Orglin la Primitive – Jean-Marc Dopffer

Titre : Orglin la Primitive
Auteur : Jean-Marc Dopffer
Éditeur : Auto-édition
Genre : Fantasy
Résumé : De tous temps, les royaumes s’érigent puis s’écroulent sous l’œil des Dieux et de la Mère, créatrice de toutes choses sur Barcil. Tissées afin de garantir l’harmonie du monde, les ficelles du destin de chaque mortel glissent dans ses mains. Ainsi l’Équilibre est perpétué, cohésion précaire entre les morts et les vivants, entre les puissances du monde et du cosmos.
Retirée aux confins des royaumes jumeaux de Tigyl et de Derhil, la petite Orglin vit à l’écart de la civilisation. La demi-elfe ne connaît que sa forêt originelle… et l’amour que lui porte ses parents, égalé seulement par l’azur sans fond de la voûte céleste.
Cependant les plans échafaudés par Yencil, le Dieu de la Guerre à l’ambition sans borne, n’oublient pas cette créature. Il l’a compris : dans ses veines coule la science du combat, héritée du passé sanglant de ses parents.
Alors les rouages du monde entrent en action ; la guerre fratricide ébranlant les couronnes royales déversera ses atrocités dans ce havre oublié. Les Danseuses du Ciel sont envoyées sur Barcil avec pour mission d’accomplir ses desseins.
Parviendront-elles à édifier Orglin comme l’une des leurs ?
Orglin se montrera-t-elle digne du destin que Yencil lui a réservé ?

Notation :

Avis : 

Voilà un avis bien difficile à écrire. Bon, cela étant dit, commençons par l’intrigue. Nous avons un couple mixte : elfe et humain, guerriers qui se retirent du monde et vivent en harmonie avec leur fille. Mais voilà, ce n’est pas du goût de tout le monde, et notamment de quelques personnes hauts placées, pour ne pas trop en dévoiler…

Vous connaissez mon profond amour pour la fantasy qui est certainement mon genre littéraire (et cinématographique à n’en pas douter) préféré. J’adore les grosses séries à l’univers fourni, et c’est là que se tient pour problème majeur. Le principe de ce Cycle de Barcil est un enchaînement de nouvelles pouvant se lire indépendamment les unes des autres dans un même univers. Or, on en garde finalement un goût de pas assez. Il nous manque des centaines de pages, pour nous plonger pleinement dans le monde que nous propose l’auteur. Et c’est là finalement un point qui n’est pas tant négatif que complètement subjectif.

Outre la petitesse du texte, on goûte à une plume délicieuse, que l’on veut à tout prix pouvoir lire encore et encore. Le ton est mouvant, tantôt aux allures de légendes, tantôt aux allures de récit épique. De l’action, de l’aventure, des combats, et quelques informations distillées de ci, de là, pour nous amener à tout de même en savoir plus sur l’univers construit avec talent (en seulement quelques pages, il faut le rappeler) de l’auteur.

En bref :

Une nouvelle délicieusement écrite, qui donne terriblement envie d’en lire bien plus. Un roman peut-être ?

**Service de presse, via Simplement Pro

Une vie animale

Une nouvelle qui m’avait bien plu par son résumé mais qui me laisse finalement un drôle d’arrière-goût, je vous parle d’Une vie animale de Thierry Balloy.

Résumé : Dans l’histoire de la vie, l’homme descend du singe. Le premier a créé et subit la course au temps. Le second déguste des bananes à pleines dents. Une nouvelle pleine d’esprit…

Avis :

Un texte difficile à cerner…
Lue deux fois, cette nouvelle m’a posée quelques difficultés. Ce n’est pas tant la plume de l’auteur, mais plutôt l’intrigue qui m’a gênée. Je n’ai pas vraiment eu l’impression de lire une histoire. C’est pour ça que j’ai eu du mal à cerner cette nouvelle, tout comme j’ai mis du temps à rédiger cet avis, qui ne sera pas très glorieux. Du moins, on ne l’inscrira pas au Panthéon de mes meilleurs retours. C’est dommage, car j’ai vraiment l’impression d’être passée à côté de quelque chose, comme si ce texte avait bien plus à m’offrir que ces lignes un peu surfaites. Aussi, ai-je du mal à en parler, aussi ai-je du mal à exprimer mon ressenti. Ce texte exprime une routine, à travers des jeux de mots animaliers. Mais, loin de m’avoir charmée par son originalité, j’ai été écrasée par la lourdeur de certains passages, si bien que j’ai eu du mal à comprendre certaines scènes.

