Une destination de rêve – Sham Makdessi

Titre : Une destination de rêve
Auteur : Sham Makdessi
Éditeur : éditions Alter Real
Genre : Thriller
Résumé : Dans la famille d’Emilio la vendetta est un art et une tradition qu’on se transmet de génération en génération. Emilio ne fait pas exception à la règle. Tueur à gages émérite, on fait appel à lui partout dans le monde pour éliminer des gens. Un jour, il commet une erreur, et abat une petite fille. Tout s’effondre, il ne peut plus continuer à mener cette vie.
Mais on ne quitte pas la Famille. Jamais.
Sa seule issue est ce sanctuaire secret dont il a entendu parler. Là-bas, personne ne le retrouvera, il pourra expier sa faute. Tout sera derrière lui.
Quand l’avion décolle, il est libre. Enfin presque. À bord, le malaise d’Emilio grandit au fil des heures. Mais comment affronter un danger qu’on ne voit pas ? 

Emilio est un tueur à gage aguerri, vivant dans un village enclavé où tuer est un art de vivre… Alors qu’il se lance dans une énième mission, tout dérape. Il décide alors de s’enfuir. Pour le meilleur ou pour le pire…

À lire aussi » Un juste retour des choses de Sham Makdessi

Page turner, ou comment passer son après-midi affalé dans un transat à lire, lire et lire encore… Sham Makdessi m’a encore une fois prodigieusement régalée avec un roman entêtant et déstabilisant. Une destination de rêve c’est l’histoire abracadabrante d’un village isolé, où le meurtre est une affaire de Famille. Une destination de rêve c’est la direction déroutante qu’a pris la vie d’un homme après une terrible erreur. Une destination de rêve c’est l’espoir illusoire d’atteindre son but. Un roman phénoménal, qui saura titiller notre esprit aussi perdu que dérouté.

Que de compliments pour un si petit paragraphe, et pourtant il y aurait encore tellement à dire. Sham Makdessi a réussi le tour de force de garder son lecteur en haleine dans un roman sans actions, où le suspense et l’attente prennent toute la place. L’attente. Attente. Attendre. Assis. Et puis, plein d’angoisse aussi. Un peu en sueur. On attend. Et on revit un peu la vie de ce personnage. Qui attend. En sueur. Plein d’angoisse. Voilà qui ne semble pas rêver, pourtant tout est dans le titre : Une destination de rêve. Quelle ironie d’ailleurs !

« La Nuit regardait l’avion. Un objet fait de métal et de plastique, rempli de chair humaine et qui singeait grossièrement le mouvement des oiseaux. »

Le roman est construit de manière duale, avec d’un côté la fuite, un huis-clos oppressant. Un huis-clos suffocant. Et puis, de l’autre côté, il y a ce village. Ce village enclavé, fermé sur lui-même, qui ressemble à un paradis perdu, lorsqu’on le compare à l’avion du fuyard. Un petit moment où on respire enfin ; ironie à ciel ouvert.

Plusieurs personnages viennent prendre part à l’attente irrespirable que nous fait ressentir ce roman : un vieux, un prête, puis des enfants, des adultes, un personnage principal qui est un adulte aussi, un gros, et même une femme. Des personnages secondaires, figurants, tant l’ambiance elle-même semble être le protagoniste le plus important. L’ambiance. Et puis l’avion. Et cette fichue horloge. Cette fichue horloge !

**Service de presse
Ebook : 5,99€
Papier : 15,90€

Chroniques des secondes heures de Tanglemhor, tome 3 : La Pyramide du lac perdu – Azaël Jhelil

Titre : La Pyramide du lac perdu
Auteur : Azaël Jhelil
Éditeur : Auto-édition
Genres : High Fantasy / Dark Fantasy
Résumé : Il reposait sur sa couche aux draps bleu nuit, depuis toute une éternité.
Sans vraiment dormir.
Sans vraiment mourir.
Et ce jour enfin, quinze siècles enfuis, il attendait des invités.
Poursuivie par la vindicte du semi-lacertys, la Conjuration de Tanglemhor a traversé les mers pour arriver en Australie. Guidés par la vision du vénérable Kannlis, les rebelles s’aventurent dans le Jardin de l’Hiver, à la recherche du repaire disparu du plus terrible sorcier de tous les temps.
Au pays de la nuit éternelle, harcelés par un froid insupportable, les conjurés sont engagés dans une entreprise suicidaire. Sur leurs épaules reposent tous les espoirs des peuples du Levant…

Fraîchement débarquée en Australie, la glorieuse conjuration de Tanglemhor se lance dans un périple qui semble bien plus dangereux que ce qu’ils ont pu vivre jusqu’à présent. À la recherche des origines de l’Oeuf de Tanglemhor, ils devront faire face à bien des obstacles. Reste à savoir s’ils arriveront au bout de leur épopée, mais surtout, à quel prix ?

