Peaky Blinders – Saison 05

Date de sortie : 2019
Diffusée sur : BBC
Genres : Historique / Drame
Saisons : 5 (en cours)
Synopsis : Tommy Shelby restera-t-il député du Labour ? Alors que l’Angleterre plonge dans la crise de 1929 et voit monter le péril totalitaire, le chef des Peaky Blinders prend des décisions qui vont affecter la nation tout entière.

Notation :

Avis :

Crise de 1929, montée du totalitarisme, comment réagissent les Peaky Blinders face à ce monde qui bouge, et pas dans le bon sens ? Après avoir perdu une large partie de leur fortune, les Peaky Blinders reviennent à leurs vieilles affaires, entre trafic de drogues et préméditation de meurtre…

Quelle saison que cette cinquième pépite de la magnifique série Peaky Blinders ! Les femmes sont là encore au centre de la série, mettant en avant leur force de caractère et de décision. Et puis, cette montée du fascisme… Et leur réaction… La réaction d’un groupe de gitans face à la montée du totalitarisme, du racisme et de la xénophobie. Difficile de rester de marbre, difficile de fermer les yeux devant cette partie de notre Histoire bien dure à digérer.

Comme vous pouvez le voir, je suis plutôt emballée par cette cinquième saison, qui est, je pense, la meilleure de tous. La plongée historique est si réaliste, dans ses décors et ses dialogues qu’on en vient à s’y perdre. Les manipulations, les histoires conjugales, l’émancipation des femmes… Une saison qui reprend tous les codes qui font de Peaky Blinders une série incontournable.

On notera la superbe du travail réalisé par Cillian Murphy sur son personnage : de plus en plus torturé, tourmenté, en détresse… Tout à fait dans l’ambiance magistrale et décadente de cette cinquième saison.

En bref :

La meilleure saison de Peaky Blinders, qui nous propulse à une époque difficile pour la société, provoquant la montée du totalitarisme. À voir, et à revoir ! En ce moment sur Arte !

Lyon des Cendres, tome 2 : Les chants de la Sombre – H. Laymore

Titre : Lyon des Cendres
Auteur : H. Laymore
Éditeur : éditions l’Alchimiste
Genre : Dark fantasy historique
Résumé : 1793, Lyon, la Terreur.
Lyon a cessé de brûler sous les canons de la République. Pourtant, les cendres tombent encore, tout comme les têtes de ceux qui ont osé défier la Convention.
Laurent d’Orléac, Valentina, Claire et le Faucheux, s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la ville et ses ténèbres. Étouffés par les complots, plongés dans l’ombre, ils n’ont pas encore conscience de tous faire partie d’un seul et même échiquier. Peu à peu, tandis que l’enquête du Hussard de la Mort piétine et que des sectes secrètes cherchent à manipuler des pouvoirs qui les dépassent, l’étau se resserre.
Qui est le pantin de qui dans cette gigue d’alchimistes, de révolutionnaires et de fous, alors que, dérangées par le vacarme d’un monde qui s’effondre, d’anciennes consciences s’éveillent pour réclamer leur part de sang ?

Notation :

Avis :

Dans une ambiance crasse et oppressante, Laurent d’Orléac continue son enquête qui l’amène à la rencontre de personnages aussi mystérieux que dangereux. Les destins s’entremêlent sans que les principaux intéressés n’en aient même conscience. Un mic-mac insidieux qui les propulsera au cœur de la tempête, alors même que les morts semblent se réveiller…

Un premier tome dévastateur et une suite qui n’a rien à envier à sa prédécesseur, H Laymore nous comble une fois encore avec un roman complet, riche et terriblement bien écrit dans une ambiance historique qui suinte de perfidie et de souillure. Que dire d’autres si ce n’est qu’à travers ce deuxième opus, l’auteur prouve son talent, son imagination et son pouvoir littéraire, de façon aussi indéniable qu’époustouflante.

Mettons un peu en contraste les deux tomes. On avait donc un premier livre destiné aux grands lecteurs par la complexité de l’intrigue et la richesse de la plume, dans un univers de dark fantasy historique parfaitement immersif. Dans cette suite, on a exactement les mêmes éléments, avec ce plaisir de plonger de nouveau dans l’univers, mais aussi celui de comprendre enfin comment les différents destins des personnages s’emboîtent. Tout prend finalement sens, jusqu’à la dernière page où, indéniablement, l’envie de lire la suite se fait puissante.

