ; Guilhem, soucieux d’être aimé des siens n’hésite pas à taire ses revendications et sa personnalité ; les jumeaux, Rosalie et Clément, exilés à Rome, se débattent avec les stigmates laissés par la désagrégation de l’image parentale ; l’un en refusant de quitter le giron de l’enfance, l’une en peinant à s’avouer heureuse dans une histoire d’amour qui la dépasse.
Dans cette famille où tout se conjugue au singulier, les personnalités contradictoires peinent à s’accorder. Des failles, des non-dits, de la rancœur dans cette famille au sens large, mais un amour inconditionnel. Une saga familiale qui retrace l’itinéraire de chacun dans sa construction personnelle et met en relief la façon dont le conservatisme des uns pèse sur l’émancipation des autres.


Avis :

Une galerie de personnages…
Ce roman puise sa force dans une galerie de personnages aussi riches qu’intéressants. Le roman se base d’ailleurs sur ces êtres qui le peuplent. Sans eux, sans leur caractère, l’histoire n’aurait eu aucun intérêt, aucune essence. L’auteur a tellement bien mené sa barque, que malgré le grand nombre de prénoms qui apparaissent d’un coup, on identifie rapidement qui est qui, et les relations. On a donc une famille nombreuse, constituée d’êtres tous aussi différents les uns que les autres mais animés par le même amour. On s’identifie à certains, on en déteste abondamment d’autres et on ne peut s’empêcher de faire défiler les pages avec avidité pour en savoir plus, toujours plus sur la vie des membres de la famille Verdier. Même si j’ai adoré mon voyage, il y a de pas mal d’ombres au tableau et notamment les retours en arrière, certes pertinents, mais si mal amené qu’ils ont eu tendance à me perdre. Les retours en arrière, et les retours au présent aussi d’ailleurs.

Des thématiques passionnantes…
Ce qui m’a le plus plu dans ce roman sont les thématiques évoquées. Et s’inscrivant toutes dans le cercle familial, sans rendre le récit lourd. On a d’abord la vie conjugale mouvementée, le divorce, l’infidélité, le bonheur, mais également, le deuil, ou encore l’homosexualité. Tant de thématiques fortes qui rendent ce récit encore plus passionnants. Chaque sujet est amené avec soin, apporté avec des flashback, mal amenés dans leur cas. L’auteur nous emmène à la rencontre de ces personnages, dans ce milieu familial chaotique mais finalement, bouleversant.

Mais trop de coquilles gâche la lecture…
Mais voilà, ce joli moment a été gâché par tellement de coquilles, de mauvaises tournures de phrases et de phrases non terminées, que j’ai été écœurée à la fin de ma lecture. Comment un tel ouvrage a-t-il pu sortir dans un tel état ? Il manque une relecture, c’est évident. J’ai relevé des mots qui manquaient, des phrases tournées dans le mauvais sens. Comme par exemple, « il les emmerde » au lieu de « ils l’emmerdent ». Ce sont peut-être des détails pour un roman de presque 500 pages, mais pour un lecteur attentif (surtout dans le cas d’une lecture pour un prix littéraire) ça devient aussi gênant que des fautes d’orthographe à répétition. En plus de tout ça, la mise en page est hasardeuse, les tirets des dialogues ne sont pas les tirets « standards » et surtout, il y en a de façon aléatoire. C’est extrêmement dommage car j’ai vraiment beaucoup apprécié ce roman. Il mériterait donc une bonne relecture, qu’il n’a sans doute pas eu, et des modifications.

Au final, un roman familial intense et passionnant qui se retrouve desservi par une relecture bâclée laissant se promener des coquilles agressives pour un lecteur attentif. C’est fort dommage car l’histoire en elle-même est addictive !

Maryse – tome 1

Ce roman concourt au prix des auteurs inconnus, dans la catégorie Réalisme


Quatrième lecture du prix des auteurs inconnus, dans la catégorie Réalisme (oui j’avance !), je vous parle d’un roman multiple et particulièrement déstabilisant par certains aspects : Maryse – tome 1 de Flore Avelin.