À lire aussi » Chroniques des secondes heures de Tanglemhor, tome 1 d’Azaël Jhelil

Après des centaines de pages en mer, les naseaux emplis de l’air marin, nous débarquons finalement sur les terres de l’Australie, dont on a tant entendu parlé. Nouveau chapitre aux aventures de nos héros, et nouvelles découvertes pour nous, dans un plongeon, tête la première, dans une quête glaciaire, et glaciale… La conjuration de Tanglemhor part à la recherche d’un moyen pour se débarrasser de l’Oeuf aux démons, et pour cela, ils décident de se rendre aux origines de tout… La Pyramide du lac perdu. Qui dit nouveau territoire, dit nouvelles informations. Et voilà que la mythologie et l’Histoire australienne déferlent sur nous, pour notre plus glorieux plaisir !

À lire aussi » Chroniques des secondes heures de Tanglemhor, tome 2 d’Azaël Jhelil

Ce troisième tome nous plonge dans un décor suffocant où chaque respiration semble être un calvaire. Perdus dans des contrées, comme au temps de l’ère glaciaire, les héros vont devoir se battre contre le climat mais aussi contre eux-même. C’est ainsi que les personnages se complexifient et se révèlent encore davantage. Ils font face aux doutes, et dans la tourmente, s’oublient… Cette suite est aussi palpitante, et pleine d’actions, que révélatrice d’un aspect plus poussé des protagonistes. Les vertus des vitalistes sont par ailleurs toujours autant mise en opposition à celles des partisans du semi-lacertys, permettant le développement de ce dualisme qui naît par ailleurs dès le premier tome, et qui se poursuit toujours jusqu’alors. Néanmoins, cette opposition semble, elle aussi, se complexifier, avec cette idée que tout n’est pas aussi noir, ou aussi blanc qu’on pourrait le croire.

La Pyramide du lac perdu offre, par ailleurs, une grosse place au deuil et plus largement encore à l’Amour, tout en nous permettant une réflexion sur la place des femmes dans la société, grâce à ce pays matriarcal qu’est l’Australie. Des thématiques fortes, très bien amenées, qui rappellent d’ailleurs les caractères abouti et complet de l’univers de l’auteur. Dès lors, si l’action prend une part importante de ce troisième tome, celui-ci devient plus introspectif avec une redécouverte de certains personnages. Quel meilleur moment pour penser et tout remettre en question qu’en plein cœur d’un territoire enneigé et glacial ? Un cynisme facile quand on sait à quel point se remettre du décès d’un être cher est difficile, si ce n’est impossible. Et cela, l’auteur l’évoque avec déférence et délicatesse. 

« L’Australie et ses mœurs matriarcales étaient vraiment l’antithèse de toute son éducation. Il y avait quelque chose de pourri au royaume de Golmecive… »

Azaël Jhelil continue de tenir son lecteur en haleine, avec un style impeccable, où descriptions détaillées et combats implacables se mêlent avec brio. Il joue avec les points de vue, pour nous garder constamment sur nos gardes, et l’esprit en ébullition. Esprit qui, par ailleurs, se laisserait bien tenter par une petite visite au gnome lithomancien. 

**Service de presse
Ebook : 4,99€
Broché : 16,95€

Un squelette dans le placard – Angie Fox

Titre : Un squelette dans le placard
Auteur : Angie Fox
Éditeur : éditions Alter Real
Genre : Cozy Mystery
Résumé : Verity Long aurait dû le savoir, fréquenter une bibliothèque hantée n’est pas l’idéal quand on est capable de voir les fantômes. Surtout quand on tombe sur un cadavre au beau milieu de la salle de lecture et que le témoin du crime est peut-être… un fantôme.
Son acolyte fantomatique Frankie, pragmatique en toutes circonstances, lui conseille de ne pas s’en mêler, pas la peine de courir après les ennuis. Mais quand le très vivant et très sexy shérif adjoint Ellis Wydell lui demande son aide, elle se retrouve plongée dans l’enquête jusqu’au cou. Comme si ça ne suffisait pas, Verity voit revenir dans sa vie son ex fiancé, qui est aussi le frère d’Ellis… Et il semble avoir une idée derrière la tête !
Sans se départir de son humour, Verity va découvrir des secrets scandaleux, des fantômes oubliés depuis longtemps et affronter un tueur qui brouille habilement les pistes.