Le roman est d’ailleurs construit de la même manière que le premier tome. Avec donc, des changements de lieux, en fonction des personnages que l’on suit. Et si on ne comprenait pas forcément les liens et où tout ceci nous menait, ce deuxième opus nous trace une route pleine de rebondissements et de nœuds qui vont sans doute être bien difficile à démêler pour les personnages. Les dialogues sont toujours aussi vifs, avec même des changements de tons en fonction des protagonistes qui s’expriment, rendant le récit d’autant plus passionnant et immersif. De quoi faire rêver à une adaptation audio !

Mention spéciale pour terminer aux couvertures, réalisées avec soin et détails, et reprenant des éléments du roman.

En bref :

Une suite exceptionnelle, portée par un style incroyable, travaillé, riche… parfait. Pour les amoureux des récits sombres, à l’ambiance historique… Des récits complexes aux personnages ambiguës. Une série de romans à découvrir d’urgence !

**Service de presse, via Simplement Pro

Lyon des Cendres, tome 1 : Le serment du corbeau – H. Laymore

Titre : Lyon des Cendres
Auteur : H. Laymore
Éditeur : éditions L’Alchimiste
Genres : Fantasy historique / Dark fantasy
Résumé : 1793, La France vit sous le règne de la Terreur. Dans la ville occupée de Lyon, un hussard affecté aux Affaires Occultes, enquête sur la disparition mystérieuse d’un frère d’armes. Il affrontera des sectes étranges, des politiciens ambitieux et de sombres magies. Alchimie, espionnage, secrets anciens, musique ensorcelante, des morts et des vivants s’entrecroisent dans la pénombre de l’Histoire en une danse étrange.
Imprégné de fantastique et mysticisme, ce premier volet de H. Laymore s’appuie sur des faits et des lieux historiques précis pour renouveler, à sa façon, le roman d’aventure.

Notation :

Avis :

À Lyon, tout ou presque est détruit. Les enfants jouent sur les ruines de leur propre maison, les exécutions se font par dizaines et les cendres s’envolent au gré du vent… Dans l’air vicié de Lyon, les ressentiments s’enracinent. Les uns pensent à la vengeance, les autres complotent, s’allient, usent de magie. Et puis, il y a ce Hussard de la mort qui semble chercher quelque chose, fouillant le passé, déterrant les morts. Sous le règne de la Terreur, entre Alchimie et Raison, l’équilibre est fragile. D’autant plus quand la monarchie et ses partisans sont chassés et menacés de trahison.

H. Laymore joue avec l’Histoire pour nous planter un décor aussi sombre que noir, dans une France en proie à la division entre régime monarchique et république. L’auteur nous plonge dans la période de la Terreur, où les affrontements entre Royalistes et Républicains se font monnaie courante et surtout, avec cette volonté de voir disparaître l’Eglise corrompue de l’époque. C’est donc autour de cette période historique que prend place l’aventure de Laurent d’Orléac, un Hussard de la mort, chargé de veiller à la protection de la population et surtout à l’utilisation des pratiques alchimistes.

Par extension, Royalistes contre Républicains nous conduit, dans ce premier opus, à une opposition entre Eglise et Raison. Dès lors, les lieux de cultes chrétiens sont détruits ou réappropriés par le Temple de la Raison. Ce roman nous offre une deuxième opposition qui est celle entre la Raison et les Alchimistes. Difficile en effet d’allier raison et magie. Ainsi, ce premier tome est riche en confrontation, aussi bien entre entités que plus concrètement avec des combats, très bien décrits par ailleurs.

Parlons désormais davantage de l’aspect technique. Le roman est construit d’une manière bien complexe, qui, en plus de nous prouver le talent certain de l’auteur, aura tendance à nous perdre un peu au début. Lyon des Cendres est le genre de roman qu’il faut lire entièrement concentré, pour ne surtout pas perdre le fil, sous peine de ne plus rien saisir. Pour ne rien arranger à la complexité du récit, H. Laymore prend le parti de nous conter l’histoire avec différents personnages, différents lieux, nous obligeant d’autant plus à bien suivre le déroulement, sans une minute d’inattention. Ce n’est donc pas seulement Laurent d’Orléac que nous suivons, mais bien d’autres protagonistes également. Par ailleurs, si les noms peuvent nous sembler un peu indigestes au début, on s’habitue plutôt rapidement à ces changements de point de vue.