Résumé : Sioban a vingt-quatre ans. Elle est libraire, heureuse, indépendante. Elle a une famille aimante, des amis géniaux et un compagnon. Il est d’ailleurs son seul problème. Il aurait été parfait s’il n’était pas parti vivre en Alsace, supposant qu’elle quitterait tout pour le rejoindre.
Maryse quant à elle a environ cinquante ans. Elle est dépressive, alcoolique, instable. Elle n’est devenue que l’ombre d’elle-même. C’était pourtant une belle femme jadis, sensible et intelligente. Elle enseigne le français et l’Histoire dans un collège. Et elle continuera sans doute cette vie si elle ne se fait pas renvoyer avant, à force d’arriver ivre.
Elles n’ont qu’un point commun. Ce collège où Sioban était élève, dix ans plus tôt. Où elles se sont connues le temps d’une année sans plus jamais se revoir.
Jusqu’à ce soir d’octobre où leurs chemins se rencontrent à nouveau. Sioban ne restera pas insensible face au désarroi de cette femme. Et bientôt, leurs liens naissants les entraîneront sur une pente glissante dont aucune ne pourra repartir inchangée. Laquelle sauvera l’autre et surtout, jusqu’où pourront-elles aller avant de ne plus rien contrôler ?


Avis :

Dans la tête de Sioban…
Ce roman est construit d’une seule et même voix. On va donc suivre Sioban, jeune femme de 24 ans, indépendante, libraire à temps partiel et amoureuse des romans de Jules Verne apparemment. Elle a une vie plutôt posée, un petit-ami absent, une relation qui bat de l’ailes. Sioban est finalement une jeune femme comme on en trouve beaucoup. Sans particularité qui la sortirait du « lot ». Enfin, en apparence. Parce que pour ce qui est du fonctionnement de son esprit, c’est un peu particulier, mais j’y reviendrai un peu plus tard. Donc, tout au long du récit, nous percevons tous les événements du point de vue de Sioban. Narration interne, qui a ses avantages comme ses inconvénients. Avantage certain, celui de s’immerger totalement dans l’intrigue et les pensées de la jeune femme. Inconvénient, on en vient du fait, soit à totalement apprécier le personnage, soit à le détester abondamment. C’est donc un choix à double tranchant. Au delà de cela, j’ai tout de même regretter cette narration interne exclusive, pour une raison particulière. J’aurai apprécié avoir le point de vue de Maryse, femme mature, alcoolique et brisée. Cela aurait pu être une introspection, certes difficile, mais au moins intéressante.

Une romance particulière…
Si cette histoire nous invite en filigrane à découvrir et apprécier une romance lesbienne, c’est bien le cheminement pour y arriver qui m’a dérangée, plutôt que sa finalité. Maryse est une femme d’âge mûr, elle souffre de problèmes liés à l’alcool qui découlent d’un mal psychologique plus préoccupant. Du fait de tout un passif, elle n’arrive plus à se faire désirer, si bien que cela fait des années et des années que personne ne l’a touché. Et puis, apparaît Sioban. Ancienne élève de Maryse, elle va tout faire pour l’aider. Quitte à s’y plonger à corps perdus. Et c’est bien ça tout le nœud de ma réticence et donc, de mon malaise. Après une discussion sur la moralité de la prostitution (Maryse doit-elle payer un homme pour assouvir ses besoins sexuels ? Est-ce moral ? Est-ce bienséant ?), Sioban arrive à la solution qu’elle doit elle-même lui fournir ces attentions dont Maryse a tant besoin. C’est bien là que j’ai été gênée. Parce que finalement, n’est-ce pas également une forme de prostitution ? Evidemment, la question pose débat. Et, rapidement, les sentiments s’installent entraînant Sioban dans une zone d’incertitude et de questionnement. Néanmoins, cela a suffit à me rendre mal à l’aise, incertaine quant à la position que je dois avoir sur cette situation. Peut-être était-ce le but de l’auteur ? Nous faire réfléchir au comportement de Sioban et par extension, à celui de Maryse qui, finalement, est tout aussi perturbant puisqu’elle semble accepter sans plus se poser trop de questions.

Des points manquants…
Dans ce roman, plusieurs choses manquent à l’appel pour le rendre d’autant plus passionnant. Tout d’abord, comme je l’ai dit un peu plus haut, l’absence de point de vue de Maryse. J’aurai grandement apprécier pouvoir découvrir sa vie, ses pensées, ses ressentis, m’immiscer dans son train de vie compliqué. Pourquoi pas à travers une alternance de point de vue interne, entre Maryse et Sioban ? Ensuite, j’aurai apprécier apprécier davantage la relation forte entre Sioban et ses amis. Ici, elle est à peine effleurée, alors qu’elle semble importante dans la vie de la jeune femme. À part quelques SMS et une ou deux rencontres, j’ai été étonnée de ne pas en savoir plus. Étonnée et peut-être un peu déçue. Et enfin, la différence d’âge. Entre Maryse et Sioban, c’est bien 25 années d’écart que nous avons. Alors, pour appuyer encore leur relation ambiguë, je pense qu’approfondir cet aspect aurait été judicieux.