Verity est une jeune femme au talent pour le moins atypique. Entre ses problèmes de coeur, et ses problèmes d’argent, elle peut voir les fantômes. Et alors qu’une fête historique est sur le point de commencer, le corps d’une de ses amies est découvert dans la bibliothèque. Une fille sage, gentille, sans histoires… Qui a bien pu l’avoir tuée ? Et surtout, pourquoi ? Verity enquête…

Bien loin des romans policiers, où tension, suspense et réalisme agaçant se joignent à des descriptions détaillées, parfois assommantes, le cozy mystery est un genre plus doux, plus « soft », avec une intrigue légère, sans développement trop intempestif, où le protagoniste n’est pas forcément rodé au métier d’enquêteur. Un squelette dans le placard s’insère tout à fait dans le genre, en ajoutant une touche – ou plutôt une bonne cuillère – de fantastique bienvenue au récit.

À lire aussi » Genre littéraire : Focus sur les cozy mysteries sur le blog À livre ouvert

Un squelette dans le placard est la deuxième enquête de Verity Long, et peut se lire tout à fait indépendamment de sa prédécesseur, qui est également disponible aux éditions Alter Real. On n’échappera néanmoins pas à diverses allusions liées à l’histoire du tome précédent. Cependant, le roman est écrit de sorte que l’on comprend rapidement les événements passés, si bien qu’on rentre très vite dans le récit. Intrigue légère et action décapante font de ce roman, une réussite et un véritable page turner.

« Ses yeux s’élargirent, mais je n’eus pas beaucoup le temps d’y réfléchir. Au lieu de ça, j’observai la vieille porte en bois, elle s’ouvrit en grand pour moi. »

Fantômes, enquête, mystère, mais aussi romance. Angie Fox n’a pas fait que nous régaler avec une enquête parfaitement menée, à coup de rebondissements, secrets déterrés, et esprits vengeurs, elle nous offre aussi une douce et romantique parenthèse, entre l’un qui tente de récupérer sa bien-aimée, et l’autre qui tombe de plus en plus amoureux. Une petite intrigue romantique finement introduite, et très bien dosée, qui vient ajouter encore un peu plus de cocooning à ce roman humoristique et captivant.

Un excellent cozy mystery, saupoudré d’une bonne dose de fantastique, dans lequel rien n’est à redire, Un squelette dans le placard vous permettra de passer un bon moment de détente, sans aucune prise de tête. À découvrir à 5,99€ en version numérique.

2048, tome 1 – Lionel Cruzille

Titre : 2048
Auteur : Lionel Cruzille
Éditeur : éditions L’Alchimiste
Genre : Science-fiction
Résumé : Dans un monde qui se relève du chaos, tous les êtres humains se sont vus implanter une puce biotechno pour survivre à une terrible pandémie. Miya, orpheline et vagabonde, évolue dans cet univers sombre avec des pouvoirs de sorciers dont elle ne connaît ni les limites ni les véritables usages mais qui ont permis sa survie. Tout bascule lorsqu’elle se fait enlever par un inconnu durant un affrontement avec les CYTOP, la cyber police, au cours duquel elle va perdre son compagnon.
Elle se réveille dans un centre éloigné de toute civilisation abritant un nouveau groupuscule étrange et conduit par un certain Shifu. Miya, ne le sait pas encore, mais sa destinée est complètement liée à la survie de l’Humanité tout entière car elle seule détiendrait la clé pour faire face à l’Apocalypse que tout le monde redoute. Le compte à rebours est enclenché. Miya sera-t-elle prête à temps ? A-t-elle seulement conscience des dangers qu’elle devra affronter ? Quel prix sera-t-elle prête à payer ? Celui de sa vie ?

Notation :

Avis :

Miya frôle les murs. Aux aguets. Le regard furtif. L’inquiétude marque ses traits. Enfin elle est arrivée chez elle. Elle retrouve son compagnon, son havre de paix dans un monde dénaturé… Dans un monde, comme mort. Nature morte. Puce. Miya, tapie dans son terrier, est pourtant porteuse d’un terrible destin…

Comme perdu dans la matrice, Lionel Cruzille nous offre un monde vicié. Impur. Un nouveau monde sombre et pourri qui se relève d’une terrible épidémie. Un monde dystopique donc, post-apocalyptique. Un monde qui répond à la question actuelle « À quoi ressemblera le monde d’après ? ». Dans ce roman, le postulat est une sorte de dictature, une sorte de société où le peuple porte des œillères. Un renouveau du genre, à la matrix, qui nous présente un récit de science-fiction, aux frontières du thriller et du fantastique.