Et qu’en est-il du style H. Laymore ? Complexe, riche, travaillé, détaillé… Une plume assurément délectable pour les amoureux de la langue française, où les dialogues sont aussi vifs que piquants. Lyon des Cendres est un roman pluriel, étoffé, à l’intrigue généreuse. Un roman destiné à un public d’adulte averti en matière de littérature, plutôt destiné donc aux grands lecteurs.

En bref : 

Un premier opus dévastateur, aussi bien dans son intrigue incroyable d’originalité que dans le décor historique immersif. H. Laymore nous propulse dans une dark fantasy passionnante, travaillée et complexe. Destiné aux grands lecteurs !

**Service de presse, via Simplement Pro

Chernobyl – Mini série

Date de sortie : 2019
Diffusée sur : HBO
Genres : Drame / Historique
Saison : 1 (terminée)
Synopsis : 26 avril 1986, l’histoire vraie de la pire catastrophe causée par l’homme et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver l’Europe du drame. L’explosion d’un réacteur à la centrale nucléaire de Chernobyl, en Ukraine, a de terribles conséquences aussi bien sur le personnel de l’usine, que sur les équipes de secours, la population et l’environnement.

Notation :

Avis :

Chernobyl est une mini-série TV diffusée par HBO, une mini-série monstrueuse qui nous expose la vérité avec toute sa cruauté brute. À vrai dire, je n’ai pas grand chose à dire sur cette série, il me semble qu’il faut la voir pour le croire. Ce que je dirai c’est qu’elle nous présente la réalité des événements de Chernobyl qui ont fait tant de morts. On a, par ailleurs, la version de l’Union Soviétique, ce qui me paraît assez inédit. D’autant plus que nous sommes proches d’un biopic, puisque ce serait la véritable histoire du scientifique, le personnage principal dirons-nous, de la série.

Ce que j’ai trouvé très intéressant, donc, est le point de vue développé. Nous sommes enfin au cœur du désastre aussi bien humain qu’écologique, avec son hypocrisie et ces décès… On se perd dans la vie de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui mourront, à cause de la folie de quelques hommes.

La fin de la série s’achève sur un épilogue écrit, nous expliquant ce qu’il est advenu de ce scientifique, mais également de Chernobyl et de ses habitants, en général, ou ceux sur lesquels la série s’attarde. L’information qui m’a le plus ébahie concerne le nombre de morts reconnu par l’Union Soviétique, seulement 31, quand les estimations en comptent des milliers, voire des dizaines de milliers.

En bref :

Une série à voir, pour ne pas oublier, ne jamais oublier tous ces gens morts à cause des mensonges de quelques uns… « Quel est le prix des mensonges ? »

Britannia – Saison 01

Date de sortie : 2018
Diffusée sur : Amazon Prime Video
Genres : Fantastique / Historique
Saison : 1 (en cours)
Synopsis : 43 ans après J.C., l’invasion romaine de ce qui va devenir le Grande-Bretagne. L’armée impériale romaine retourne écraser la Britannia, un territoire mystérieux tenu par de sauvages guerriers et de puissants druides.

Notation :

Avis : 

Entre magie et obscurité, froid et glace, forêt et village, se cache Britannia. Une série qui laisse un drôle d’arrière goût difficilement identifiable. Entre le pas-assez-du-tout, et le trop-un-peu-flou. Et de quoi ça parle ? De Britannia, aux temps anciens, au moment où les romains décident de s’attaquer de nouveau à cette terre pour faire plier ce village d’irréductible gau… ah non ! Bref, vous aurez saisi le concept.

Objectif : Prendre possession de Britannia. Par quel moyen ? Tous sont bons pourrait-on dire. Comme faire de multiples alliances, jouer un double jeu, manipuler et pourquoi pas, faire un voyage aux enfers. Oui, oui, vous avez bien lu. Pas ou peu d’actions, mais du fantastique un peu brumeux sera au rendez-vous. Des druides, des incantations, des dieux… Une magie étrange et mystique, qui pue parfois la crasse et la luxure.

