Mélodie Smacs

Mélodie Smacs est une autrice passionnée des créatures fantastiques. Mêlant imaginaire et romance, elle nous propulse dans des univers, perdus entre rêve et passion. Amours Fauves est sa dernière sortie en date, un roman à ne pas manquer !

Vous êtes autrice de roman mêlant les genres de l’imaginaire à la romance, pourquoi ce choix ? Est-ce difficile de faire en sorte qu’un genre n’empiète pas sur l’autre ? Comment dosez-vous ?

Je suis une inconditionnelle de la romance, j’aime l’amour et je n’ai pas peur de le revendiquer. Toutefois, je suis aussi une grande rêveuse, ce que je retrouve davantage dans de l’imaginaire que du contemporain. J’ai découvert le mélange de ces genres grâce à la série Mercy Thompson, de Patricia Briggs, et ça a été une vraie révélation pour moi, même si j’écris parfois de la romance contemporaine (Hiver gagnant, chez BMR).
Je ne sais pas si c’est difficile, c’est en effet un dosage à trouver, qui peut varier d’une histoire à une autre, en fonction de mes envies ou de la trame principale. Dans Amours fauves, le début manquait un peu de romance à l’origine, mais en écrivant la suite, les personnages se sont davantage révélés à moi, alors j’en ai ajouté, pour, je pense, un meilleur équilibre. Même quand on croit que c’est fini, il reste du travail !

Quel est votre premier roman publié ? Parlez-nous en un peu. Qu’est-ce que ça vous a fait d’être publié pour la première fois ?

Mon premier roman publié est Plume, chez Livresque éditions. Il s’agit d’un roman un peu particulier, car il est composé de trois nouvelles, qui se suivent, avec la même héroïne. Plume est une sirène qui adore le monde terrestre, mais elle n’a pas le droit de s’en approcher – comme une certaine Ariel. Il s’agit une fois encore d’une romance imaginaire, avec une écriture plutôt poétique et une grande dose d’espoir.
J’ai eu des nouvelles publiées avant la sortie de Plume, mais je reconnais que c’est différent. Tenir un livre qui ne contient que l’une de nos histoires entre nos mains, c’est un sentiment incroyable. Une joie intense, et une grande fierté aussi.

Amours Fauves est sorti le 3 avril, d’abord, y aura-t-il une suite ?

Ah ah ! Il y a en effet quelques éléments dans Amours fauves qui pourraient laisser entendre une suite et nous en avons discuté avec mon éditrice. Malheureusement, il me faudrait effectuer de nombreuses recherches avant de passer à la phase d’écriture, et ce n’est pas dans mon planning immédiat, mais c’est une possibilité…

Dans ce roman, vous traitez de la noblesse en opposition à ce que vous appelez le « tout-venant », pourquoi ce choix d’ambiance ? Est-ce un message que vous avez voulu faire passer de manière déguisée ?

L’idée d’Amours fauves est en fait partie de son prologue, que j’avais écrit pour le forum d’écriture L’atelier des Scribtonautes, où je suis administratrice. L’ambiance du bal masqué, avec son côté scintillant, la musique de style princier, ainsi que le décor, m’ont donné envie d’écrire cette histoire dans un tel contexte. Ensuite, le personnage de Meg est arrivé, et j’ai tout de suite voulu marquer une différence de classe sociale entre elle et cet univers. Je suis sensible aux injustices, notamment de ce type, alors il y a peut-être bien un message derrière tout ça, en effet.

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Amours Fauves est un roman plutôt original, dont le mode opératoire du tueur pourrait sans nul doute nous mettre sur une fausse piste (et rendre le bouquin bien moins original), pourquoi ce choix ? Était-ce volontaire ? Parlez-nous un peu de ce « tueur du Bal ».

Amours fauves est en quelque sorte un pari. C’est une histoire que je considère en dehors des sentiers battus, avec un énorme risque pris sur les personnages et ce fameux « tueur du Bal ». J’apprécie énormément les histoires de métamorphes, moins celles de vampires, bien que j’en écrive aussi. Ici, il s’agit d’une enquête, et mener le lecteur sur de fausses pistes m’a beaucoup amusée. C’était donc tout à fait volontaire, même si en réalité, la nature du tueur est révélée dès le prologue.

Dans le roman vous distillez quelques informations sur le passé des protagonistes, vous sentiriez-vous prête à réaliser un prequel sur chacun des personnages ? Vous attendiez-vous à susciter l’intérêt en ne proposant que quelques éléments de réponses ?

À vrai dire, pour le moment, j’ai plus l’idée d’une suite, qui les ramènerait à leurs origines. Tout n’est en effet pas dit sur leur passé dans Amours fauves, et je suis ravie de voir que leur histoire à chacun suscite de l’intérêt ! Je pense toutefois que j’aurais des difficultés à écrire un prequel sur chacun d’eux, car il me manquerait la romance et j’ai maintenant du mal à les voir l’un sans l’autre.