« Mes cheveux colorés hirsutes, le col relevé, les cernes. Bref, la tête des bons jours. Mais je devais m’estimer heureuse. Ma première mission était accomplie : je n’étais pas morte aujourd’hui. »

Les éditions L’alchimiste ont cette devise : « L’imaginaire comme questionnement du réel ». Le premier tome de 2048 répond parfaitement à ce leitmotiv, en nous amenant à une réflexion sur la condition humaine, jusqu’où serions-nous prêt à aller pour contrer une épidémie ? Pour s’en remettre ? Quelles libertés serions-nous prêts à perdre ? À renoncer ? La question des libertés est par ailleurs totalement actuelle, ce qui fait de 2048 un roman dans l’ère du temps, pourtant écrit en 2015.

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Lionel Cruzille nous propose un roman pluriel. Si le côté science-fiction est le plus prégnant, notamment via l’aspect post-apocalyptique et les puces implantées, on ne peut ignorer le thriller et le genre du fantastique qui se mêlent pour nous offrir un récit passionnant et original. Le fantastique se révèle à travers une quête spirituelle, mais également tout un aspect magique. Se mélangent donc ésotérisme et spiritualité, fondant la base fantastique du texte. Haletant. Noir. Un roman SF, entre thriller et fantastique.

Plus globalement, ce premier tome nous pose le décor : un univers altéré, corrompu, où un groupe d’individus se voit détenteur d’un destin exceptionnel. Le dernier espoir, sans nul doute, d’une humanité à l’agonie. Bien construit, entre suspense et action, Lionel Cruzille nous plonge encore une fois dans un récit captivant grâce à sa plume aussi souple que fluide…

En bref : 

Un roman de SF qui n’est pas sans rappeler Matrix, entre fantastique et thriller. Dans l’ère du temps, un texte qui interroge sur le monde « d’après »… À découvrir à 5,49€ en format numérique.

Amours Fauves – Mélodie Smacs

Titre : Amours Fauves
Auteur : Mélodie Smacs
Éditeur : éditions Alter Real
Genre : Fantastique policier
Résumé : Les officiers Megane Difen et Tom Senia sont équipiers depuis plusieurs mois. La première, froide et solitaire, se fascine pour celui que les tabloïdes appellent le « Tueur du Bal ». Le second, charmeur et taquin, l’épaule de son mieux, se montrant même protecteur envers elle.
Lorsqu’un étrange meurtre survient, ils font équipe pour l’élucider. Toutefois, l’un des deux en sait bien plus qu’il ne veut l’avouer.
Entre enquête surnaturelle, disputes et passion, et si chacun menait en fait un double jeu ?


Notation :

Avis :

Meg, officier de police, est froide et déterminée. Tom, son co-équipier, représente tout son contraire. Pourtant, c’est bien le seul qui réussi à l’amadouer… Alors qu’ils mènent l’enquête sur d’étranges meurtres aux allures vampiriques, les deux officiers vont faire face à bien des obstacles, entre mensonges et passions. Qui se ressemble s’assemble ? Ou les opposés s’attirent ?

Une histoire d’amour. Une enquête. Des créatures fantastiques. Du suspense. De l’action. On mélange le tout, et on obtient un véritable page turner. Amours Fauves. Mélodie Smacs nous enchante avec un roman complet, mêlant une ribambelle de genres, perdu entre une romance, un polar et du fantastique. Perdu est bien le mot d’ailleurs, puisqu’il est difficile finalement de classer ce roman dans un seul genre : Une romance fantastique sous fond d’enquête policière ? Un roman fantastique romantique policier ? Ou bien un polar fantastique avec un zeste de romance ?

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Megane Difen est belle, mais glaciale. Tom Senia est beau, et chaleureux. Envoûtant pour ainsi dire. Oui, envoûtant est vraiment le mot qui convient. Envoûtant. Et c’est ce qui nous arrive à nous aussi. Au fil des pages. De phrases en phrases. Nous sommes envoûtés. Reste à déterminer si nous sommes sous l’emprise du personnage, ou de la délicieuse plume de l’autrice… Sensation étrange par ailleurs. Mais délectable sans nul doute. Puisque décidément complètement à la merci de ce récit empreint d’une originalité salvatrice.

Originalité qui se personnifie non pas par la romance, qui reste dans les clous du genre, et encore moins par l’enquête policière, mais bien par l’aspect fantastique qui a même l’audace de donner son nom au bouquin. Mélodie Smacs nous propose donc là un fantastique policier sous fond de romance passionnée, saupoudré d’un zeste de mystère. De quoi nous donner grande envie d’une suite !

« Ses deux formes s’unissaient pour constituer enfin un tout cohérent, harmonieux, heureux. »

Parce que mystères il y a ! Et c’est peu dire. Bien que quelques éléments du passé de nos protagonistes, expliquant l’audacieux élément fantastique, soient distiller un peu partout dans le bouquin, il s’avère qu’on reste tout de même sur notre faim, avec mille et une questions qui ne demandent que des réponses (que pourraient-elles bien demander d’autre ?). C’est ainsi que se mêlent passé et présent, pour nous permettre par des flash-back finement amenés, de découvrir un peu plus profondément les personnages. Et quelle profondeur !