Et si cette ambiance un peu flou, un peu entêtante, voire évanouissante, est plutôt intéressante, il n’en reste pas moins que cette première saison manque d’actions. Si bien qu’on ressort parfois de certains épisodes avec une sensation de vide, se demandant à juste titre ce qui s’est finalement passé durant ces quarante cinq minutes. En revanche, l’aspect historique est extrêmement bien mis en scène, que ce soit dans les costumes, les décors ou le jeu des acteurs.

En bref :

Une première saison un peu étrange, à l’ambiance particulièrement étourdissante qui nous laisse finalement sur une note de j’en-ai-pas-eu-assez et j’en-veux-encore-plus. À voir !

Chicago Requiem

Un roman. Une histoire. Une saga. Une épopée. Une aventure. Une tragédie. Un drame. Une famille. Je vous parle d’un récit théâtralement mené : Chicago Requiem de Carine Foulon.

Résumé : Chicago, années folles…
Sur la scène d’une ville en proie à la corruption, acteurs et gangsters se côtoient.
William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. Il aide son épouse, Susan, à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition.
La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone.
Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.


Avis :

Mention spéciale à la couverture et au résumé, qui donnent le ton du roman. J’aime beaucoup l’utilisation du champ lexical du théâtre, et je salue une plume travaillée, et élégante.

Un thriller passionnel…
Le cul entre deux chaises, ai-je pu lire. Vraiment ? Entre polar et romance, le cœur balance ? Pourtant, le genre est clair. Limpide même. Nous avons clairement là un thriller passionnel, aux allures de tragi-comédie où le burlesque se transforme en cynisme dégingandé. Une famille, en proie à moult événements, parfois désastreux, tragiques, et d’autres, heureux, voire même enchanteurs. Il faut avouer néanmoins, que nous apprécions davantage le « tragi » comparé au « comédie », ce qui n’enlève rien au ridicule inconvenant de certaines situations. William, riche et beau, bien qu’un peu gringalet selon les uns, épouse Susan, belle mais actrice. Un emploi pour le moins impudent selon les autres. Le roman se confond dans les personnages, pour finalement, ne tourner qu’autour de ces deux êtres qui représentent l’amour ravageur et brutal. Qui, d’ailleurs, a parlé de romance ? Nous sommes-là dans le romantisme à l’état pur. Ces drames romantiques du XIXè siècle, illustrés par des personnages de rangs sociaux différents et qui se retrouvent déchirés par leur passion. Pour citer Victor Hugo dans Hernani « La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, mais elle vient. » et c’est bien l’essence même de ce roman.

Un « il » entraînant…
La première chose qui m’a marquée dans ce roman, outre la multitude de personnages qui rendent l’entrée en matière plutôt laborieuse, est ce « il » incontinent. Il est admis, en général, que le « je » permet davantage de s’imprégner dans l’histoire, comme si nous en étions nous-même l’acteur. Carine Foulon prend, elle, le parti logique et finalement évident, de nous rendre spectateur de ce drame romantique qui se joue sous nos yeux. Passé les trois coups, nous voilà emporté par un torrent d’émotions qui, loin d’être amoindries, sont renforcées par ce « il » impersonnel mais si descriptif qu’il rend notre vision des événements palpables et vives, comme si nous assistions véritablement à cette levée de rideau.

Un roman historique…
Chicago, ville corrompu par les miafioso, et terrain privilégié de la pègre. Chicago, territoire du terrible Al Capone… Un lieu tout particulier pour le théâtre des Henderson. Carine Foulon nous emmène à sa suite dans ce milieu obscur, sans pour autant nous en dire trop, laissant notre imagination faire le reste. Elle pose le décor et nous invite à rêver. Malheureusement, c’est peut-être là qu’il aurait fallu pousser un peu. Nous installer davantage dans cette ville, nous raconter davantage son histoire. Pas de mentions aux années folles en elle-même, la situation politique, économique… Ou si peu. Je le déplore, même si Chicago Requiem n’en reste pas moins un roman historique, qui nous emmène en plein cœur du XXè siècle, aux côtés de la bourgeoisie et de ses débordements… Le « corruption et prohibition » du résumé, n’est, à mon sens, pas assez développé, ce qui aurait pu donner une dimension encore plus réaliste à ce récit.

Au final, un roman très différent de ce que l’on trouve habituellement. Chicago Requiem est un excellent cru, qui aurait gagné en goût s’il avait assombri un peu sa robe. Mais c’est bien là le seul reproche que je peux lui faire… À découvrir !

