Vis – Céline Theeuws

Titre : Vis
Auteur : Céline Theeuws
Éditeur : auto-édition
Genre : Témoignage
Résumé : Maman, ton corps a tenté un coup d’éclat magistral en t’imposant ce cancer, mais n’aie pas peur, je suis là. Je te fais la promesse de redonner de la couleur à notre relation qui a fait grise mine trop longtemps.
Pour toi, je serai de tous les excès. L’action sera mon antidote, tes sourires mes plus belles largesses, la déraison la preuve de mon amour. S’il le faut, les pyramides d’Égypte prendront place en Sibérie, le cancer deviendra une île paradisiaque, le mont Fuji la dune du Pilat et la distance qui nous sépare un simple chemin de traverse.
Surtout, n’interprète pas ces lignes comme étant un ultime message.
Crois en ta guérison. Vis pour ne pas abréger notre amour.
C’est une autobiographie. C’est une catharsis.
C’est triste.
C’est surtout plein d’espoir.
Un jour, votre vie peut basculer.
Un jour, votre vie doit se condenser.
Un jour, vous apprenez ce qu’est réellement l’amour.
Le temps est précieux.
Concentrez-vous sur l’essentiel.
N’oubliez jamais de dire « Je t’aime ».
Je t’aime.
Prétextez la célébration de chaque instant comme une formidable occasion d’exister encore.
Parce que la vie vaut vraiment la peine d’être vécue.


Notation :

Avis :

C’est plus facile d’écrire que de parler. Alors, j’ai décidé d’écrire. De commencer sur le blog. De perpétuer mon ambition de vous permettre de découvrir des auteurs et leurs écrits, tout en me livrant. En livrant ma douleur, mon chagrin, mon déchirement, mais aussi ma volonté, mon besoin, ma nécessité de continuer à avancer.

Aujourd’hui je vais vous parler de Vis de Céline Theeuws, autrice que j’affectionne particulièrement, à la plume remarquable et saisissante. Céline Theeuws qui nous parle dans ce livre de sa maman, et du cancer dont elle a souffert : le cancer du pancréas. Si j’ai décidé de vous présenter ce texte, et de le lire certainement, c’est parce que papa est parti. Parti à cause de cette saloperie, qui a attaqué son pancréas et son corps tout entier. Je ne souhaite pas recevoir de condoléances, de « Je suis désolé » ou ces bons vieux « Courage ». Si j’écris, c’est par égoïsme. Si j’écris, c’est pour moi. Moi et moi seule.

Dans Vis, Céline Theeuws expose sa vision, ses sentiments. Elle nous parle du combat, et de toutes ces émotions qu’elle a ressenti. Elle nous livre son histoire, avec bravoure et détermination. Ce n’est pas un récit triste, c’est un récit fort. Un texte puissant et une ode à la vie. Parce que Victor Hugo le dit si bien : « Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. » Quand je n’ai pas les mots, j’utilise ceux des autres. Et ceux de Céline Theeuws prennent tout leur sens…

« Amélia,
Chaque minute, chaque seconde compte.
La vie est parfois dure.
La vie est parfois courte.
La vie est belle…
Pleine de surprise.
Pleine de belles rencontres. 
Souris chaque jour pour lui faire hommage. » 
– Céline Theeuws

Un texte reçut en dédicace lors du Salon du Livre de Paris de 2018. Un texte, qui, aujourd’hui, me touche en plein cœur. Parce que même si la douleur est là. Vivace. Omniprésente. Inéluctable. Même si je sais que plus rien ne sera comme avant. Même si je sais que le vide que je ressens dans mon cœur ne se comblera jamais… Je sais aussi que je lui dédierai chacun de mes pas, chacune de mes victoires. Parce que je l’aime, au delà des mots…

En bref :

« Un jour, j’ai vu briller son âme dans la profondeur de ses yeux. Son cœur me souriait… » – John Joos

Ceci n’est pas une banane

Ceci n’est pas une banane. Mais alors, qu’est-ce que c’est ? Une pomme ? Une poire ? Un légume ? Un morceau de viande ? Un amas de colère ? Un tas de détresse ? Je vous parle du dernier roman de Céline Theeuws, une sacrée claque !

Résumé : Sixtine, fraîchement arrivée à Paris pour vivre la vie d’une vraie Parisienne, va voir son rêve se briser. Ses nouveaux collègues vont faire d’elle leur souffre-douleur. Insultes et coups-bas vont devenir son lot quotidien, un message envoyé à son corps qui va doucement fondre, jusqu’à se laisser dépérir. Ses bourreaux resteront-ils impunis ? Aura-t-elle la force de se venger ? Une chose est sûre, sa vie changera à jamais…
C’est un roman.
Un roman épicé.
Assaisonné de jalousie.
Peint d’amertume, coloré et engagé.
Avec un doigt d’humour.
C’est l’histoire d’un corps qui va se désagréger face à la méchanceté.
L’histoire d’une femme qui va plier sous le poids du silence.
La réalité d’un corps.
Une réalité dérangeante.
Une histoire fondée sur des faits réels…


Avis :