Emballé par l’intrigue le lecteur est, assurément. Mais qu’en est-il du décor en arrière plan ? Noblesse et « tout-venant » donnent à ce roman une ambiance princière, entre facéties et véritables problèmes de société. Dans une ville où un titre de noblesse apporte bien plus que la volonté de réussir et le talent mis en oeuvre pour y parvenir, on peut se demander si Mélodie Smacs n’a pas voulu dessiner une satire de la société moderne où les jeux de pouvoir, liés à la bonne naissance sont monnaie courante.

Un véritable coup de cœur pour ce bouquin, qui réussit à introduire un élément fantastique majeur, sans que celui-ci vienne mettre en détresse les autres thématiques, à savoir la romance passionnée et passionnante, ou encore l’enquête aux allures de séries télévisées policières. Le plus improbable est encore que sans cet élément imaginaire, plus rien dans ce livre n’aurait la même saveur. Pas même cette histoire d’amour qui se révélerait des plus ordinaire, et encore moins l’aspect policier, qui deviendrait bien inintéressant. Un roman dont les genres co-existent avec brio, et ne peuvent fonctionner les uns sans les autres.

En bref :

Un coup de cœur pour Amours Fauves, où Mélodie Smacs réussit brillamment à nous envoûter par son intrigue originale mêlant plusieurs genres, ses personnages complexes, et sa plume élégante et distinguée, à l’image d’ailleurs de l’ambiance du roman. Une pépite à découvrir à 5,99€ en version numérique.

**Service de presse

Oppressions, tome 1 : From past to present – Patrice Quélard

Titre : Oppressions
Auteur : Patrice Quélard
Éditeur : auto-édition
Genre : Anthologie
Résumé : Des générations d’hommes et de femmes se sont battues, souvent jusqu’au sacrifice suprême, pour conquérir leur liberté face aux oppressions politiques ou religieuses. Mais au-delà de ces causes supérieures, nos vies quotidiennes, nos histoires personnelles recèlent pléthore d’oppressions auxquelles nous tentons de résister ou d’échapper, mais que nous reproduisons pourtant nous-mêmes inlassablement, génération après génération : le père, le chef, le sexisme, les croyances, les superstitions, le devoir, la patrie, la médecine, le nom, l’ascendance, les conventions sociales, l’idéologie, l’argent… Pouvons-nous un jour espérer nous affranchir de tout cela ? Consciemment ou inconsciemment, nous multiplions les oppressions infligées, et du même coup celles subies. Tels des pompiers pyromanes, nous continuons à aspirer à la liberté dans un monde que nous nous employons à recouvrir de chaînes avec une application schizophrénique.


Notation :

Avis :

Oppressions des femmes, des riches, des pauvres, du pouvoir… Idéologie, puissance, religion, xénophobie… Bien des thématiques portées sous une seule et même bannière, celle de l’oppression. Celle de la décadence du genre humain, sous bien des formes et durant bien des époques…

Habituée des écrits de Patrice Quélard, c’est avec un plaisir non dissimilé que je me suis lancée dans ce recueil de nouvelles, avec une certitude, celle de sa qualité. Et c’est peu dire ! Style impeccable, structure parfaite, et intrigue captivante, l’auteur nous projette dans des récits plus prenants les uns que les autres, nous amenant à une véritable réflexion sur toutes les thématiques évoquées. On est interpellé, on devient plus alerte, plus vigilant. Chacune des nouvelles ouvre sur une forme d’oppression différente. C’est, d’ailleurs, parfois au lecteur lui-même de saisir de laquelle il s’agit. 

Des textes profonds, qui amènent à une réflexion, voilà de quoi se compose ce recueil. Perdu entre plusieurs époques, perdu entre plusieurs genres, perdu entre plusieurs personnages, on se laisse porté par la plume inspirante de Patrice Quélard.

« C’est beau, un facho ému par la fraternité entre les peuples libres. Je hoche la tête, et me répète cette phrase inlassablement : il n’y a pas de mauvais peuple, il n’y a que de mauvais individus »

Zoomons un peu sur quelques textes. Dès lors, impossible de terminer sans citer la nouvelle « Pas de mauvais peuple » qui aura su retenir mon attention. Et si nous étions à la place de ces peuples qui subissent esclavages, expropriations, pauvretés… Et si nous étions à la place de ces peuples longtemps opprimés ? Un texte lourd de sens, et finement mené, à travers un style brut collant parfaitement à l’ambiance du récit. On retiendra également « La doléance » qui nous expose la condition des femmes…

En bref :

Une anthologie très bien construite, traitant de thématiques fortes dans des récits intrigant. Patrice Quélard nous offre là un recueil de nouvelles aussi intelligent qu’écrit avec talent. À découvrir à 2,99€ en version numérique sur Amazon.

