Late Night – Nisha Ganatra

Titre original : Late Night
Durée : 1h43
Réalisateur : Nisha Ganatra
Date de sortie : 21 août 2019
Genre : Comédie
Synopsis : Une célèbre présentatrice de « late show » sur le déclin est contrainte d’embaucher une femme d’origine indienne, Molly, au sein de son équipe d’auteurs.
Ces deux femmes que tout oppose, leur culture et leur génération, vont faire des étincelles et revitaliser l’émission.

Notation :

Avis :

Pas satisfaite de son équipe de rédaction, une humoriste et présentatrice de show télévisé demande à ce qu’une femme soit embauchée. Molly vient donc remplir le quota ethnique et genré de la rédaction. Mais voilà, il semblerait que les idées de la jeune femme fasse mouche, permettant peut-être d’éviter l’évincement de la grande Katherine.

Très bon film que voilà, découvert, je l’avoue, un peu par hasard. Late Night est une comédie avec la femme placée au premier plan. Féminisme mal placé ? Comme cela arrive de façon récurrente dans les nouveautés. Ici, ce n’est pas du tout le cas. Tout en élégance, le thème de l’affirmation des femmes est mis en avant, avec en filigrane un humour plutôt fin. Deux entités s’opposent, provoquant un contraste intéressant. On a Katherine, blanche, riche, la cinquantaine bien entamée. Et d’un autre côté, Molly, d’origine indienne, modeste et plutôt jeune.

Si la thématique de la jeune femme issue d’une minorité est bien amenée, avec force d’humour, ce n’est pas tant sur cela que la femme prend toute sa place. C’est bien au sujet de Katherine, avec sa difficulté face aux changements, son incompréhension du monde moderne, et puis finalement, son émancipation des règles, des normes… Sa volonté de sortir du moule et de se servir de ce qui fait d’elle son identité pour s’affirmer, en tant que femme, certes, mais également dans son métier, menacé par un homme misogyne.

Vous l’aurez compris, Late Night est un très bon film sur l’émancipation féminine et le succès dans un métier souvent dominé par les hommes. Un merveilleux message est donc transmis à qui saura le réceptionner. Terminons cet avis en saluant la prestation de la grandiose Emma Thompson, qui avait déjà pu nous charmer dans My Lady, et qui aura terminer de nous convaincre quant à son talent ici.

En bref :

Une très bonne comédie, légère, qui traite néanmoins du thème fort de l’émancipation féminine. Dans l’ère du temps, un film à voir !

Miracle Workers – Saison 01

Date de sortie : 2019
Diffusée sur : Warner TV
Genres : Comédie / Fantastique
Saison : 1 (en cours)
Synopsis : Craig, un ange du bas de l’échelle, est chargé de réceptionner toutes les prières de l’humanité, pour laisser à Dieu le temps de s’adonner à ses loisirs. Pour éviter la destruction de la Terre, il va devoir – aidé de sa collègue Eliza – accomplir son plus grand miracle en rapprochant deux humains, Laura et Sam.

Notation :

Avis :

Imaginez-vous à quoi ressemblerait la grande machinerie de Dieu ? Comment les voyez-vous, là-haut ? Certainement pas comme nous le propose cette série comique… Aussi originale que fraîche, Miracle Workers est une série pleine de surprise.

Tout commence par une mention spéciale à l’univers lui-même dans lequel on se perd avec plaisir et curiosité. Rappelant le film d’animation Vice Versa, on se demande ce qu’ils peuvent bien faire dans le département des Mammouths ou même dans celui des organes génitaux. Dommage, donc, qu’on ne puisse pas en voir plus, quant à ce décor qui reste tout de même plutôt mystérieux. Il faut dire que le format de 20 minutes des épisodes n’aide pas à approfondir cet aspect.

