Joker – Todd Phillips

Titre original : Joker
Durée : 2h02
Réalisateur : Todd Phillips
Date de sortie : 9 octobre 2019
Genre : Drame
Avertissement : Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des spectateurs (Interdit aux moins de 12 ans)
Synopsis : Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Notation :

Avis :

Arthur Fleck, clown et souffrant d’une psychose, est sans cesse rejeté par la société. Dès lors, il n’y a qu’un pas pour devenir le Joker…

C’est le film de cette fin d’année. Puissant. Dévastateur. Perturbant. Joker est un biopic, contant la descente aux enfers d’Arthur Fleck qui n’aurait jamais du souffrir… Un film qui remet toute sa dimension humaine au personnage connu de tous du Joker, ennemi juré de Batman. Un film qui déroute, qui secoue. Un film qui ne s’oublie pas.

Tout commence par la cruauté. Par la crasse. Par l’horreur et le désespoir. Puis de révélations en rencontres, Arthur Fleck se perd dans un ailleurs, où il n’est plus le souffre-douleur, mais plutôt l’étincelle d’où émergera la flamme de la révolution. Joker peint la descente vers la plus pure folie d’un homme brisé par la société, qui utilisera tous les moyens nécessaires pour s’en sortir, peu importe les conséquences.

Ce que j’ai adoré dans ce film c’est de nous obliger à porter un autre regard sur ce personnage clairement défini comme méchant dans l’univers de Batman. Pourtant, ici, on lui rend son humanité, et on en vient à se sentir mal, terriblement mal, coupable aussi, gêné, par ce qu’il a subi. Devant l’injustice, on en vient presque à comprendre son évolution et sourire avec lui.

Pour terminer, mention spéciale évidemment à la magistrale prestation de Joaquin Phoenix, qui a donné de lui aussi bien sur le plan physique (un corps décharné qui fait mal à regardé) que psychologique dans son appropriation du personnage.

En bref :

Un excellent film qui mérite amplement le tapage qu’il a suscité à sa sortie. Un film qui se veut sérieux, dérangeant et qui remet en question notre vision du Joker, nous prouvant une fois encore que tout n’est pas que noir ou blanc.

Loving

Une histoire sublime, un film de qualité qui m’a fait passer par tout un panel d’émotions, je vous parle d’un récit vrai : Loving.

Synopsis : Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine.

Avis :

Une histoire d’amour magnifique…
Voilà que mon côté fleur bleue ressort, mais c’est pour la bonne cause. Ce film est juste une magnifique histoire d’amour. Et même si celle-ci n’est finalement pas au cœur même de l’intrigue, laissant surtout la place au caractère discriminatoire des comportements et de la loi, elle n’en est pas moins importante et encore une fois, magique. Parce que ce sont des gestes et des mots. Pas de scènes de sexes, car, pour montrer l’amour qui unit deux êtres, contrairement à ce que beaucoup semble croire, le sexe à répétition n’est pas crucial. Même si c’est une tare qu’on retrouve surtout dans les romans, plus que dans les films. Des mots doux, des gestes tendres et cette phrase simple, mais si sensée : « J’aime ma femme ». Cette simple phrase m’a éprouvé émotionnellement. Pas mon côté fleur bleue cette fois, mais plutôt mon esprit, ma manière de pensée.

Un film éprouvant émotionnellement…
Je vous disais que j’avais été ébranlée par cette phrase « J’aime ma femme », parce que ça me semble si logique, si normale, qu’il m’était impensable qu’il ait à le rappeler. Mais, parce qu’elle est noire, parce qu’il est blanc… Parce qu’à cette époque, aux Etats-Unis, la ségrégation était omni-présente. J’ai été bouleversée. Et, toujours, ce genre de film a tendance à me retourner le cerveau : Pourquoi une femme noire n’aurait pas le droit d’aimer un homme blanc ? Et l’inverse ? Pourquoi un noir serait inférieur à un blanc ? Comme beaucoup d’autres à notre époque (et même si le racisme est encore bien présent, quoi qu’on en dise), je n’arrive pas à me mettre à la place de ces arriérés d’un autre âge. Ainsi, ce genre de comportement me révulse et me dégoûte, soyons clair. Mais, je vais m’arrêter là, sinon, je suis partie pour disserter sur ce sujet encore bien longtemps, et ce n’est pas le but de cet article. Donc, finalement, j’ai beaucoup pleuré, entre incompréhension, angoisse et joie.