Cheeky Love, tomes 1 à 9 – Mitsubachi Miyuki 

Titre : Cheeky Love
Auteur : Mitsubachi Miyuki 
Éditeur : éditions Delcourt
Genre : Romance
Résumé : Yuki est devenue la manager du club de basket de son lycée dans le but ultime (mais secret) de rester auprès du capitaine de l’équipe. Un jour, Naruse, nouveau membre du club, finit par apprendre le secret de Yuki. Le jeune homme tombe alors amoureux de sa manager et passe son temps à embêter l’héroïne, ce qui a le don de la rendre furieuse…


Notation :

Avis :

Yuki est la manager du club de basket de son lycée. Bien qu’amoureuse du capitaine de l’équipe, elle reste distante et bien sérieuse. Mais c’était sans compter sur l’attention particulière que lui porte Naruse, un beau-gosse, aussi doué au basket qu’à faire chavirer le cœur de sa Sempai.

Neuf tomes dévorés avec une rapidité incongrue, Cheeky Love se révèle aussi addictif qu’émouvant. Un shôjo plutôt basique néanmoins, sur la forme : une romance toute douce qui se dessine avec le beau-gosse du lycée qui s’intéresse à une fille plus que banale, bien que secrète. Avec ce message si souvent répété dans ce type de manga, que ça peut arriver à tout le monde, aussi insipide soit-on. Un peu abrupte comme manière d’aborder ce type de romance, mais c’est bien ce qui revient le plus souvent. On notera par ailleurs quelques mangas qui sortent un peu du lot, et notamment No longer heroine que je vous conseille grandement. 

« Derrière sa force se cache une faiblesse, une fragilité. Je n’aurais jamais dû le remarquer. »

La forme est posée, une romance somme toute classique dans les mangas. Mais qu’en est-il du fond et de ces thématiques qui se dégagent doucement, participant ainsi à l’attrait particulier de ce manga ? Tout d’abord, évoquons sans pudeur les deux héros, et en particulier la sérieuse Yuki, aussi intéressante que complexe. Yuki est un personnage très profond, avec un passé particulier qui a forgé qui elle est aujourd’hui. Et c’est Naruse qui représente le marteau qui va venir briser la carapace qu’elle s’est forgée durant toutes ces années. Pour nous permettre d’en apprendre plus sur elle, et de continuer à la découvrir au fil des tomes.

C’est bien ce qui donne à ce manga son peps, sans oublier évidemment, les scènes magistrales qui font battre nos cœurs de fangirl. N’omettons pas, par ailleurs, de citer le fond sportif de cette histoire, à savoir le basket, et toute la stratégie et la volonté de se surpasser que cela implique.

En bref :

Une romance plutôt classique dont la thématique sportive du basket et le personnage complexe de Yuki viennent lui donner un goût bien plus épicé. À découvrir à 6,99€ en version papier.

Stray Dog, tome 1 – VanRah

Titre : Stray Dog
Auteur : VanRah
Éditeur : éditions Glénat
Genre : Fantastique
Résumé : Dans un monde où se côtoient présent et passé, pierres antiques et technologies nouvelles, une ségrégation violente règne. D’un côté, les Karats, des démons pouvant prendre forme humaine, et de l’autre, l’humanité qui les a asservis pour s’en protéger. C’est au sein de cet univers sombre que vont se croiser deux personnes au destin incertain et que tout oppose : Aki, une jeune fille ayant perdu le sourire, et Toru, un Karat, un Lycan aux yeux rouges, possédé par une malédiction funeste. Ce qui les lie ? Un contrat d’obédience qui fait de la jeune humaine ayant juré de venger la mort de son père, assassiné par un démon, la maîtresse de Toru.


Notation :

Avis :

Toru est un karat, un lycan plus précisément. Ses yeux rouges révèlent bien plus sur lui qu’il ne voudrait en dire. Lycan puissant, il se retrouve néanmoins enfermé dans des bas-fonds où l’odeur du sang se mêle à celle de la peur… Réduit à se battre et tuer ses adversaires, tout prend un nouveau tournant quand apparaît un homme, bien présomptueux…

Premier tome pour le moins intéressant, qui a le mérite d’introduire brillamment une série de mangas qui paraît autant humoristique et légère, que poussée et pleine d’action. De quoi faire saliver ! Ce premier opus est néanmoins bien sérieux, avec quelques touches de légèreté bienvenue. Ce drôle de mélange provoque un sacré contraste pour le moins déstabilisant. Le seul point négatif d’ailleurs de ce premier tome. Néanmoins, la fin de ce manga ouvre sur des jours fait davantage de rires et de sourires. Ce qui donne, dès lors, fortement envie de découvrir la suite !