Outre ce monde passionnant et original, la comédie en elle-même, et l’intrigue donc, ne sont pas en reste. Bien au contraire, on suit une histoire bien ficelée, tout au long de ces 7 épisodes. Dans l’objectif de sauver la Terre, prête à exploser dans 14 jours, si le défi n’est pas remporté. Et quel défi ! Faire en sorte que deux âmes amoureuses mais d’une timidité maladives s’embrassent finalement. Dès lors, on va camper le plus clair du temps au département des prières avec Craig, un névrosé solitaire (interprété par notre cher Daniel Radcliffe) et Eliza, une jeune femme pleine d’ambitions (joué par Geraldine Viswanathan, notamment vu dans le film un peu fou de Netflix Le Paquet).

Par ailleurs, les personnages ont une grande importance dans cette comédie, puisqu’en dehors de l’univers, c’est bien dans leur caractère qu’ils vont nous faire passer un très bon moment. Entre Craig et ses tics, Eliza et sa folie des grandeurs, ou encore Dieu et son manque total de maturité… Décidément, une bonne saison 1 malgré ces malheureux 7 petits épisodes. On notera que la saison 2 verra les acteurs changer totalement de rôle, faisant de cette série une série anthologique, à l’image d’American Horror Story ou The Terror.

En bref :

Finalement, on a là une très bonne comédie flanquée d’un univers original et passionnant, accompagné de personnages rocambolesques. Une première saison à voir, malgré sa petitesse.

Superior Donuts

Une comédie américaine fraîche et drôle, je vous parle de Superior Donuts, qui malheureusement se voit annulée…

Synopsis : Les relations entre un vendeur de donuts, son nouvel employé et leurs patrons dans un quartier de Chicago en voie d’embourgeoisement.

Avis :

Drôle et délicieux…
À la recherche d’une série détente pour ne penser à rien d’autre que relâcher la pression, je suis tombée sur cette série. Et si j’hésitai un peu avant de me lancer, le superbe donut a achevé de me convaincre. Je me suis donc lancée, avec comme objectif : passer un bon moment en ne pensant à rien. Et quelle réussite ! Cette série est drôle, fraîche et j’ajouterai terriblement tentatrice et délicieuse. C’est donc, aussi bien un régal pour les yeux que pour les papilles qui ne font que hurler qu’elles aussi, veulent goûter à ces merveilleux donuts. D’ailleurs, dans la série, le donut coûte 0.85 dollars, ce qui après conversion donne : 73 centimes. Des donuts à ce prix là j’en mange tous les jours !

Révélateur de vérités…
Mais outre l’humour bien présent, cette série a également le mérite de mettre en avant des réalités difficiles présentes aux Etats-Unis et plus particulièrement à Chicago. Le racisme, la discrimination, la pauvreté et le phénomène de la gentrification… Nous sommes embarqués dans le quotidien d’un jeune noir, d’une jeune latina, d’un iranien, et même de la police de Chicago. Tout ça confronté à la vie de l’homme blanc et les contrastes sont effarants ! C’est ainsi que sous des aires de comédie burlesque, cette série nous expose des réalités dramatiques sur la différence de traitement entre les personnes, selon leur couleur de peau, ou leur origine.

Au final, une série porteuse de sujets bien plus intéressants que ce qu’elle peut bien montrer. Pour passer un bon moment, entre rire et donuts, vous êtes au bon endroit !

Ma vie de Courgette

Sorti en 2016, durant à peine 1h, Ma vie de Courgette est un long-métrage que tous les enfants devraient voir. Pour apprendre l’humilité et le pouvoir de l’amitié… 

Synopsis : Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.

Avis :

Entre lumière et ténèbres…
Ma vie de Courgette a un titre un peu trompeur. On pourrait se croire dans un dessin-animé humoristique, alors qu’on en est loin. Entre amitié et difficulté, entre réalité et rêve, Ma vie de Courgette c’est non pas la vie d’un seul enfant mais celle de bien d’autres aussi. Perdus entre lumière et ténèbres, rejetés, et laissés presque à l’abandon, ils découvriront qu’ils peuvent encore être aimés. Et ça, ça n’a pas de prix ! Ce qui était le plus dur dans ce film n’était pas l’histoire de chaque enfant mais bien leur détresse dans la solitude de leur problème. Ma vie de Courgette c’est une bande d’amis, qui bien que déjà ravagés par la vie, vont s’accrocher, s’aider et enfin vivre, le sourire aux lèvres. Une vraie leçon d’humilité !