Mais très bien écrit…
En revanche, là où se trouve mon incompréhension, j’ai trouvé que cette nouvelle était très bien écrite. Portée par un style, une patte, la plume de l’auteur se marie tout à fait avec le type de littérature proposé ici. Quel type de littérature ? Je ne saurai trop vous dire. Du réalisme saugrenu ? Du récit de vie burlesque ? En tout cas, bien écrit, je peux vous l’assurer !

Au final, je le déplore fortement, mais je suis passée à côté de cette nouvelle qui semble pourtant contenir un fort potentiel… Dommage !

Service de presse, reçu de la maison d’édition

Deep-Web Stories 1

Un recueil de 4 textes, aussi noirs que dérangeants, qui vous plonge dans les tréfonds du dark net… Je vous parle du livre 1 de Deep-Web Stories de Pierre Dulau et Sham Makdessi.

Résumé : Votre femme vous trompe ? Votre fournisseur de cocaïne ne répond plus au téléphone ? Vous êtes aveugle et défiguré ? Votre réseau pédophile a été démantelé par la police ? Ne craignez rien, il existe une solution à tous vos problèmes… Sur le Deep Web, tout est à vendre : la vie comme la mort, le plaisir comme la souffrance, le bien comme le mal.
Descendez sous la surface de la toile et vous découvrirez un monde où la seule loi en vigueur est de satisfaire le moindre de vos désirs. Mais n’oubliez pas : il y a toujours un prix à payer pour les miracles.
Après plusieurs années d’investigations, Pierre Dulau et Sham Makdessi vous proposent le premier volume de leur anthologie Deep Web Stories. Ce qu’il y a de plus terrifiant dans ces quatre histoires ? C’est qu’elles ont peut-être bel et bien eu lieu…


Avis :

Quatre histoires qui se recoupent…
Entre la pornographie, la drogue, les tueurs à gage et autres pédophiles, Pierre Dulau et Sham Makdessi nous expose une fresque dérangeante où le perturbant se mêle à une appétence avide… Qui pourrait croire que cet homme qu’on croise dans la rue, après être allé acheté le pain, n’a qu’une idée en tête : se débarrasser de l’amant de sa femme ? Ou même se dirige, bienheureux, vers un entrepôt où l’attend fébrilement un enfant ? De quoi vous faire tirer la grimace mais c’est pourtant les histoires que cachent ce recueil. Loin de jouer dans le morbide grotesque, bien au contraire, les auteurs nous offrent une réalité écœurante, mais indubitable. Et quelle drôle de sensation que de se rendre compte que finalement les histoires se recoupent, nous rappelant par-ci, par-là, certains personnages ! Alors, même dans le dark web on peut dire que le monde est petit ?

Une plongée dans le dark net…
Noir, sombre, brumeux, cynique parfois, mais crasseux, assurément… Après force de recherches, Pierre Dulau et Sham Makdessi nous présentent un monde que nous connaissons peu, ou du moins, pas en profondeur. À travers ces quatre histoires, nous en apprenons davantage sur le dark web, sur ses horreurs et plus encore… sur l’humanité. Parce que même si le dark web n’est qu’une suite de 0 et de 1, ce sont bien des Hommes qui se cachent derrière. Et dans ce recueil, on nous entraîne tête la première dans les bas-fonds de l’espèce humaine. On est remué, dégoûté, et finalement, complètement anéanti. C’est toute la décadence humaine qu’on nous montre ici, sa décadence et cette atrabile écœurante qui semble sortir de chaque histoire… Les nouvelles sont donc, toutes différentes, avec un degré plus ou moins important de répugnance vis-à-vis des Hommes. Mention spéciale à la première nouvelle « Laisse-moi voir » qui termine par une chute prodigieuse aussi cynique que logique.