Les Roses et les Oranges : Le secret de Warcliffe

Entre récit de vie et amours passionnels, je me suis lancée dans un roman palpitant. Je vous parle des Roses et des Oranges : Le secret de Warcliffe de Francine Godin-Savary.

Résumé : Quelques années après le suicide de Peter, de nombreuses épreuves viennent encore frapper le domaine de Warcliffe. Entre deux pertes irréparables et un secret pesant, Paul, Stephan, Larry, leurs frères, soeurs et amis vont être mis à rude épreuve. Mais parfois, de situations qui paraissent désespérées, naissent un bonheur inattendu.
 » Le secret de Warcliffe » est une palpitante saga familiale dans la lignée de  » La splendeur des Amberson » et  » Des gens de Mogador ».

 


Avis :

Un roman pluriel…
Littérature générale, homo-romance, polyamour, ou encore saga familiale, ce roman est multiple et d’une richesse incroyable. Et si au début de ma lecture, j’appréhendais sa découverte, mes doutes se sont rapidement évaporés pour laisser place à une flopée d’émotions, aussi frappantes qu’étourdissantes. Dans ce roman, Francine Godin-Savary nous met face à des réalités qui restent camouflées derrière des couches de rideaux opaques. Doucement, avec délicatesse et élégance, elle nous livre les secrets que cache le domaine de Warcliffe. Avec sensibilité et tact, elle nous expose ces moments de vie, parfois difficiles, parfois magiques. Elle nous raconte ce qui se passe derrière les lourdes portes de Warcliffe… Les Roses et les Oranges parle de bien des sujets, allant de l’homosexualité, l’acceptation de soi, les sentiments coupables, au deuil et l’amour fraternel. Perdue dans le XXè siècle, j’ai évolué aux côtés de ces personnages, à travers leur faiblesse, leur peur et leur détresse. J’ai évolué avec eux dans les nouvelles délicates, dans les erreurs innommables et les non-dits assourdissants. Un roman pluriel et terriblement vivant !

Une sacrée galerie de personnages…
Ce qui m’a fait peur au début de ma lecture était tous ces noms, tous ces surnoms, et tous ces prénoms… Je me suis vue, un instant, complètement étouffée sous une avalanche de personnages dont je ne connaissais rien. Puis, après plusieurs lectures de la présentation de ceux-ci et une tranquille avancée dans le roman, j’ai finalement assimilé tous les protagonistes. Et j’ai découvert Paul, Raphaël, Larry, Stephan, Michaël, Pierre et bien d’autres… Ce qui est le plus fascinant dans cette galerie de personnages est la consistance qu’a réussi à donner l’auteur à chacun d’entre eux. On aurait pu croire que leur multiplicité aurait rendu leur existence délicate, mais force est de constater que bien au contraire, ils sont tous tangibles, à la fois dans leur description physique que dans leur état émotionnel et psychologique. À partir de là, il n’y a plus de doute possible quant à la qualité de ce récit, aussi prenant au niveau de l’intrigue que de ses protagonistes. Francine Godin-Savary réussit à nous faire passer par mille et une émotions aux côtés de ses personnages. On se ronge les sangs, on appréhende, on s’attriste, on ne comprend pas, puis on secoue la tête, impuissant. On sourit, parfois, puis on essaie d’oublier, et, à l’image des protagonistes, on tourne la page pour avancer…

Le style Francine Godin-Savary…
Je pense qu’un autre élément fondamental de ce roman est à souligner. En effet, en plus de cette histoire palpitante et de ces personnages fascinants, le style de Francine Godin-Savary joue un rôle massif dans le déploiement de ce récit, lui donnant son aspect palpable et si mémorable. Des phrases longues ponctuées de dialogues incandescents, soulignées par un vocabulaire recherché et collant parfaitement à l’époque, l’auteur s’amuse avec les mots, faisant de cette histoire, un roman enchanteur. J’ai eu l’impression de retrouver ce style propre aux auteurs classiques, que j’ai tant étudié au lycée. Un style presque traditionnel, qui nous plonge dans le monde anglo-saxon au XXè siècle.

Au final, un roman passionnant sous le signe de la différence à une époque où celle-ci est difficile à accepter. Je vous le conseille vivement !