Et si on parlait un peu de la genèse de ce roman ? D’où vous est venue l’idée et finalement, comment s’est construit ce roman, jusqu’à sa version finale ?

Comme je vous l’ai dit, tout a débuté avec le prologue, en réponse au thème « bal masqué ». Par la suite, les personnages se sont révélés à moi, ainsi que l’enquête de départ. J’avais écrit une simple nouvelle, qui s’arrêtait au moment de la révélation de l’identité du « tueur du Bal », qui était à l’origine cachée, malgré les chapitres de son point de vue. J’avais donc écrit ses chapitres sans jamais le nommer et avec beaucoup moins d’indications sur son passé. Je reconnais que cet exercice m’a plu, pour sa complexité et l’envie de maintenir le mystère pour le lecteur.
Mon éditrice a beaucoup aimé cette nouvelle, et m’a demandé de la grossir. J’ai senti que tout n’avait pas été dit, que ça manquait notamment de romance, alors je lui ai proposé une suite, qu’elle a vite acceptée et m’a aidée à approfondir encore.
C’est donc un roman un peu particulier, qui a été construit en plusieurs étapes. Je reconnais que je suis plutôt fière du résultat final !

Amours Fauves est votre dernière parution en date, mais revenons un peu en arrière avec Plume. Ce texte traite des sirènes, pourquoi ce choix de créature fantastique ?

De la même façon que pour Amours fauves, Plume est apparue suite à un thème proposé sur mon forum d’écriture, dont l’intitulé était « une plume sur l’océan ». J’avais envie de jouer sur les mots, et ma sirène au fort tempérament s’est assez vite imposée à moi, mais c’est Marine Gautier, mon amie et une auteure Alter Real, qui m’a proposé de l’appeler « Plume ». J’ai adoré l’idée !
Les sirènes font partie des créatures que j’affectionne beaucoup, en partie grâce à La petite sirène, mais aussi pour le mythe qu’elles incarnent. En plus, j’ai peur de l’océan, et je crois que le « rêve » de la sirène est une manière pour moi de chasser un peu cette phobie.

Métamorphes, sirènes, et même Kitsune dans votre prochain roman à paraître en 2021, L’éternel de Te Rangi, quelle est finalement votre créature fantastique préférée ? Celle sur laquelle vous aimeriez absolument écrire un bouquin ? Et, celle que vous n’appréciez pas du tout ?

J’ai aussi des démons et des anges dans ma série Helden, et j’avoue que je les aime énormément, mais je crois que ma créature préférée est un classique du genre : le dragon. J’ai quelques projets d’écriture autour de ces créatures, et une nouvelle parue dans l’anthologie De Terre et de Feu, chez RroyzZ, mais comme j’aimerais vraiment leur rendre honneur, je prends davantage mon temps.
Je ne peux pas dire que je ne les apprécie pas du tout, plutôt que j’aime moins la manière un peu trop idyllique à mon goût que certains auteurs font des vampires. Pour moi, ce sont des créatures malfaisantes à l’origine, et il ne faut pas l’oublier. Pourtant, j’ai été follement amoureuse d’Angel dans Buffy !

Avez-vous d’autres projets ? Parlez-nous de vos idées et histoires à venir.

Je croule sous les projets ! J’ai beaucoup d’idées, alors j’essaie de les ordonner un peu. En ce moment, j’écris avec le point de vue du personnage masculin principal d’Helden, mais j’ai aussi une idée de spin-off sur un personnage secondaire de cette série, que j’ai commencé, mais que je laisse de côté pendant un petit moment, car j’aimerais reprendre mon projet de Space Opera. Ça serait une première pour moi la Science-fiction, et ça me tente beaucoup, surtout que mon héroïne a du mordant ! Quelques idées de romances contemporaines, dont une qui se déroulerait au Japon, et me demande donc un travail de recherche conséquent.
Bref, j’ai de quoi écrire pendant encore plusieurs années, et j’espère bien que ça ne s’arrêtera jamais !

Et si on parlait un peu de vous et votre rapport à la culture ? Votre dernier livre lu ? Ou celui en cours de lecture ?

Mon dernier livre terminé est le premier tome de Le sixième monde, un post-apo navajo plutôt plaisant, et je suis en train de finir le tome 2 de Black Diamond, une romance fantastique avec des vampires, comme quoi !

Si j’adore les romans qui mêlent fantastique et romance, quel titre me recommanderiez-vous ?

Ceux de Patricia Briggs, les yeux fermés. La série Dragon Love, de Lil Evans, que j’ai découvert il y a peu, et que j’ai dévorée. Et si vous aimez le steam punk fantastique avec de la romance, la série Le protectorat de l’ombrelle, de Gail Carriger, une pure merveille avec beaucoup d’humour et tout un tas de créature.

Si je vous dis Harry Potter, Seigneurs des Anneaux, ou Star Wars, vous me répondez ?

Choix difficile… Star Wars avec une toute petite avance sur les autres !

Pour terminer, parlez-nous un peu de vos liens à la lecture et à l’écriture. Sont-ils différents ?

