Ma vie dans les bois, tome 1 : Écoconstruction – Shin Morimura

Titre : Ma vie dans les bois
Auteur : Shin Morimura
Éditeur : éditions Akata
Genres : Littérature générale / Autobiographie
Résumé : Cela fait bientôt trente ans que Shin Morimura est auteur de mangas. S’approchant de la cinquantaine, et tandis qu’il vient de mettre un point final à sa dernière série fleuve, son éditeur lui demande de trouver une nouvelle idée originale pour son prochain titre. D’abord en manque d’inspiration, le dessinateur va finalement se lancer dans un projet  » un peu  » fou : partir vivre dans la montagne, sans eau courante ni électricité, et raconter son nouveau quotidien en manga ! Sa femme le suivra volontiers, malgré quelques appréhensions… De la construction de leur maison passive en bois jusqu’au difficile apprentissage de l’autonomie alimentaire, suivez l’incroyable vie de ce couple plus tout à fait comme les autres !

Notation :

Avis :

Shin Morimura, l’auteur de ce manga, nous conte son aventure. Il nous relate son retour à la vie sauvage, de l’idée à sa concrétisation. Dans ce premier tome, on assiste à l’aménagement du terrain et la construction de l’habitation. Une superbe fable prônant mille et une astuces écologiques.

Comme dit précédemment, ce premier tome nous présente l’idée initiale, à savoir échapper à ce train-train citadin étouffant, pour un retour à une vie plus simple en communion avec la nature. On va alors apprécier l’évolution de ce terrain montagnard de son déboisement à la construction de la maison. Avec quelques touches d’humour, l’auteur parvient à nous happer dans son aventure, nous faisant presque oublier le caractère un peu pédagogique de ce manga.

Construit comme un journal de bord, à vocation de guide pratique, ce manga est aussi original que véhiculant des messages très écologiques. Que ce soit le minimalisme, les travers de la société de consommation ou encore le zéro déchet, Shin Morimura nous lance comme un défi de faire comme lui. Agrémenté de plusieurs mots de l’auteur et des véritables photos de ses exploits, cette série de manga est autant agréable à lire qu’intéressante à découvrir.

Terminons cet avis par le contraste entre le mari et l’épouse. L’homme est le rêveur, celui qui lâche tout et se lance dans une aventure presque impossible, à cœur perdu. Et il y a la femme de Shin Morimura, celle qui est terre-à-terre, bien décidée à rester la voix de la raison auprès de son mari. Cette femme représente finalement la plupart des hommes des sociétés de consommation, qui préfèrent rester près de leur confort, avec l’électricité, l’eau, les sanitaires,… Ce qui rend le récit plus réaliste encore, qu’il ne l’est déjà évidemment, nous permettant de nous accrocher à cette bouée de bon sens, qui apporte d’ailleurs un peu d’humour bien placé.

En bref :

Finalement, c’est un manga original, autobiographique et écologique que nous offre Shin Morimura. Entre humour et vie dans les bois, voilà une histoire qui mérite d’être découverte !

Le chat qui m’aimait

Je vous parle d’un récit auto-biographique qui m’a charmée, alliant zeste de sagesse chinoise et chat attitude. Comment ne pas craquer ? C’est bien évidemment, Le chat qui m’aimait de Kwong Kuen-Shan.

Résumé : Quand, en 1994, Kwong Kuen-Shan s’installe au pays de Galles, elle se sent isolée et malheureuse. Son seul compagnon ? Healey, le chat de leurs voisins qui viennent de déménager.
Healey a en effet décidé de faire le chemin inverse afin de retrouver la colline galloise où il a grandi. Et il se met en tête d’apprivoiser Kuen-Shan…
Pour la première fois, Kwong Kuen-Shan dévoile l’étonnante histoire de sa passion pour les chats – elle qui en avait une peur panique !
Agrémenté d’aquarelles originales, ce récit est une ode à nos amis à moustache – l’histoire d’une anxiété vaincue et d’un amour désormais sans limite.

Les chats et Kwong Kuen-Shan…
Je suis ce qu’on appelle une blogueuse à chats. Oui, oui, oui, ça existe bien cette histoire. Ce sont des blogueuses (ou blogueurs d’ailleurs) qui ont des chats. De mon côté, je partage ma vie avec deux acolytes : Jess, qui ressemble pas mal au chat de la couverture d’ailleurs, et la petite dernière arrivée Léoly (c’est le chat de Sabrina, toute de noir vêtu). Alors évidemment, une histoire sur les chats…
Ici, on va suivre l’auteur à travers sa phobie pour cet animal pourtant si adorable. On dit souvent qu’il est très difficile d’expliquer une phobie, et pour nous, il est difficile de la comprendre. Comment peut-on avoir peur de ces petites bêtes toutes poilus et toutes douces… Bref, ici, on appréhende cette peur irraisonnée, son dégoût envers cet animal et parfois même sa cruauté. Mais ce que j’ai trouvé intéressant est que l’auteur elle-même est consciente de tout ça. Elle se rend compte de son égoïsme, elle se rend compte de sa méchanceté, mais voilà, elle n’y peut rien. Et puis, doucement, au fil des pages, elle va commencer à s’intéresser à ce drôle d’animal, cette bête qui revient sans cesse par chez elle, alors même qu’elle ne veut pas d’elle. Elle va s’assagir, et puis le tolérer, pour finalement l’accepter. C’est tout simplement le chat qui l’aimait, celui qui l’a fait aimer les chats.

La vision du chat : un sage chinois ?
J’ai adoré cette analogie entre le chat et le sage chinois. On a beaucoup de proverbes, de citations de sages, lancés pour expliquer certaines attitudes, certains comportements de ces félins. On a beaucoup de parallèles entre la culture chinoise en général même et les chats. En outre, il y a un autre élément que j’ai plus qu’apprécier c’est donner la parole aux animaux. Tout simplement parce que Kwong Kuen-Shan ne raconte pas seulement son histoire, elle raconte celle du chat qui l’aimait. Ce chat qui va s’adresser à elle, la rassurer, mais l’inquiéter aussi, et plus que tout, la changer. Healey c’est le chat qui a forcé les barrières, doucement, avec délicatesse, et patience. C’est un sage, LE sage parmi les sages, qui a réussi à détruire, briser une phobie en la transformant en amour profond et inconditionnel.

Une énonciation en décalage de la narration…
Mince, voilà que j’en viens à utiliser des termes presque scolaires (bien que tout de même littéraires). M’en vais vous expliquer tout ça. L’énonciation correspond à la situation spatio-temporelle de l’écriture. Quand, où ? etc… Et la narration correspond au récit. Ici, très clairement, on voit que l’énonciation est très décalée dans le temps par rapport à la narration. Cela change fondamentalement la manière dont le récit est porté. Nous sommes moins dans quelque chose de narré, quand dans quelque chose d’expliqué. L’auteur nous explique toute son aventure, avec force de détails, mais on ressent fortement ce décalage via notamment l’utilisation d’un imparfait de description, ou des expressions telles que « je me trompais du tout au tout ». Mais néanmoins, ce phénomène n’apparaît pas constamment, il est contrebalancé par l’utilisation du présent, nous ancrant de nouveau dans un cadre plus narratif qu’explicatif.

Au final, Le chat qui m’aimait est une ode à l’amour entre un animal et son maître. Ce roman nous montre que ce qui peut relier deux êtres est parfois plus fort que n’importe quelle phobie. À découvrir ! Pour vous le procurer, c’est par ici.

Service de presse envoyé par la maison d’édition