Une animation époustouflante…
Comme vous pouvez déjà en avoir un aperçu, l’animation est particulière. Singulière, oserai-je même et c’est loin d’être péjoratif. Cette animation est enfantine et provoque un sacré contraste avec le thème difficile de la solitude, de l’orphelinat, du manque des parents… Comme fait à la pâte à modeler, un des jeux des enfants, ces dessins sont empreints d’une douceur et d’une lenteur qui nous entraîne dans un état de tristesse douloureux quand vient les moments de détresse.

Après Parvana, Ma vie de Courgette se révèle doux et difficile, porteur de thématique fondamentale comme l’amitié et la solidarité. À voir avec vos enfants !

Young Sheldon

En fervente spectatrice de la série The Big Bang Theory, dont je suis en train d’achever la saison 11, je me suis lancée dans le spin off consacré à l’enfance du brillant Sheldon : Young Sheldon.

Synopsis : Dans ce prequel de The Big Bang Theory centré sur la jeunesse de Sheldon Cooper, le jeune prodige, doué d’une intelligence sans pareil pour les sciences et les mathématiques, apprend à ses dépens que ces qualités ne sont pas d’une grande aide dans l’est du Texas, où l’Eglise et le football sont rois. Très vite, sa différence impacte les membres de sa famille. Et lorsqu’il intègre, à l’âge de 9 ans, le lycée, le jeune garçon, vulnérable et naïf, va devoir faire face au monde qui l’entoure.

Avis :

Un spin off instructif…
C’est avec une certaine appréhension que je me suis lancée dans cette série. Appréciant particulièrement le côté « pop culture » assumé de la série, j’avais peur de la perdre totalement dans ce spin off, et j’avais presque raison. Du moins, ma déception est bien amoindrie, car j’ai finalement pu trouver autre chose. En effet, ce spin off se révèle être fort instructif sur l’origine de certaines manies du brave Sheldon : le pourquoi des contrats par exemple. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est découvrir l’évolution de ce personnage, plutôt atypique une fois adulte, mais terriblement mignon et intéressant lorsqu’il était enfant.

Une comédie familiale…
Ainsi, j’ai dévoré cette première saison, comme je dévore le pot de pâte à spéculos. Néanmoins, loin de s’adresser à un public « geek », bien que The Big Bang Theory brasse un public très large, cette série se positionne vers un public familial, le contexte lui-même s’y prêtant. Sheldon est entourée de sa famille, une famille atypique aussi. Un père coach, un frère un peu stupide, une sœur cynique à faire peur, une mère religieuse et têtue et une grand-mère perchée, cette famille est passionnante et évidemment, terriblement drôle. Si vous cherchez une série à regarder pour vous détendre, en famille ou seul, Young Sheldon est celle qu’il vous faut !

Au final, une série familiale drôle et instructive sur l’enfance de Sheldon. Une série « détente » à consommer sans modération !

Bye Bye Bollywood

J’ai donc lu (dévoré ?) Bye Bye Bollywood de Hélène Couturier qui a d’ailleurs dédicacé l’exemplaire que j’ai reçu. Une dédicace personnalisée, ça fait très plaisir. Ce roman a été un bonheur, j’ai été dépaysée, et je replongerai bien pour un nouveau voyage !

Résumé : Quand ma mère nous a annoncé qu’on partait en vacances en Inde, ma sœur s’est direct imaginée en mode « Bollywood », façon princesse indienne. Plus mesurée, j’ai pensé que j’avais la meilleure maman du monde, ce qui n’arrive pas souvent. Puis j’ai compris qu’elle nous emmenait dans un ashram. Traduction : délire yoga-méditation, riz complet et partage des tâches ménagères ! Ça m’a anéantie. Et encore, j’ignorais qu’une fois là-bas, il n’y aurait pas de réseau et que le seul jeune de mon âge, Jésus, serait un matheux sans pitié. Mais…
… Comme le dit le proverbe indien : « Tant qu’il y a de l’amour, tout est possible » !