Au final, un recueil qui se lit très vite, le lecteur étant porté par ce besoin irrépressible et morbide d’en savoir toujours plus… Des plumes d’exceptions pour des histoires qui font froid dans le dos… 

Service de presse, reçu de l’auteur

À l’aigre douce

Après avoir pris une claque avec Don de soi(e) et Méprise, je vous parle du recueil À l’aigre douce de Dominique Theurz.

Résumé : Des nouvelles avec pour fil rouge : un goût de folie.
Des personnages qui sont tous d’habiles funambules. Pourtant, même les plus aguerris ont basculé. Mais à chaque folie sa saveur spécifique. Une savante combinaison, éphémère ou durable, d’aigre et de doux dans des proportions fort variables.
L’auteure livre un recueil de nouvelles aux assaisonnements déments, avec des histoires grinçantes, drôles ou dramatiques. Et un maître mot : l’originalité.

 


Avis :

Entre cynisme…
Un recueil de nouvelles dont le titre reflète à merveille ce qu’il cache, voici ce qu’est À l’aigre douce de Dominique Theurz. Difficile de trouver un autre qualificatif que doux-amer pour caractériser ces nouvelles. Nous sommes donc entre cynisme et humour, entre amertume et douceur, entre sucré et salé. Le cynisme côtoie parfois le morbide, ou l’absurde. Mais toujours avec une finesse étourdissante. Ces textes désopilants, où se mêlent rictus sardoniques et inepties grotesques, loin de rendre lourds les nouvelles, provoquent une sorte de curiosité incongrue qui pousse irrésistiblement à lire la suite… L’originalité est le maître mot, pour sûr. Il faut dire que rare sont les textes de cet acabit et rien que pour découvrir la folie qui émane de chacun d’eux, on deviendrait fou nous-même. Peut-être simplement dans l’espoir insensé de se retrouver dans les lignes de la talentueuse Dominique Theurz.

Et humour…
Parce que, que serait le cynisme sans son zeste de bonne humeur ? Pour alléger un peu le goût amer de certains passages, de certaines nouvelles, on retrouve un peu de douceur et parfois même de tristesse. C’est lisse, mais élégant et ça nous ferait presque oublier l’aliénation irrévérencieuse de quelques textes. Plus concrètement, les nouvelles ont toutes ce côté décalé propre à la plume de l’auteur, morbides, étranges, cyniques, mais aussi, tristes, douces et nostalgiques. Elles ont toutes ces éléments en elles, parfois plus de l’un que de l’autre. Un savant mélange rendant notre lecture d’autant plus fascinante que les nouvelles sont originales et décapantes ! Ma préférée reste la première, qui mélange finement les émotions pour nous ébahir quand vient la chute d’une folie salvatrice.

Au final, un recueil de nouvelles différent, ahurissant et passablement abracadabrant. Entre cynisme et humour, un cocktail réussit !

Service de presse, reçu de la maison d’édition

Les méduses

Un texte étrange, aux allures de témoignage, tel un message jeté à la mer, je vous parle des Méduses d’Ellierim.

Résumé : Zahra n’aime pas les méduses. Elle leur reproche leur forme, leur couleur, leur atonie… À la suite d’un incident qui a marqué sa tendre enfance, elle développe même à l’encontre de ces créatures une véritable phobie, à l’image de celle qui lui fit honnir les serpents jusqu’à ce que l’élégance de certains les réhabilite à ses yeux. Mais, pour les méduses, sa phobie tourne à la chronicité jusqu’au moment où Zahra prend conscience qu’il existe des êtres beaucoup plus répugnants que les méduses… Est-elle sur la voie de la guérison ?