Flower of Scotland, la liberté en héritage – tome 1 : L’héritière

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Dernière lecture du prix, je vous parle d’un roman qui aurait davantage trouvé sa place dans la catégorie Imaginaire qu’en Réalisme : Flower of Scotland de Sophie Damge.

Résumé : A l’aube de fêter ses sept cents ans, la Fondation Wallace, créée en l’honneur de William Wallace, est menacée de tomber entre les mains de la mafia irlandaise.
Seule l’héritière légitime du Clan Wallace peut encore préserver son existence et ainsi lui permettre de continuer à œuvrer pour la Liberté à travers le monde.
Leena Normand voit sa vie basculer lorsqu’elle découvre qu’elle est cette héritière.
Commence alors pour elle une quête improbable et périlleuse qui la conduira sur les traces de son valeureux ancêtre, à travers l’Ecosse et son Histoire.
Pour sauver la Fondation et découvrir ses racines, il lui faudra affronter ses ennemis et surmonter bien des épreuves. Elle trouvera en chemin une aide inattendue, celle de… Sir William « Braveheart » Wallace.


Avis :

Entre fantastique, histoire et aventure…
Ce roman, que j’appréhendais un peu, s’est révélé être une belle surprise, bien que sa place dans la catégorie Réalisme du prix soit discutable. En effet, si l’aspect historique qui lui donne accès à la catégorie est bien mené, il n’en est pas moins que le fantastique et l’aventure sont très présents dans ce roman. C’est ainsi que, à mon sens, malgré une qualité littéraire certaine, cet ouvrage n’avait rien à faire dans cette catégorie. Outre cet élément, fondamental tout de même, nous avons là un roman multiple et pluriel qui nous transporte entre fantastique, histoire et aventure. Leena est une jeune femme incertaine, mais combative, forte d’une ambition à toute épreuve et qui sera entraînée dans une aventure sans précédent, parsemée de rêves fantastiques, où nous en apprendrons plus sur l’histoire d’un certain William Wallace. Sophie Damge mêle avec brio ces trois genres littéraires pour nous emmener dans son imaginaire.

Une mise en bouche…
Ce premier tome reste néanmoins bien léger en péripéties. En effet, on peut le qualifier d’introductif, de mise en bouche, pour poser les personnages et le décor. Appréciant lorsqu’on rentre rapidement dans le vif du sujet, j’ai trouvé le temps long au début. Sophie Damge prend le temps de poser ses protagonistes, les installer dans une vie sociale, leur tisser un passif, des relations… Et même si c’est fondamental pour la suite, j’ai tout de même subit quelques longueurs. Je suppose donc que le tome 2 est bien plus riche en aventure et action que ce premier tome qui reste, à mon sens, un petit amuse-gueule. Un apéritif avant le festin.

Les décors…
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce roman, plus que l’aventure de Leena et ses compagnons, c’est bien la richesse des décors et surtout la manière dont l’auteur nous décrit ceux-ci. Je me suis laissée bercer par Londres, par Edimbourg… Je me suis laissée entraîner à travers Hyde Park, et la Old Town d’Edimbourg. J’ai adoré ces descriptions si vivaces, si vraies. Et évidemment, j’ajouterai les explications historiques qui ajoutent une plus-value non négligeable à ce roman passionnant ! Mais, tout de même, qui reste un peu adolescent pour moi, sans doute du fait du jeune âge des protagonistes, qui semblent être dans la vingtaine. Cet état de fait est d’ailleurs accentué par la plume simple de Sophie Damge, qui reste donc très accessible à un public plus jeune.

Au final, un roman trépidant, qui mêle fantastique, histoire et aventure. Une belle découverte qui reste ternie par sa place discutable dans la catégorie Réalisme du prix… Dommage !

Aztèques – tome 1 : Harem

Ce roman concourt au prix du Cercle anonyme de la littérature.


Pour un voyage en plein cœur d’un civilisation disparue, le premier tome d’Aztèques fut une très belle découverte, entre angoisse et Histoire.

Résumé : Huaxca, 1516
Une attaque des Aztèques,
Une fille de chef vendue comme esclave dans un harem.
Sur sa route, intrigues, manipulations et meurtres.
Une course effrénée vers le pouvoir.
Des femmes qui se servent d’elle,
Qui jouent avec sa vie,
Pour séduire un Maître mystérieux et sans pitié.
La mort peut frapper derrière chaque porte.
Mais au-delà de ces épreuves, une question se pose : existe-t-il une cage assez grande pour la fille de l’aigle ?