Vous avez compris la phrase de l’introduction ? « Je replongerai bien pour un nouveau voyage », une façon élégante et littéraire de lancer un appel au clavier à l’auteur. De façon plus abrupte, on peut dire aussi « Je veux une p****n de suiiiiiiiiite ! » Mais je suis loin d’être abrupte donc on préférera ma phrase introductive… *Petit clin d’œil*

L’histoire…
Allez, je vous raconte un peu l’intrigue de ce bijou. Nina est une adolescente comme toute adolescente qui se respecte. Elle a de l’acné et elle aspire à autres choses qu’avoir de bonnes notes à l’école. C’est vrai quoi, la vie c’est pas que ça ! Ah, et puis il y a Garance. Garance c’est sa petite sœur, elle est mignonne, mais qu’est-ce qu’elle peut être casse-pieds celle-là ! Une sœur quoi… Bon, et la maman. Sylvie et la méditation c’est toute une histoire. L’amour fou ! À la maison c’est un peu la guerre, les portes claques et les sœurs se plaignent, la routine quoi. Alors quand Sylvie revient les bras chargés de plats indiens, criant à torts et à travers qu’elle a une surprise, Garance et surexcitée. Nina ? Elle traîne des pieds et râle, une ado normale, quoi. Et là, la nouvelle tombe ! Un voyage en Inde ! Et pas n’importe où, dans un ashram, oui, oui, dans un ashram…
On va donc suivre l’évolution de Nina et toute sa petite famille dans une communauté de zénitude. Entre découverte, surprise et romance, un condensé de bonheur ! Le ton est donné, une comédie familiale dans une Inde pas vraiment du goût de tout le monde. On suit les pensées de Nina, une jeune fille en pleine puberté et qui a un avis sur tout. Le genre de personnage que j’adore. Elle pétille et rencontrera même l’amour, reste à savoir si ce sera avec un grand A…

L’Inde…
Outre que l’on suive les péripéties d’une bande d’adolescents, on est totalement immergé dans un pays inconnu. Je ne pense pas trop m’avancer en affirmant que très peu d’entre vous sont allés en Inde, donc on peut dire un pays « inconnu ». On en apprend sur l’aspect social et notamment leur système de classes, basé sur des castes. Les indiens sont divisés en plusieurs catégories, la plus basse sont les intouchables, la plus haute les Brahmanes ou prêtres. Ces habitants ne peuvent se marier qu’entre castes. Quel déshonore ce serait qu’un Brahmane se marie avec un intouchable. Même pas un déshonore, tout simplement impensable. On peut observer aussi les coutumes qui perdurent. Vous savez, ces traditions d’un autre âge qui consiste à marier son enfant à un bon parti, peu importe l’âge du parti en question d’ailleurs et pire encore de celui de l’enfant. En Inde, malgré le caractère dorénavant illégal, les parents n’hésitent pas à marier leur fille de 14 ans à un homme de 50 ans qui aura tous les droits sur elle. C’est un des problèmes dont traite cet ouvrage. Parce que derrière l’aspect léger du roman, Hélène Couturier met en lumière des réalités trop souvent oubliées. Des réalités que l’on cache, préférant les recouvrir d’un voile opaque.

Un personnage très important est également évoqué dans ce roman : Sampat Pal Devi. Vous la connaissez sûrement, c’est une véritable légende. Elle représente la justice en sari rose, et fait tout pour faire régner la loi dans un pays où les femmes sont trop souvent traitées comme des objets. Elle apparaît donc dans Bye Bye Bollywood. Je vous mets une photo d’elle avec en arrière plan son gang de sari rose.

Au final, Hélène Couturier nous peint une Inde criante de vérité, à travers le regard de jeunes occidentaux choqués par les agissements de certains habitants. Sous une plume légère et fluide, elle nous transporte avec bonheur en plein cœur d’un pays si différent, où Nina se découvrira elle, et les autres… Pour vous procurer ce roman, c’est par ici.

Service de presse envoyé par la maison d’édition