Avis :

Un début poétique…
On commence notre rencontre avec l’imaginaire d’Ellierim avec un peu de poésie. Parce que, Zahra n’aime pas les méduses. Et des raisons, elle en a, et pas qu’une. Ce que j’ai beaucoup apprécié est la manière dont l’auteur a commencé son texte. C’est rythmé, ça donne un tempo au récit. Si bien qu’une fois ce passage terminé, mon emphase est légèrement retombée. Puisque nous reprenons un texte basique, avec une narration, certes intimistes, mais tout de même assez banale. Ce qui fait que j’ai trouvé le déroulement un peu plat. C’est vers la fin que j’ai eu un véritable regain d’intérêt.

Pour une fin réfléchie…
En effet, le final est plutôt étonnant. On suit le fil de pensées de Zahra, mené avec brio, et doucement, elle nous explique pourquoi, finalement, elle aime de nouveau les méduses, enfin, du moins, elle les déteste moins. Tout simplement parce qu’elle a trouvé quelque chose d’encore plus dégoûtant à son sens. S’engage alors une véritable réflexion humaine, presque philosophique. La tournure qu’a donc pris ce texte fut légèrement déconcertante mais finalement intéressante. Le style de l’auteur est fluide, un peu scolaire parfois, du moins, oserai-je dire clair et concis. Ce qui a fait que j’ai parfois eu l’impression de lire un rapport scientifique sur une expérience. Cela n’enlève rien à la qualité du texte, mais le rend d’autant plus original.

Au final, un texte original, au déroulement étrange et surprenant. Une jolie découverte aussi particulière qu’inspirante.

Service de presse


◊ Extrait ◊

 » Les méduses, si je ne m’abuse,
C’est affreux, hideux, c’est globuleux, c’est visqueux et gélatineux.
C’est verdâtre, c’est blanchâtre, grisâtre, brunâtre ou noirâtre.
C’est flasque, ça se prélasse, ça s’amasse, ça s’entasse et s’enlace sur les plages.
C’est mou, ça s’échoue, ça me dégoûte, me repousse, me courrouce, me secoue.
Les méduses qui affluent, le corps nu, ça me répugne, me révulse et me perturbe.
Sans cesse, en mollesse, ça s’empresse et se compresse sur le sable chaud.

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Le tatouage d’Amanda

S’inscrivant dans un univers plus vaste, j’ai pris grand plaisir à découvrir cette nouvelle. Je vous parle du Tatouage d’Amanda de Caroline Giraud.

Résumé : En haut des studios, Milian, mannequin célèbre, participe à une campagne contre les violences faites aux femmes.
Au pied des studios, dans une ruelle sombre, une jeune fille est sauvagement assassinée.
Mais personne ne s’en inquiète. Pourquoi ? Elle est tatouée. C’est une criminelle.
Personne ne la plaint. Personne, sauf Amanda.
Mais les criminels sont-ils toujours des monstres ?

Un univers plus vaste…
Caroline Giraud est une auteur que j’ai déjà pu lire avec Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi. C’est donc sans peur que je me suis lancée dans ce nouveau texte, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que cette nouvelle est en fait une sorte de spin off d’un roman de l’auteur ! Tout s’explique alors. Pendant ma lecture, même si j’ai fortement apprécié, je me suis posée bien des questions, essayant de mieux comprendre le drôle de décor, le drôle d’univers, les drôles de convenances qui sévissaient dans ce texte. Et finalement, en furetant sur le net j’ai découvert que cette nouvelle s’ancre dans l’univers de La loi de Gaïa. Imaginez ma tête quand j’ai lu le résumé de ce roman, et après ma lecture de cette nouvelle… Bah, maintenant je suis obsédée par la découverte de ce roman. Qu’à cela ne tienne, je vais d’abord poursuivre mon objectif de diminution de ma PAL, et ensuite… Je me régalerai !

