Joker – Todd Phillips

Titre original : Joker
Durée : 2h02
Réalisateur : Todd Phillips
Date de sortie : 9 octobre 2019
Genre : Drame
Avertissement : Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des spectateurs (Interdit aux moins de 12 ans)
Synopsis : Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Notation :

Avis :

Arthur Fleck, clown et souffrant d’une psychose, est sans cesse rejeté par la société. Dès lors, il n’y a qu’un pas pour devenir le Joker…

C’est le film de cette fin d’année. Puissant. Dévastateur. Perturbant. Joker est un biopic, contant la descente aux enfers d’Arthur Fleck qui n’aurait jamais du souffrir… Un film qui remet toute sa dimension humaine au personnage connu de tous du Joker, ennemi juré de Batman. Un film qui déroute, qui secoue. Un film qui ne s’oublie pas.

Tout commence par la cruauté. Par la crasse. Par l’horreur et le désespoir. Puis de révélations en rencontres, Arthur Fleck se perd dans un ailleurs, où il n’est plus le souffre-douleur, mais plutôt l’étincelle d’où émergera la flamme de la révolution. Joker peint la descente vers la plus pure folie d’un homme brisé par la société, qui utilisera tous les moyens nécessaires pour s’en sortir, peu importe les conséquences.

Ce que j’ai adoré dans ce film c’est de nous obliger à porter un autre regard sur ce personnage clairement défini comme méchant dans l’univers de Batman. Pourtant, ici, on lui rend son humanité, et on en vient à se sentir mal, terriblement mal, coupable aussi, gêné, par ce qu’il a subi. Devant l’injustice, on en vient presque à comprendre son évolution et sourire avec lui.

Pour terminer, mention spéciale évidemment à la magistrale prestation de Joaquin Phoenix, qui a donné de lui aussi bien sur le plan physique (un corps décharné qui fait mal à regardé) que psychologique dans son appropriation du personnage.

En bref :

Un excellent film qui mérite amplement le tapage qu’il a suscité à sa sortie. Un film qui se veut sérieux, dérangeant et qui remet en question notre vision du Joker, nous prouvant une fois encore que tout n’est pas que noir ou blanc.

Late Night – Nisha Ganatra

Titre original : Late Night
Durée : 1h43
Réalisateur : Nisha Ganatra
Date de sortie : 21 août 2019
Genre : Comédie
Synopsis : Une célèbre présentatrice de « late show » sur le déclin est contrainte d’embaucher une femme d’origine indienne, Molly, au sein de son équipe d’auteurs.
Ces deux femmes que tout oppose, leur culture et leur génération, vont faire des étincelles et revitaliser l’émission.

Notation :

Avis :

Pas satisfaite de son équipe de rédaction, une humoriste et présentatrice de show télévisé demande à ce qu’une femme soit embauchée. Molly vient donc remplir le quota ethnique et genré de la rédaction. Mais voilà, il semblerait que les idées de la jeune femme fasse mouche, permettant peut-être d’éviter l’évincement de la grande Katherine.

Très bon film que voilà, découvert, je l’avoue, un peu par hasard. Late Night est une comédie avec la femme placée au premier plan. Féminisme mal placé ? Comme cela arrive de façon récurrente dans les nouveautés. Ici, ce n’est pas du tout le cas. Tout en élégance, le thème de l’affirmation des femmes est mis en avant, avec en filigrane un humour plutôt fin. Deux entités s’opposent, provoquant un contraste intéressant. On a Katherine, blanche, riche, la cinquantaine bien entamée. Et d’un autre côté, Molly, d’origine indienne, modeste et plutôt jeune.

Si la thématique de la jeune femme issue d’une minorité est bien amenée, avec force d’humour, ce n’est pas tant sur cela que la femme prend toute sa place. C’est bien au sujet de Katherine, avec sa difficulté face aux changements, son incompréhension du monde moderne, et puis finalement, son émancipation des règles, des normes… Sa volonté de sortir du moule et de se servir de ce qui fait d’elle son identité pour s’affirmer, en tant que femme, certes, mais également dans son métier, menacé par un homme misogyne.

Vous l’aurez compris, Late Night est un très bon film sur l’émancipation féminine et le succès dans un métier souvent dominé par les hommes. Un merveilleux message est donc transmis à qui saura le réceptionner. Terminons cet avis en saluant la prestation de la grandiose Emma Thompson, qui avait déjà pu nous charmer dans My Lady, et qui aura terminer de nous convaincre quant à son talent ici.

En bref :

Une très bonne comédie, légère, qui traite néanmoins du thème fort de l’émancipation féminine. Dans l’ère du temps, un film à voir !