Je ne pense pas, car j’écris assez dans les genres que je lis. J’aime les deux, même si je regrette de ne pas y consacrer assez de temps.

Amours Fauves – Mélodie Smacs

Titre : Amours Fauves
Auteur : Mélodie Smacs
Éditeur : éditions Alter Real
Genre : Fantastique policier
Résumé : Les officiers Megane Difen et Tom Senia sont équipiers depuis plusieurs mois. La première, froide et solitaire, se fascine pour celui que les tabloïdes appellent le « Tueur du Bal ». Le second, charmeur et taquin, l’épaule de son mieux, se montrant même protecteur envers elle.
Lorsqu’un étrange meurtre survient, ils font équipe pour l’élucider. Toutefois, l’un des deux en sait bien plus qu’il ne veut l’avouer.
Entre enquête surnaturelle, disputes et passion, et si chacun menait en fait un double jeu ?


Notation :

Avis :

Meg, officier de police, est froide et déterminée. Tom, son co-équipier, représente tout son contraire. Pourtant, c’est bien le seul qui réussi à l’amadouer… Alors qu’ils mènent l’enquête sur d’étranges meurtres aux allures vampiriques, les deux officiers vont faire face à bien des obstacles, entre mensonges et passions. Qui se ressemble s’assemble ? Ou les opposés s’attirent ?

Une histoire d’amour. Une enquête. Des créatures fantastiques. Du suspense. De l’action. On mélange le tout, et on obtient un véritable page turner. Amours Fauves. Mélodie Smacs nous enchante avec un roman complet, mêlant une ribambelle de genres, perdu entre une romance, un polar et du fantastique. Perdu est bien le mot d’ailleurs, puisqu’il est difficile finalement de classer ce roman dans un seul genre : Une romance fantastique sous fond d’enquête policière ? Un roman fantastique romantique policier ? Ou bien un polar fantastique avec un zeste de romance ?

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Megane Difen est belle, mais glaciale. Tom Senia est beau, et chaleureux. Envoûtant pour ainsi dire. Oui, envoûtant est vraiment le mot qui convient. Envoûtant. Et c’est ce qui nous arrive à nous aussi. Au fil des pages. De phrases en phrases. Nous sommes envoûtés. Reste à déterminer si nous sommes sous l’emprise du personnage, ou de la délicieuse plume de l’autrice… Sensation étrange par ailleurs. Mais délectable sans nul doute. Puisque décidément complètement à la merci de ce récit empreint d’une originalité salvatrice.

Originalité qui se personnifie non pas par la romance, qui reste dans les clous du genre, et encore moins par l’enquête policière, mais bien par l’aspect fantastique qui a même l’audace de donner son nom au bouquin. Mélodie Smacs nous propose donc là un fantastique policier sous fond de romance passionnée, saupoudré d’un zeste de mystère. De quoi nous donner grande envie d’une suite !

« Ses deux formes s’unissaient pour constituer enfin un tout cohérent, harmonieux, heureux. »

Parce que mystères il y a ! Et c’est peu dire. Bien que quelques éléments du passé de nos protagonistes, expliquant l’audacieux élément fantastique, soient distiller un peu partout dans le bouquin, il s’avère qu’on reste tout de même sur notre faim, avec mille et une questions qui ne demandent que des réponses (que pourraient-elles bien demander d’autre ?). C’est ainsi que se mêlent passé et présent, pour nous permettre par des flash-back finement amenés, de découvrir un peu plus profondément les personnages. Et quelle profondeur !

Emballé par l’intrigue le lecteur est, assurément. Mais qu’en est-il du décor en arrière plan ? Noblesse et « tout-venant » donnent à ce roman une ambiance princière, entre facéties et véritables problèmes de société. Dans une ville où un titre de noblesse apporte bien plus que la volonté de réussir et le talent mis en oeuvre pour y parvenir, on peut se demander si Mélodie Smacs n’a pas voulu dessiner une satire de la société moderne où les jeux de pouvoir, liés à la bonne naissance sont monnaie courante.

Un véritable coup de cœur pour ce bouquin, qui réussit à introduire un élément fantastique majeur, sans que celui-ci vienne mettre en détresse les autres thématiques, à savoir la romance passionnée et passionnante, ou encore l’enquête aux allures de séries télévisées policières. Le plus improbable est encore que sans cet élément imaginaire, plus rien dans ce livre n’aurait la même saveur. Pas même cette histoire d’amour qui se révélerait des plus ordinaire, et encore moins l’aspect policier, qui deviendrait bien inintéressant. Un roman dont les genres co-existent avec brio, et ne peuvent fonctionner les uns sans les autres.

En bref :

Un coup de cœur pour Amours Fauves, où Mélodie Smacs réussit brillamment à nous envoûter par son intrigue originale mêlant plusieurs genres, ses personnages complexes, et sa plume élégante et distinguée, à l’image d’ailleurs de l’ambiance du roman. Une pépite à découvrir à 5,99€ en version numérique.

**Service de presse