Un style percutant…
Du coup, je ne sais pas trop comment écrire mon avis. Comme ce texte est court et finalement, assez détaillé et intéressant quand on connaît l’univers, j’ai peur de déraper et vous dévoiler l’intrigue. Donc, parlons du style de l’auteur. Ici encore, elle nous marque, nous percute de plein fouet avec sa plume incisive. C’est un texte émouvant. Déroutant aussi, un peu. Mais, mettant en avant des réflexions intéressantes. Parce que nous avons commis un crime une fois, n’avons-nous pas le droit à la rédemption ? Parce que j’ai tué, alors vous pouvez me tuer en retour sans aucune représailles ? Des thématiques intéressantes, passionnantes, et qui invitent à la discussion. Encore une merveilleuse découverte, signée Caroline Giraud !

Au final, une nouvelle bien menée, qui peut se lire sans soucis indépendamment de La loi de Gaïa, mais qui vous intriguera assurément, quitte à craquer pour le roman !


◊ Extrait ◊

Je n’ai pas l’habitude de voir des tatoués : ces esclaves. les survivants. Les monstres qui auraient dû mourir avec les autres, sous l’explosion nucléaire. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi il fallait les prendre comme esclaves. On peut bien se passer d’eux. Depuis des siècles, il n’y a plus d’esclaves. Là, ils reviennent.

Mais les anciens esclaves n’étaient pas ces monstres : les tatoués sont des criminels. Des hommes violents. Que dis-je ? Des hommes ? Non : des bêtes.

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L’épopée du petit poisson doré

Et si vous pouviez suivre l’aventure d’un poisson rejeté par ses paires, à cause de sa différence ? Je vous parle d’une superbe nouvelle : L’épopée du petit poisson doré de Cassandra Bouclé.

Résumé : Une petite carpe koi rejetée par les autres à cause de la couleur de ses écailles, décide de rechercher une cascade légendaire, qui pourrait la métamorphoser. Que lui réserve cette quête ?

La différence…
C’est à travers un petit poisson que Cassandra Bouclé nous présente la différence, ce regard des autres si pénétrant, si envahisseur, qui nous empêche de vivre pleinement, nous focalisant sur ce qui fait de nous, quelqu’un de différent. Quelqu’un de pas acceptable. Ce petit poisson réfléchit, s’interroge et finalement, ne comprend pas. Pourquoi le rejette-t-on ? Simplement parce qu’il n’a pas la même couleur d’écailles que les autres ? En quoi cela fait-il de lui quelqu’un d’insignifiant ? Quelqu’un d’infréquentable ? Pourtant, il est comme eux… Cette thématique est porteuse de sens, porteuse de nombreux faits d’actualités. Les parallèles possibles sont nombreux et c’est finement joué de la part de l’auteur que de personnifier cette tare de nos sociétés à travers un poisson pur, et magnifique.

La plume de l’auteur…
C’est avec une douceur et une poésie certaines que nous suivons l’aventure de ce petit poisson doré, à la recherche d’une quelconque rédemption. Il va affronter bien des obstacles, se poser bien des questions, pour finalement atteindre cette cascade… La plume de l’auteur est voluptueuse, hypnotique. Presque spirituel. Cette épopée m’a fait un drôle d’effet, me plongeant dans une semi-torpeur agréable. J’ai adoré me plonger dans les lignes de l’auteur et surtout voyager aux côtés de ce petit poisson marqué par la vie… Reste à savoir ce qui l’attendra au bout de son voyage.

Au final, une nouvelle contemplative, porteuse de sens et émouvante. La différence est une thématique souvent traitée en littérature, ici, c’est original et profond. J’ai beaucoup apprécié !

Service de presse


◊ Extrait ◊

Je ne comprends pas. Je ne suis pas si différent des autres. Je peux penser, respirer, et même nager comme tout le monde. Comme eux, j’ai de belles moustaches, des nageoires sublimes.

Pourquoi me rejettent-ils ? Tout ça à cause d’une seule différence ?

Si encore j’étais difforme, je pourrais comprendre leur raisonnement. Peut-être auraient-ils eu de la pitié pour moi, voire même un peu de considération.

