Le tatouage d’Amanda

S’inscrivant dans un univers plus vaste, j’ai pris grand plaisir à découvrir cette nouvelle. Je vous parle du Tatouage d’Amanda de Caroline Giraud.

Résumé : En haut des studios, Milian, mannequin célèbre, participe à une campagne contre les violences faites aux femmes.
Au pied des studios, dans une ruelle sombre, une jeune fille est sauvagement assassinée.
Mais personne ne s’en inquiète. Pourquoi ? Elle est tatouée. C’est une criminelle.
Personne ne la plaint. Personne, sauf Amanda.
Mais les criminels sont-ils toujours des monstres ?

Un univers plus vaste…
Caroline Giraud est une auteur que j’ai déjà pu lire avec Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi. C’est donc sans peur que je me suis lancée dans ce nouveau texte, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que cette nouvelle est en fait une sorte de spin off d’un roman de l’auteur ! Tout s’explique alors. Pendant ma lecture, même si j’ai fortement apprécié, je me suis posée bien des questions, essayant de mieux comprendre le drôle de décor, le drôle d’univers, les drôles de convenances qui sévissaient dans ce texte. Et finalement, en furetant sur le net j’ai découvert que cette nouvelle s’ancre dans l’univers de La loi de Gaïa. Imaginez ma tête quand j’ai lu le résumé de ce roman, et après ma lecture de cette nouvelle… Bah, maintenant je suis obsédée par la découverte de ce roman. Qu’à cela ne tienne, je vais d’abord poursuivre mon objectif de diminution de ma PAL, et ensuite… Je me régalerai !

Un style percutant…
Du coup, je ne sais pas trop comment écrire mon avis. Comme ce texte est court et finalement, assez détaillé et intéressant quand on connaît l’univers, j’ai peur de déraper et vous dévoiler l’intrigue. Donc, parlons du style de l’auteur. Ici encore, elle nous marque, nous percute de plein fouet avec sa plume incisive. C’est un texte émouvant. Déroutant aussi, un peu. Mais, mettant en avant des réflexions intéressantes. Parce que nous avons commis un crime une fois, n’avons-nous pas le droit à la rédemption ? Parce que j’ai tué, alors vous pouvez me tuer en retour sans aucune représailles ? Des thématiques intéressantes, passionnantes, et qui invitent à la discussion. Encore une merveilleuse découverte, signée Caroline Giraud !

Au final, une nouvelle bien menée, qui peut se lire sans soucis indépendamment de La loi de Gaïa, mais qui vous intriguera assurément, quitte à craquer pour le roman !


◊ Extrait ◊

Je n’ai pas l’habitude de voir des tatoués : ces esclaves. les survivants. Les monstres qui auraient dû mourir avec les autres, sous l’explosion nucléaire. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi il fallait les prendre comme esclaves. On peut bien se passer d’eux. Depuis des siècles, il n’y a plus d’esclaves. Là, ils reviennent.

Mais les anciens esclaves n’étaient pas ces monstres : les tatoués sont des criminels. Des hommes violents. Que dis-je ? Des hommes ? Non : des bêtes.

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Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi

Une nouvelle très actuelle, qui rappelle le mouvement des femmes et le #metoo, qui rappelle qu’aujourd’hui, enfin, la parole se libère. Je vous parle des étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi de Caroline Giraud.

Résumé : Alice, une jeune étudiante, va porter plainte à la police après quatre ans de cauchemars, de peur et de solitude. Mais c’est elle qui est coupable, dit-on : elle s’habille mal, elle est insouciante, elle est faible et elle se tait. Oui, c’est elle qui est coupable de son propre viol. Et elle l’a bien mérité.
Par un récit à reculons, Caroline Giraud montre les différentes façons dont une victime de viol va être accusée à tort, par la société, son agresseur mais aussi par ses proches.

Au cœur de l’actualité…
Ce texte a environ un an. Et on peut voir qu’après un an, les problèmes restent les mêmes. C’est bien la première chose qui m’a frappée après ma lecture. Alors que, enfin oserai-je dire, les langues se délient, les mêmes questions reviennent sur la table. Les mêmes remarques, les mêmes horreurs. La même phrase revient souvent, j’ai même tendance à la connaître par cœur. Dans les médias, on dit, on répète « le viol est le seul crime où la victime est considérée comme coupable ». Alors qu’elle se retrouve dans un immense sentiment de mal-être, alors que son état psychologique se dégrade, alors qu’elle s’enfonce dans la solitude et s’enferme de plus en plus, lorsqu’enfin elle décide de parler, on lui dit que tout est de sa faute. On lui dit qu’elle est la coupable ! Cette nouvelle vous expose ça. Avec des mots justes, des mots bien placés, des mots simples. Elle nous montre que dans les mentalités, encore aujourd’hui, la victime est la coupable et qu’il nous reste encore bien du chemin à faire…

Une histoire étouffante…
Si le récit est court, il n’en est pas moins intense. Ce texte est difficile. Difficile parce qu’il est réel. Réel parce qu’il expose une vérité. Une vérité que l’on préfère cacher. Oublier. Camoufler. Pourtant, elle est là. Parfois devant nous, mais on ferme les yeux. Cette nouvelle nous les ouvre ! Elle nous met devant le problème. Elle nous expose la vie d’une étudiante qui après des années de silence a décidé de parler. Mais l’accueil n’est pas celui escompté… Et puis, au fil des chapitres, on va remonter le temps aux côtés de cette jeune femme. On va assister à son calvaire. Les affrontements avec son entourage, leur détachement profondément choquant, et puis l’instant où tout a basculé. Plus on reprend le fil du passé, et plus nous étouffons devant son chagrin, sa détresse… Et une question revient sans cesse : « Et si c’était moi ? ». Et si c’était moi qui avait été là, ce jour-là ? Et si c’était moi qui avait subit ça ? Comment aurai-je réagit ? Quand même mon entourage me dit que ce n’est rien ? Quand même la police me dit que c’est ma faute ? Comment aurai-je réagit ?

La plume…
Et que dire de la plume de Caroline Giraud, qui dans sa simplicité, nous prend à la gorge. Elle nous raconte avec des mots justes, l’inénarrable. Elle nous expose dans un style fluide les pensées de son personnage. Ses questions, ses remises en causes. Et à cause de cette simplicité, j’ai étouffé. Étouffé car l’auteur a comme banalisé quelque chose d’effroyable. Elle l’a rendu normal, à travers cette plume. Pour nous frapper encore plus par l’horreur de ces événements. Caroline Giraud a un talent certain !

Au final, voilà une nouvelle qui est à lire. À lire et à faire lire. Parce que le viol est un crime et que les victimes SONT des victimes. Pour vous le procurer, c’est par ici.

Service de presse envoyé par l’auteur