Le harcèlement…
Victime. Bourreau. Témoin. Harceleur. Harcelé. Le harcèlement. Un gros mot pour certains, une notion lointaine pour d’autres, mais une réalité à coup sûr. Une réalité qu’on tente de banaliser, de réduire à l’état de jeu… Alors, que tout ceci est bien loin du compte. Que ce soit un harcèlement sexuel, un harcèlement de rue, un harcèlement scolaire ou encore un harcèlement au travail, peu importe sa forme, ce n’est pas un jeu. C’est grave. Dramatique. Et pire que tout, ça tue ! Céline Theeuws aurait pu simplement nous raconter l’histoire de Sixtine, mais elle a fait plus que ça. « Une histoire fondée sur des faits réels… » Elle a fait plus que ça, car elle s’est livrée. Indirectement. Assurément. Elle a joué de la plume, créé un personnage, exposé un récit, et captivé son lectorat. Dans ce roman, c’est le harcèlement moral au travail qui est mis en avant, sans trop en dire. Sans trop en faire. Avec justesse et application. Comment le cercle infernal se met en place… Destructeur. Mais fragile. Parce que même si ce texte est dur, présentant une réalité difficile, il est là, vivace, avec l’espoir, la lumière au bout du tunnel.

En deux temps…
Sixtine est une jeune femme lumineuse, passionnée, cultivée. Une de ses femmes que j’apprécierai beaucoup rencontrer. Elle se donne corps et âme à son travail, et s’oublie même totalement. Sur une phrase, sur un événement, sur un instant si fugace dans sa ligne du temps, Sixtine voit son quotidien prendre un autre tournant. Et le cycle commence. Elle s’effondre, sans vraiment prendre l’ampleur de sa chute. Elle perd pied. Semble disparaître doucement… C’est lorsqu’elle croise les yeux de sa mère que le déclic se fait. Que tout prend son sens. Qu’elle saisit que c’est le moment. Celui qui sera décisif. Le moment du changement. Ce roman se fait en deux temps. D’abord cette descente vers les bas-fonds, cette perte à tous les points de vue… Puis, cette remontée. Ce doigt d’honneur lancé à la vie et à ceux qui auront marqué la sienne durant un certain laps de temps.

Un style franc…
Retrouver le style de Céline Theeuws est un véritable plaisir. Incisif, percutant. Le phrasé de cette auteur est inoubliable et addictif. Des effets de style parcourent ce texte, appuyant sur certaines émotions, certains événements. Rendant ce récit d’autant plus prenant. Quand la plume est au service de l’intrigue… Ce roman en est le parfait exemple. Dans un français parfait, dans une syntaxe joliment maîtrisée et un orthographe impeccable, Céline Theeuws nous partage son style franc, passionné et passionnant !

Au final, c’est un roman que je vous conseille vivement, par sa qualité littéraire, mais également par son thème finement traité. À découvrir !

Je vous hais

Un style percutant pour un texte traitant d’une thématique actuelle et difficile, je vous parle d’une nouvelle passionnante : Je vous hais de Céline Theeuws.

Résumé : — Je ne vous aime guère.
— Pourquoi cela, très cher ?
— Je ne vous aime guère.
— En êtes-vous certain ?
— Absolument.
— Et vous avez pensé qu’il était nécessaire de m’en informer ?
— Évidemment.
C’est une nouvelle.
Très courte.
Une nouvelle qui traite du harcèlement moral.
C’est un dialogue, uniquement un dialogue.
Ce sont des non-dits.
C’est l’homme dans ce qu’il a de plus animal.
C’est une part de réalité et une part de rêve.
Le sujet est dur. Le ton assez formel. La réalité difficile.
Le rêve laisse ensuite place à un retournement de situation plus fantaisiste. L’arroseur est arrosé. L’arrosé devient plus audacieux.
Parce que, dans la vie, il faut parfois rêver pour tenir le coup.


Avis :

Un thème fort…
Lorsque j’ai commencé cette nouvelle, je ne m’attendais pas à une telle découverte. J’avoue ne pas avoir lu le résumé non plus. Pourquoi ? Je ne sais pas trop, peut-être pour me garder la surprise. C’est en lisant le résumé par la suite que je me dis que j’ai bien fait. Car la découverte n’en a été que plus belle. Cette nouvelle, écrite essentiellement en dialogue, nous expose une tare de nos sociétés riches, de nos pays développés, de ces sociétés gouvernées dans le paradigme de la liberté, des droits de l’homme et j’en passe des meilleures… Une tare que l’on retrouve de plus en plus. Prégnante. Envahissante. Le harcèlement. Ici, il est au travail. Ici, il est moral. Mais finalement, il peut être à l’école, dans la rue, et même ailleurs. Il peut être physique aussi. Bref, il est multiple et il est terriblement présent. Céline Theeuws nous expose un harcèlement au travail absurde. Presque rocambolesque. Elle le tourne en dérision, ce harcèlement. Elle fait une sorte de satyre. Tente aussi peut-être de démystifier ce phénomène récurrent. Et c’est une réussite.

Tourné en dérision…
Cette nouvelle m’a fait pensé au théâtre absurde que j’apprécie tant. Ce texte est construit en deux parties. Une première est dure. Difficile. Un peu absurde par moment, mais réel. Et la deuxième, comme le dit le résumé, c’est l’arroseur arrosé. Et celle-ci est terriblement tournée en dérision. J’ai adoré avoir une telle vision. C’est une façon originale, oserai-je dire, de traiter le sujet du harcèlement moral, au travail. C’est nouveau et ça fait du bien ! Le style de l’auteur m’a rappelé celui de Beckett, un de mes dramaturges préférés. Incisif, percutant, inoubliable, c’est une superbe plume que j’ai rencontré. Je suis donc impatiente de me plonger dans Vis.

Au final, une nouvelle qui traite d’un thème fort, avec un style saisissant et efficace ! C’est une merveilleuse découverte.