Mais je suis comme eux, j’ai juste un seul et unique défaut : mes écailles. À la différence de mes semblables, je n’arbore pas les couleurs standards.

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Pied à terre

Étrange. C’est le mot qui me vient à l’esprit pour parler de ce texte. Étrangement étrange. Et surtout, étrangement intrigant… Je vous parle de Pied à terre de Jean-Frédéric Jung.

Résumé : Un cavalier qui promène son cheval sur un chemin de campagne assiste à la confrontation entre une croix en fer forgée, symbole du christianisme, et une fée athée très espiègle. Une discussion théologique endiablée va s’en suivre.

Par où commencer ?
J’aurai tant de choses à dire. Mais… J’aurai trop peur de vous dévoiler l’intrigue. Des éléments de l’histoire importants. Parce que ce texte m’a laissé vide d’envie livresque pendant deux jours entiers. Vous me direz, c’est pas plus mal, j’étais en période d’examens, mais tout de même… Mais pourquoi ? Ce n’est pas parce qu’il est mauvais. Ah, loin de là. Plutôt parce qu’il est étrange. Particulier. Atypique. Un conte. Oui, ça se rapproche le plus d’un conte. Non, mieux encore. Une fable. C’est une fable, oui. Une fable pécheresse. Une fable croyante. Une fable hérétique. Et entre tout ce schmilblick, y a un cheval, une petite fille et un homme.

Une fable…
Pied à terre, c’est une fable (je pense que vous aurez compris) mettant en scène une fée, et une croix. Mais pas n’importe quelle croix. Le champ lexical que j’ai utilisé un peu plus haut devrait vous mettre la puce à l’oreille. C’est bien une croix sainte dont il est question. Et cette nouvelle traite de la nature même de l’Homme. C’est atypique, mais intrigant. La religion est un sujet souvent tabou auquel il est préférable de ne pas se frotter. Ici, Jean-Frédéric Jung fait fi des convenances et remet en question la Foi en l’Homme et non tellement celle en Dieu. Alors, oui, la Croix, penses-tu vraiment que tout ce que tu fais aura un aboutissement ? Une Fée et une Croix qui discutent, dans un dialogue finement mené, voilà ce qu’est cette nouvelle. Le style est frais, efficace, le jeu des échanges est rythmé, et les réponses argumentées. Franchement, je ne m’attendais pas à ça. Quelle surprise !

Au final, une nouvelle atypique, une fable à lire religieusement, le sourire aux lèvres. Et qui sait, peut-être que vous aussi, au détour d’une forêt vous tomberez sur une drôle de conversation… 

Service de presse


◊ Extrait ◊

— Je l’ai vue !

Apolline, ma fille cadette, en laissa tomber sa trottinette et se tourna vers moi d’un seul coup, les yeux grands ouverts ; un immense questionnement bleu. Je ne m’en étais pas rendu compte, mais pour la saisir à ce point, mon ton avait dû être éloquent.

— La fée, ma chérie, je l’ai vue ! Oui, la fée des bois et aussi…

— La fée des bois ? s’exclama aussitôt Apolline sans me laisser finir, les yeux encore plus grands, encore plus ronds, mais toujours si bleus.

— Oui, ma chérie, la fée des bois.

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J’aime les nouvelles, pourquoi pas vous ?

J’ai trop vu. Trop vu de plaintes. De plaintes infondées. Irréalistes. Non, une nouvelle ne laisse pas sur sa faim. Non, une nouvelle ce n’est pas « trop court ». Avec cet article, je vais tâcher de vous expliquer pourquoi, pourquoi le format nouvelle m’attire tant, aussi bien comme lectrice qu’écrivaine. Parce que j’aime les nouvelles, pourquoi pas vous ?

Une nouvelle, c’est quoi ?