Le style de l’auteur…
Flore Avelin a un style tout en relief, et parfois en aspérité. Ce qui fait que bien souvent, je me suis retrouvée face à un contraste de langage peu commode et surprenant. En effet, sa plume est à la fois élégante, douce, subtile, puis soudainement, on retrouve un langage parlé, familier, et c’est plutôt déconcertant. Outre cet aspect global, plus particulièrement, j’ai trouvé certaines tournures de phrases trop lourdes, des répétitions, et quelques coquilles. Néanmoins, j’ai globalement apprécié mon voyage et recommande ce roman à tous les lecteurs friands de littérature douce et intimiste.

Au final, un roman qui m’a fait beaucoup parlé et sur lequel j’aurai encore tant de choses à dire. Il est intéressant, fascinant par certains aspects mais manque cruellement d’éléments, à mon sens, fondamentaux.

Le Porteur de Mort – tome 1 : L’Apprenti

Ce roman concourt au prix des auteurs inconnus, dans la catégorie Imaginaire


Un roman que je n’avais pas sélectionné mais qui s’avère finalement être une bonne surprise. Je vous parle du premier tome du Porteur de Mort d’Angel Arekin.

Résumé : Quand l’Amour entraîne l’âme vers les Ténèbres…
À 17 ans, Seïs Amorgen est nommé pour intégrer la plus grande confrérie du royaume d’Asclépion. S’il accepte, il deviendra l’un des guerriers les plus éminents de la monarchie. S’il refuse, il restera le gamin frivole et arrogant qui fraye avec les bandits de sa ville natale.
Alors que l’ombre du Renégat s’étend sur sa terre d’origine, Seïs va devoir prendre la décision qui bouleversera sa vie et, bientôt, il devra faire face à ses propres démons.
Le premier tome d’une saga d’epic fantasy, lauréat du prix V&S Awards 2017 catégorie fantasy !


Avis :

Des lourdeurs…

Commençons par le point légèrement négatif, qui, finalement, s’avère être plutôt positif sur la globalité du roman. J’ai eu du mal au début, à cause de quelques lourdeurs descriptives qui ont eu tendance à me lasser. Il faut dire que l’auteur a tendance à s’arrêter sur un peu tout, jusqu’à décrire le chemin que prend une araignée. Bref, j’ai eu quelques difficultés au début à bien m’imprégner de l’histoire, mais une fois habituée, je me suis plongée entièrement dans ce roman. Autrement, mis à part ces quelques lourdeurs descriptives que je devrais plutôt qualifier de pauses longuettes dans le fil du récit, j’ai également repéré quelques coquilles.

Un univers bien campé…
Malgré ces quelques points négatifs cités un peu plus haut, j’ai tout de même beaucoup apprécié mon voyage. L’univers que nous propose Angel Arekin est finement campé, cohérent et visuel. Du fait, notamment, de ces descriptions longues et parfois lourdes qui, donc, ne m’en déplaise, apportent finalement beaucoup au roman. À l’image de nombreux romans de fantasy, nous avons un univers médiéval, à coup de tavernes et bien d’autres choses. Donc, en prenant un peu de hauteur, on remarque que ce roman n’apporte rien de nouveau au genre, mais c’est le fonctionnement des grandes instances, qui, en revanche, sort un peu de l’ordinaire. En effet, dans cet univers, il existe une organisation qui gère toutes les choses importantes. Ils sont puissants, éternels, intelligents… Bref, l’élite de l’élite et ils recrutent !

Des personnages travaillés…
Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman, outre les personnages, est l’étrange relation entre Seïs et Naïs. Ils sont cousins mais un lien particulier semble les caractériser. Et c’est sans doute de là que vient le comportement tempétueux du jeune Seïs. L’auteur a donc insufflé une véritable personnalité, joignant à la danse une psychologie intéressante au sein même de son récit. Et plutôt que dérangeante, cette drôle de romance non avouée donne une autre tournure au roman, faisant de celui-ci un texte presque original, évoluant en dehors des sentiers tracés pour le genre. Et même si cet élément reste en filigrane, j’ai beaucoup apprécié cette volonté de l’auteur de transmettre des émotions contradictoires à son lectorat. Autrement, le personnage de Seïs est l’anti-héros type. Même s’il est attachant, ce n’est pas le grand chevalier à l’épée étincelante. Et cela le rend d’autant plus intéressant.

Au final, un premier tome qui nous introduit doucement dans l’univers riche de l’auteur. Le Porteur de Mort est une saga très prometteuse qui m’intrigue quant à la suite…