« Ishtar… Cité du vice et de la corruption. Une ville maudite, bruyante, assourdissante, nuisible. »

Qu’en est-il de la thématique principale de ce manga ? Plantée dans un décor suintant de meurtre et d’obscurité, planquée dans l’ombre d’une cellule miteuse, cette histoire révèle une utilisation plus qu’intelligente d’une mythologie déjà existante, à savoir le mythe de la Bête du Gévaudan. Le manga mêle avec brio sciences et occultes, pour produire un cocktail plus qu’explosif !

En bref :

Un personnage badass, complètement intégré dans un univers sombre, et porteur d’une véritable légende, assorti d’un équilibre savoureux entre sciences et magie. Une excellente découverte, à découvrir à 6,99€ en version numérique.

Salicorne, tome 2 : La bataille de Tirfo Thuin – Françoise Berr

Titre : Salicorne
Auteur : Françoise Berr
Éditeur : éditions Alter Real
Genre : Space fantasy 
Résumé : Au cœur des Gaedhills, les humains de Tirfo Thuin se rassemblent autour d’Ygrenne, leur nouvelle Reyne-Licorne. Investie des pouvoirs que lui ont concédé les Immortelles avant de disparaître, elle va mener sa première bataille contre l’oppresseur Ashanti, qui a réduit son peuple en esclavage. Pour l’aider dans sa tâche, elle peut compter sur l’indéfectible amour de son ami d’enfance, Eamon, qui est devenu son Lige, et sur Emrys, son jeune mage de guerre formé à la magie des vents. Mais ce qu’Ygrenne ignore, c’est que la planète elle-même est sur le point de se mobiliser. Des alliés imprévus, mais ô combien puissants, vont lui prêter main-forte alors que des dissensions éclatent dans l’empire Ashanti…


Notation :

Avis :

Après maintes péripéties, Ygrenne se trouve investie de bien grands pouvoirs. À ses côtés, Emrys et Eamon sont bien décidés à mettre à mal la domination Ashanti. Alors que la révolte gronde, les Ashantis se retrouvent pris en étau, entre les humains bien décidés à reprendre leur liberté, et leur propre peuple fomentant un terrible complot…

À lire aussi » Salicorne, tome 1 : Le livre d’Ygrenne de Françoise Berr

De la space fantasy cela ne fait plus aucun doute ! Le tome 2 de Salicorne se perd entre vaisseaux, espèces extra-terrestres, technologie innovante,  créatures fantastiques et magie… De quoi s’oublier, la tête plongée entre les pages de cette histoire originale et captivante. Françoise Berr nous offre là une suite qui vaut sans conteste son prédécesseur (si ce n’est plus), tout en permettant à tout son univers d’évoluer pour encore mieux nous surprendre

Ce deuxième opus ne se compose pas seulement d’une histoire principale, à savoir cette révolution des humains contre l’espèce Ashanti qui a l’audace de les dominer. Oh que non, c’est bien de plusieurs sous-intrigues que se compose ce roman. Si on met de côté la révolution, qui se déroule somme toute de manière classique en littérature (comme au cinéma, par ailleurs), avec alliés et plans de bataille, on peut mettre en avant trois sous-intrigues différentes. Qu’en est-il de la douce romance qui s’était esquissée entre Eamon et Ygrenne dans le premier tome ? Une question pour laquelle vous trouverez une réponse pour le moins déstabilisante dans ce deuxième opus. Mais alors, et ce complot ourdi au sein même du peuple oppresseur Ashanti ? Une sous-intrigue aussi passionnante qu’intéressante. Et pour finir, une thématique dont on parle beaucoup en science-fiction, à savoir celle de la technologie et de l’humanité, avec cette éternelle question : Jusqu’où peut-on aller pour l’être aimé ? 

« Tels des doigts noueux crochetés dans le sol, leurs racines effleuraient en surface et leurs silhouettes, couronnées de houppes verdoyantes, se balançaient doucement au rythme de la brise. »

Toutes ces intrigues font de cette suite, une véritable réussite, pleine de richesse à la fois dans le récit en lui-même, pour son originalité salvatrice, que dans la plume de l’autrice : imagée, poétique, pleine de métaphores, aux descriptions sublimement visuelles. Françoise Berr a eu le culot de nous happer avec un premier tome exceptionnel, et l’audace de réitérer son forfait avec une suite encore meilleure ! 