Paf, on commence par une question existentielle. Bah oui, c’est vrai, une nouvelle c’est quoi ? C’est un texte court, oui, je ne suis pas là pour vous contredire sur ce point. Un texte court qui se caractérise par une structure bien définie : une introduction, un élément déclencheur, le déroulement de l’intrigue, la résolution finale, la chute. Oui, vous avez du voir ça à l’école, et bien, c’est pareil pour les textes contemporains. Même si la structure est bien moins marquée, on la retrouve néanmoins.

Charles Baudelaire nous parle de la nouvelle, dans l’Art romantique :

« Son effet est plus intense ; et comme le temps consacré à la lecture d’une nouvelle est bien moindre que celui nécessaire à la digestion d’un roman, rien ne se perd de la totalité de l’effet. »

Faire passer un message…

La nouvelle a ça de magique que de faire passer un message parfois clair, parfois obscur, en quelques lignes. Elle nous fait réfléchir sur la vie, nous mettant en face de différents problèmes parfois durs, parfois plus légers. À travers ces textes courts, les auteurs peuvent traiter des sujets plus difficiles, des sujets qu’ils n’auraient pas eu le courage ou l’envie de traiter sous format plus long. On peut par exemple citer des textes comme Le trottoir de Kalya Ousmane ou encore Je vous hais de Céline Theeuws.

Court…

Comme c’est court, c’est forcément mauvais ? Comme c’est court, ce sera forcément frustrant ? Je pense que la plupart des gens ont une idée très arrêtée sur ce format de lecture. Une idée pas forcément très juste. La nouvelle est un format court, oui, elle peut faire 5 pages ou même 30. La nouvelle n’est pas un début de roman, comme j’ai l’impression que certains le pensent. La nouvelle a un début. La nouvelle a une fin. Et la nouvelle a même une intrigue et des personnages. Certes, ceux-ci ne sont pas étoffés au point de tout connaître de leurs pensées, de leur passé. Certes, l’intrigue n’a rien d’un polar à la Agatha Christi. Mais, les nouvelles cachent parfois bien des surprises… Elles peuvent être douces, romantiques, comme Plume, merveille de l’Océan de Mélodie Smacs. Ou encore dures, incisives, marquantes comme Les bouches rient de moi de Lebis Bastien. Ou même douces, nostalgiques, mélancoliques, à l’image de L’Appartement de la Marquise de Carabas. Et, je pourrais continuer comme ça pendant des heures. Des heures et des heures, parce que chaque texte, quelle que soit sa longueur, a toujours quelque chose à nous dire.

Intense…

Comment nous faire ressentir des sensations, des émotions, en si peu de pages ? Comment l’auteur parvient-il à nous happer parfois, dès les premières lignes et ne plus nous lâcher pendant les 6 autres pages qui constituent son texte ? Parce que oui, c’est ce qui arrive. Oui, en si peu de lettres, en si peu de mots, on rentre dans l’histoire et on se laisse voguer au rythme de la lecture. Le texte est souvent intense. Nous faisant ressentir une ambiance particulière. Parfois douce, parfois torride, parfois calme, parfois insolite, parfois angoissante… Tous les genres existent aussi bien pour les romans que les nouvelles et souvent, tout le temps, les nouvelles sont un condensé d’émotions. L’intensité, propre à la taille du texte, fait qu’on en vient à ressentir des sensations rapidement, et sur un temps restreint. On peut avoir peur, être dégoûté, avoir envie de pleurer, ou encore garder le sourire aux lèvres… Tout ça, c’est la nouvelle. Et bien plus encore.

J’en lis, j’en écris…

Avec les nouvelles, s’il y a quelque chose que j’apprécie particulièrement en tant que lectrice ou écrivaine, c’est qu’on doit aller à l’essentiel. Ne pas se perdre entre les sous-intrigues, les personnages secondaires ou que sais-je encore. On va droit au but. On ne se disperse pas. On raconte notre histoire, et on s’arrête là. Le format en lui-même est parfaitement adapté aux trajets en transport en commun. Moi qui fait des allers et retours tous les jours pour aller à la fac, ne vous étonnez plus que je dévore des nouvelles. Et puis, peut-être aussi parce que je suis feignante. J’ai envie d’une histoire. Pas un pavé long de 600 pages, je veux une histoire courte, claire et sans écarts. J’opte pour une nouvelle. En tant qu’écrivaine aussi. Je n’ai pas envie d’écrire un roman super long, je veux qu’on lise mon histoire telle quelle, sans rien autour, juste ce que je veux que les lecteurs en lisent, j’écris une nouvelle.

