Soif – Amélie Nothomb

Titre : Soif
Auteur : Amélie Nothomb
Éditeur : éditions Albin Michel
Genres : Littérature générale / Religion
Résumé : « Pour éprouver la soif il faut être vivant. »

Notation :

Avis :

Jésus est jugé pour tous ses miracles qui ont rendu la vie si difficile à tous les miraculés… Bah oui quoi, on ne sert pas le bon vin après le moyen. Et puis, quand on guérit un enfant, on fait en sorte qu’il ne redevienne pas turbulent ensuite… Jésus est jugé et condamné à la crucifixion. S’engage alors une joute verbale intérieure, entre corps et esprit…

Difficile de trouver cette novella mauvaise – novella ?!, oui, oui, 70 pages sur liseuse – bien qu’on en ressort tout de même bien déçu. Le style Nothomb est là, un peu philosophique à la limite de l’ésotérique, mais on est loin de sa patte qu’on retrouve dans la plupart de ses romans. L’amour morbide est laissé au bord de la route pour une plongée dans l’esprit du non moins connu Jésus Christ. Et c’est au pire moment de sa vie qu’on le rencontre : sa crucifixion.

Tout le long de son attente, puis de sa douleur, nous allons bénéficier de ses réflexions, de ses pensées, et de sa soif. Sa si terrible et magnifique soif, qu’il faut ressentir, pour mieux apprécier encore lorsqu’elle est étanchée. Le style est parfait, les mots bien choisis. Amélie Nothomb s’amuse encore avec sa plume percutante et d’une richesse incroyable, et c’est sans doute là le seul attrait de ce texte bien court et pourtant si cher.

Néanmoins, malgré cette déception, on ne peut que saluer cette sorte d’originalité et peut-être d’audace de la part de l’autrice que d’oser raconter la crucifixion du Christ en se mettant à sa place, à la première personne. Saluons donc ce petit tour de force et la surprise qu’on peut ressentir en tant que lecteur, s’attendant certainement à tout, sauf à ça.

En bref :

En bref, une novella bien trop chère pour son contenu, qui se révèle être une grande déception. On lira cette sortie plutôt pour le plaisir du style que de l’intrigue.

Frappe-toi le cœur

Je commence donc la découverte de la rentrée littéraire par le dernier roman d’Amélie Nothomb : Frappe-toi le cœur, que j’attendais impatiemment. Et quelle lecture !

Résumé : « Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie », Alfred de Musset.


Avis :

Aussitôt acheté, aussitôt lu !

L’intrigue…
Nous suivons une petite fille dans son évolution. Elle naît, puis grandit, jusqu’à devenir adulte. On va la suivre tout le long de sa vie, elle et ses démons. Parce que ça ne peut être que ça. Des démons. J’essaie de ne pas trop en dire, les citations faisant office de résumé chez Amélie Nothomb donnant le ton et laissant planer un grand mystère, je ne voudrais pas tout casser.

J’ai trouvé cette intrigue dans la lignée des précédentes. On retrouve l’amour étrange, morbide parfois, l’amour Nothombien. On retrouve les réflexions poussées de ses personnages, leur vivacité d’esprit et ce phrasé qui reste toujours un véritable plaisir à lire.

Pas son meilleur…
Ouh là, je titre ce paragraphe d’un bien vilaine façon mais après tout, c’est un peu vrai. Je ne suis pas d’accord avec toutes les critiques littéraires, affirmant que c’est là son meilleur. Se trouvent toujours en première place Attentat et Mercure, selon moi. Mais je n’ai pas pour autant été déçue. J’ai d’ailleurs lu Frappe-toi le cœur d’une seule traite, en à peine deux heures. Il faut dire que c’est sacrément addictif. La plume plutôt simple mais enivrante d’Amélie Nothomb nous happe pour ne plus nous lâcher. Après cette lecture, j’en voulais encore. Je voulais en lire un autre, et encore un autre. Bon, j’avoue que j’ai du mal à vous écrire quelque chose de clair et précis. Les idées se bousculent dans ma tête et y a juste une phrase en majuscule qui clignote : J’AI ADORE ! Donc, forcément… À partir de là, je n’ai plus grand chose à dire. Du moins, ça ne veut pas sortir.

En bref…
Allez, je vais essayer d’être brève. Frappe-toi le cœur est un roman dure par son réalisme. En effet, le problème que met en évidence l’auteur existe bel et bien. Alors on a l’estomac qui se tord, une boule dans la gorge qui se forme mais malgré tout, on n’arrive pas à quitter la lecture. Avec cette curiosité malsaine qu’Amélie Nothomb nous oblige presque à ressentir, on veut connaître le dénouement. Quand elle disait dans une interview que ce roman était une histoire faite que de nerfs, je n’avais pas trop compris ce qu’elle voulait dire. Mais j’avoue que maintenant, j’ai saisi le rapport. Et rien que cette phrase « un bouquin que de nerfs » résume parfaitement ce que l’on ressent et de quoi il est fait.

Au final, du grand Amélie Nothomb ! Encore une fois, elle me régale et conforte sa position d’auteur préférée dans mon petit cœur ! Lisez-le, une fois, deux fois, trois fois, à l’infini !