Avis :

Une civilisation disparue…
Les Aztèques, les Mayas… ce sont des civilisations dont on entend peu parler dans la littérature alors c’est un véritable plaisir de pouvoir en apprendre davantage sur eux, à travers un récit fictif plein d’aventures. D’autant qu’Eric Costa nous livre un récit historique proche de la réalité nous permettant de découvrir ses sources à la fin de ce premier tome. Ce roman nous entraîne donc à la découverte d’une civilisation disparue : les Aztèques. J’avoue ne pas avoir lu beaucoup de choses sur le sujet, mais je connais évidemment cet aspect de cette culture : les harems. Les concubines, les épouses, et les esclaves… Dans cette civilisation, tout doit être à sa place. Rien ne doit dépasser, aucune exception n’est permise sous peine de sanctions. Et pourtant… Et pourtant, Ameyal, jeune femme farouche, est bien décidée à mettre à mal l’ordre établi, se joignant (malgré elle ?) aux intrigues du harem. Eric Costa nous expose les coutumes, traditions, les ustensiles, les plats, tout un tas d’éléments qui peuvent paraître insignifiants mais qui finalement, donnent une véritable consistance à ce récit, et un fort potentiel pédagogique, en un sens.

Un récit haletant…
Si l’univers des Aztèques est passionnant, c’est l’intrigue du roman qui m’a plu. Ameyal est une jeune femme bien décidée à retrouver sa liberté, et elle va s’y prendre de différentes façons. Et nous voilà alors plongé en plein cœur des complots et trahisons, des secrets et mensonges d’un harem. On dit souvent que les femmes sont cruelles, manipulatrices, eh bien, ce récit donne raison à ces qualificatifs. Ameyal se laisse glisser dans ces intrigues, si bien qu’on en vient à angoisser à chaque instant. Va-t-elle se faire prendre ? Qu’est-ce qui l’attend à la fin de la journée ? Bref, j’ai été en tension assez régulièrement, me demandant ce qu’allait devenir cette héroïne au caractère bien trempé. Dans ce récit, les femmes sont clairement mises en avant : pour le meilleur mais surtout pour le pire. On retrouve alors des femmes vindicatives, manipulatrices, égoïstes, mais aussi, des femmes douces, intelligentes, et protectrices. Le contraste est d’ailleurs assez frappant quand on prend un peu de hauteur.

Au final, un roman très agréable à lire, peut-être un peu court (j’en aurai voulu plus), mais qui nous invite à la découverte d’une civilisation disparue…

Pentagon Papers

Après avoir vu une bande-annonce excellente, je suis allée voir Pentagon Papers et j’avoue avoir été légèrement déçue. Mais, globalement, j’ai passé un bon moment.

Synopsis : Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Une réalisation immersive…
Je salue une réalisation pour le moins immersive. J’ai adoré retrouvé le décor de l’époque, les vêtements, les lieux, les comportements… Les personnages également ont une force de réalisme qui m’a épatée. Ce caractère rend le film exceptionnel et addictif. En plus de l’enrobage, ce qui se cache à l’intérieur du paquet est aussi de qualité. La pression de l’Etat est forte et ce film rappelle des thématiques très fortes et intéressantes : la liberté de la presse par exemple, ou encore les mensonges de l’Etat, la guerre… Toutes ces thématiques sont superbement illustrées et c’est un point très plaisant. Néanmoins, si la bande-annonce révèle une tension pesante, le film en lui-même reste assez lent.

Un film lent…
Quand je prends un peu de recul, je me dis qu’il ne se passe pas grand chose. Ils trouvent les documents, et font leur recherche. Nous avons toute une réflexion avec la responsable du journal si elle doit oui ou non publier. Et finalement, si dans la bande-annonce, elle semble beaucoup hésiter. Elle semble tirailler, puis accepter la publication d’une manière presque grandiloquente. Dans le film complet, il n’en est rien. Tout est lent, ça traîne et la responsable accepte d’une façon presque « trop facile ». Je n’ai eu l’impression de ne voir que défiler des soirées mondaines de bourgeois. C’est quand vient la fin que l’on sent un peu de mouvement. Une fin très intéressante d’ailleurs !

Au final, Pentagon Papers est un bon film, même si l’ensemble m’a paru assez lent. Je vous le recommande tout de même !