Je ne sais pas si j’ai réussi à vous convaincre. Ou au moins à vous intriguer. Si vous avez besoin de conseils pour une nouvelle, n’hésitez pas à me demander. Vous pouvez d’ailleurs retrouver tous mes avis concernant les nouvelles, recueils et novella par ici.

L’oiseau de feu

Un peu de fantasy, d’amour et de magie, je vous parle d’une très belle nouvelle : L’oiseau de feu d’Isabelle Bruffaert.

Résumé : Alexeï est un cosaque sanguinaire et cruel qui impose sa tyrannie à une région perdue de la taïga. Nul n’ose lui résister, jusqu’à ce qu’il rencontre Natacha, une jeune fille dont la beauté extraordinaire lui fait perdre la tête. Sa grand-mère n’accepte de la lui céder qu’à la condition qu’il capture pour elle l’oiseau de feu. Il part vainement à sa recherche, jusqu’au jour où enfin, il croise l’oiseau merveilleux : parviendra-t-il à s’en emparer ?
Un cosaque sanguinaire, une jeune fille sublime… et entre eux deux, l’oiseau de feu.

De la fantasy en nouvelle…
J’adore les nouvelles. Ce n’est pas une nouveauté, j’en lis, j’en dévore et même, j’en écris. C’est dire. Mais, y a toujours cette appréhension. Ce sentiment en filigrane. Cette peur que ce soit trop court. Qu’on en veuille encore. Et que, finalement, l’auteur n’est pas atteint son but. Parce qu’une nouvelle c’est un récit court. Qui se veut court. Et ici, Isabelle Bruffaert peut être rassurée. Elle a magnifiquement bien relevé son pari ! Elle a réussi à me transporter dans un univers de fantasy travaillé en quelques lignes, puis je m’y suis plongée. J’ai vu la rivière, la petite maisonnée, j’ai vu cette vieille dame presque aveugle, ce guerrier sans âme, et cette femme d’une beauté irréelle. Puis, lorsque j’ai tendu l’oreille, je l’ai entendu.

La mélodie.

Le chant de l’oiseau de feu.

Des allures de légende…
Cette histoire nous est contée comme une légende. Nous n’avons pas de formulations pompeuses, du style, il était une fois, ou ce genre de choses. Non, on a un récit, qui, au fil de notre lecture, prend des allures de contes, de légendes racontés au coin du feu. C’est un ressenti que j’ai adoré. D’autant que la plume de l’auteur est aussi poétique que son texte. C’est un style parfait pour la fantasy, et j’ai d’ailleurs pu voir qu’elle allait sortir une saga de fantasy. Cette nouvelle a été une bouffée d’air frais, entre magie et dépaysement !

Au final, j’ai beaucoup apprécié ce texte, qui réussi en quelques lignes à nous immerger totalement dans un monde de fantasy. À découvrir !


◊ ExtraiT ◊

C’était un cosaque et son cœur était plus dur que la pierre ; d’ailleurs son visage rude, sa mâchoire carrée, ses lèvres fines et ses sourcils broussailleux témoignaient de sa cruauté et de son manque de compassion. Tous les villageois, et mêmes les boyards, le redoutaient tant que nul ne se risquait à lui tenir tête. Alexeï le cosaque régnait donc en maître, par la terreur, sur cette contrée perdue au milieu de la taïga.

La chute du tyran ? Personne n’osait l’envisager… rien ne lui résistait. Rien, si ce n’est une jeune fille prénommée Natacha qui refusait obstinément de lui céder ; il en perdait la tête.

Disponible à 0,99€, essentiellement en numérique.
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