Au final, ce film est une merveille que je conseille à tous. Il ouvre les yeux sur les idées, et pensées d’une époque, je l’espère, révolue…


◊ Bande annonce ◊

My Wonder Woman

J’étais impatiente de voir ce film, et après visionnage, j’avoue que je ne m’attendais pas du tout à ça. Ce fut un bon moment passé aux côtés d’un film pour le moins surprenant. Je vous parle donc de My Wonder Woman.

Synopsis : Professeur de psychologie à Harvard dans les années 30, William Marston mène avec sa femme les recherches sur le détecteur de mensonges. Une étudiante devient leur assistante, et le couple s’éprend de la jeune femme. Un amour passionnel va les lier, et ces deux femmes deviennent pour Marston la source d’inspiration pour la création du personnage de Wonder Woman.

Un biopic…
Ce film est un biopic. L’histoire vraie du créateur de Wonder Woman. Comment une telle idée de création d’un tel personnage a-t-elle germé ? Quelle est l’origine de cette héroïne ? Quelle était la vie de cet homme qui a marqué l’Histoire à jamais ? À toutes ces questions, ce film répond. Et bien plus encore. J’ai été surprise par ce récit. Je ne m’attendais pas à une telle origine pour ce personnage et ça le rend d’autant plus fascinant. Wonder Woman comme son créateur. C’est une merveilleuse découverte !

Tant de valeurs…
C’est donc, à travers ce biopic, que j’ai pu prendre conscience de toutes les valeurs que représentent Wonder Woman. J’ai toujours lu les histoires liées à ce personnage, ou vu d’ailleurs, sans vraiment d’arrières pensées, juste comme une héroïne de bande-dessinée. Puis, finalement, quand on assimile tout ce que nous apprend le film, on comprend. Tout prend son sens. Je vais laisser de côté l’aspect sexuel du personnage, sur lequel je vais revenir après, pour ne me concentrer ici que sur les valeurs qu’il véhicule. Les années 30, période de crise énorme pour les grandes puissances. Mais c’est aussi une période où les femmes commencent à prendre une place plus importante. Commence seulement, puisque les mentalités ne changent que bien peu. My Wonder Woman nous expose ce fait. Marston est un fervent défenseur de la cause féminine, et à travers son personnage, il a voulu faire passer de nombreux messages. Une femme peut se débrouiller seule, sans hommes, une femme est assez puissante pour ne pas être soumise à la tutelle masculine et bien d’autres choses. Il prône la liberté des mœurs et celle d’aimer qui l’on veut, comme on veut. Mais à cette époque, son personnage ne plaît pas aux parents, qui pensent que Wonder Woman n’est qu’une femme dévergondée, appréciant le sado-masochisme. Il devra faire face à la censure, jusqu’à ce qu’enfin son personnage soit reconnu.

Une ambiance sensuelle…
Si les parents pensent que Wonder Woman est une femme pratiquant le sado-masochisme, c’est bien parce qu’il en a été voulu ainsi par Marston. Son inspiration, il l’a eu des deux femmes qui ont partagé sa vie. C’est là du polyamour, bien plus accepté aujourd’hui (quoique…) que dans les années 30. Wonder Woman c’est le croisement de ses deux amantes, riches l’une de l’autre. Fortes, indépendantes. Ces trois personnages vont se découvrir à travers de nouveaux jeux, apprendre à s’aimer. Autrement. De chaque scène ressort une sensualité tentatrice. C’est doux, voluptueux. Hypnotique. Dans ces années où tout semble compartimenté, trois personnes vont faire sauter les codes, s’aimer en dépit des autres. Jusqu’à… Jusqu’à ce que la réalité les rattrape. Dans leur confort, leur quotidien à trois, ils en ont oublié le monde, enfermés dans leur bulle. Wonder Woman c’est cette liberté. Cette liberté qu’on ne leur a pas laissé avoir. Celle d’aimer, de vivre, et de montrer au monde qu’une femme n’a pas besoin d’un homme pour être heureuse.

Au final, c’est un superbe film à voir absolument. Que vous soyez fan ou pas de Wonder Woman, ce biopic vous fera chavirer et vous charmera assurément.