Mais on pourrait aller plus loin encore et parler d’Ygrenne, le protagoniste principal de ce récit. Si dans le premier tome elle était un peu trop fleur-bleue, bien que déterminée et courageuse, elle se révèle complètement différente dans cette suite. Il faut dire que les circonstances font que… Bref, vous aurez compris, les pouvoirs emmagasinés grâce aux Immortelles l’ont plutôt transformée. Elle est antipathique, froide, mais toujours aussi déterminée et courageuse. C’est une évolution saisissante mais parfaitement amenée, qui se fait donc avec fluidité et compréhension pour le lecteur. On n’oubliera pas, par ailleurs, de souligner la mythologie opulente que nous propose l’autrice.

En bref :

Un coup de cœur pour ce deuxième tome, qui aura su combler la mini-riquiqui-tare du premier, à savoir le léger manque d’intérêt du personnage principal. Un roman qui sait évoluer, associé à une histoire plurielle et passionnante, ce tome 2 est une véritable réussite, à consommer à seulement 5,99€ en version numérique.

**Service de presse

Vis – Céline Theeuws

Titre : Vis
Auteur : Céline Theeuws
Éditeur : auto-édition
Genre : Témoignage
Résumé : Maman, ton corps a tenté un coup d’éclat magistral en t’imposant ce cancer, mais n’aie pas peur, je suis là. Je te fais la promesse de redonner de la couleur à notre relation qui a fait grise mine trop longtemps.
Pour toi, je serai de tous les excès. L’action sera mon antidote, tes sourires mes plus belles largesses, la déraison la preuve de mon amour. S’il le faut, les pyramides d’Égypte prendront place en Sibérie, le cancer deviendra une île paradisiaque, le mont Fuji la dune du Pilat et la distance qui nous sépare un simple chemin de traverse.
Surtout, n’interprète pas ces lignes comme étant un ultime message.
Crois en ta guérison. Vis pour ne pas abréger notre amour.
C’est une autobiographie. C’est une catharsis.
C’est triste.
C’est surtout plein d’espoir.
Un jour, votre vie peut basculer.
Un jour, votre vie doit se condenser.
Un jour, vous apprenez ce qu’est réellement l’amour.
Le temps est précieux.
Concentrez-vous sur l’essentiel.
N’oubliez jamais de dire « Je t’aime ».
Je t’aime.
Prétextez la célébration de chaque instant comme une formidable occasion d’exister encore.
Parce que la vie vaut vraiment la peine d’être vécue.


Notation :

Avis :

C’est plus facile d’écrire que de parler. Alors, j’ai décidé d’écrire. De commencer sur le blog. De perpétuer mon ambition de vous permettre de découvrir des auteurs et leurs écrits, tout en me livrant. En livrant ma douleur, mon chagrin, mon déchirement, mais aussi ma volonté, mon besoin, ma nécessité de continuer à avancer.

Aujourd’hui je vais vous parler de Vis de Céline Theeuws, autrice que j’affectionne particulièrement, à la plume remarquable et saisissante. Céline Theeuws qui nous parle dans ce livre de sa maman, et du cancer dont elle a souffert : le cancer du pancréas. Si j’ai décidé de vous présenter ce texte, et de le lire certainement, c’est parce que papa est parti. Parti à cause de cette saloperie, qui a attaqué son pancréas et son corps tout entier. Je ne souhaite pas recevoir de condoléances, de « Je suis désolé » ou ces bons vieux « Courage ». Si j’écris, c’est par égoïsme. Si j’écris, c’est pour moi. Moi et moi seule.

Dans Vis, Céline Theeuws expose sa vision, ses sentiments. Elle nous parle du combat, et de toutes ces émotions qu’elle a ressenti. Elle nous livre son histoire, avec bravoure et détermination. Ce n’est pas un récit triste, c’est un récit fort. Un texte puissant et une ode à la vie. Parce que Victor Hugo le dit si bien : « Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. » Quand je n’ai pas les mots, j’utilise ceux des autres. Et ceux de Céline Theeuws prennent tout leur sens…

« Amélia,
Chaque minute, chaque seconde compte.
La vie est parfois dure.
La vie est parfois courte.
La vie est belle…
Pleine de surprise.
Pleine de belles rencontres. 
Souris chaque jour pour lui faire hommage. » 
– Céline Theeuws

Un texte reçut en dédicace lors du Salon du Livre de Paris de 2018. Un texte, qui, aujourd’hui, me touche en plein cœur. Parce que même si la douleur est là. Vivace. Omniprésente. Inéluctable. Même si je sais que plus rien ne sera comme avant. Même si je sais que le vide que je ressens dans mon cœur ne se comblera jamais… Je sais aussi que je lui dédierai chacun de mes pas, chacune de mes victoires. Parce que je l’aime, au delà des mots…

En bref :

« Un jour, j’ai vu briller son âme dans la profondeur de ses yeux. Son cœur me souriait… » – John Joos