Parasite

Titre original : Gisaengchoong
Durée : 2h12
Réalisateur : Bong Joon-ho
Date de sortie : 5 juin 2019
Genre : Thriller
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Synopsis : Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Notation :

Avis :

Ki-Teak est un jeune homme au chômage, mais plutôt doué en anglais. Son ami, prof particulier d’une jeune fille issue d’une famille riche, le recommande auprès de ses employeurs pendant son absence. Le jeune homme réussit à se faire embaucher. Puis, de machinations en stratagèmes, il parvient à faire embaucher sa famille entière. Dès lors, les choses se compliquent…

En Corée du Sud, derrière ces artifices de beauté et ces infrastructures neuves, se cachent de graves inégalités. Les inégalités de genre sont très prégnantes, de même que le chômage des moins de 25 ans. Le taux de pauvreté, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas non plus si faible que ça, pour un pays riche à l’indice de développement humain élevé. Sur 100 coréens, environ 17, en 2017 ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté. De quoi alerter !

Et ce film a le mérite de dénoncer. Certes, de manière très violente, sanglante, psychologiquement décadente. Mais il dénonce ! Il dénonce l’écart de niveau de vie entre coréens, il dénonce le chômage qui touche de plus en plus de jeunes, il dénonce les comportements de ces riches qui se pensent au-dessus de tout, il dénonce la société sud-coréenne… Parasite mérite mille fois sa palme d’or à Cannes. Parce que c’est un film coup de poing, qui saura nous surprendre jusqu’à la fin. Un film aussi captivant qu’inoubliable.

Si le début du film peut paraître un peu long, un peu lent, la suite saura nous happer. C’est un film en deux temps. Un film qui pose son intrigue et ses personnages. Un film qui nous installe tranquillement dans le décor et l’ambiance. Et puis, d’un coup, Parasite devient un film violent. Déroutant. Presque barbare. Et suffocant. Et de part ce dualisme extrême, le film transmet des messages vifs, et se rend décidément marquant.

En bref :

Un film à voir, et à revoir, qui révèle la face cachée d’une Corée du Sud, en apparence trop propre sur elle. Exaltant. Violent. Presque, macabre. Au risque de me répéter, à voir !

Brightburn – L’enfant du mal

Titre original : Brightburn
Durée : 1h30
Réalisateur : David Yarovesky
Date de sortie : 26 juin 2019
Genre : Épouvante-horreur
Avertissement : Interdit aux moins de 12 ans
Synopsis : Tori Breyer a perdu tout espoir de devenir mère un jour, quand arrive dans sa vie un mystérieux bébé. Le petit Brandon est tout ce dont elle et son mari, Kyle, ont toujours rêvé : c’est un petit garçon éveillé, doué et curieux de tout. Mais à l’approche de la puberté, quelque chose d’aussi puissant que sinistre se manifeste chez lui. Tori nourrit bientôt d’atroces doutes sur son fils. Désormais, Brandon n’agit plus que pour satisfaire ses terribles besoins, et même ses proches sont en grave danger alors que l’enfant miraculeux se transforme en un redoutable prédateur qui se déchaîne sur leur petite ville sans histoire…

Notation :

Avis :

Brandon est un petit garçon comme un autre, du moins en apparence. Il faut dire qu’il a débarqué de nulle part, atterrissant dans un appareil et s’écrasant sur Terre. Alors qu’un couple de fermier le recueille et vit en parfaite harmonie, sa puberté (ou autre chose ?) l’entraîne sur une pente glissante d’où peu de monde sortiront vivants…

Après la fantastique première saison de The Boys, Brightburn a comme un effet de pas assez, de trop peu. Même si on a un film bien construit, qui se regarde avec écœurement et angoisse, on ne peut pas s’empêcher de déplorer un manque de développement dans la psychologie du personnage principal, ce fameux petit Brandon, qui perd pieds assez rapidement, et sans trop de raison, si ce n’est, je suppose, la puberté. En outre, aucune excuse peut être donnée quand on voit que ce film ne dure qu’une heure trente. Tout ceci aurait pu être poussé un peu plus, ajoutant bien trente à quarante minutes de plus, permettant de mieux camper Brandon et de mieux démontrer sa progression dans le mal, sa lente chute vers une décadence psychologique et violente… Or, en l’état, ce n’est certainement pas le cas !

Néanmoins, difficile aussi de ne pas apprécier cette heure trente de long-métrage, entre horreur et épouvante. Difficile également de ne pas faire le rapprochement avec Super-man, et d’autres super-héros cités au cours du film. Brightburn, malgré son défaut de développement, reste un très bon film de science-fiction, qui nous prend aux tripes et nous garde en tension tout du long. C’est pour cela que Brandon et ses pouvoirs, Brandon et ses regards étranges, Brandon et sa violence méritent bien ces 4 étoiles.

On espère en tout cas que ce premier film permettra la mise en place d’un univers fourni, violent et sanglant, comme un monde parallèle de super-héros, devenant nos anti-héros préférés. À suivre donc !

En bref :

Brightburn est un très bon film de science-fiction ‘horrifique’, qui nous tient en haleine tout du long. Sanglant, violent, captivant, ce film manque juste d’un développement plus poussé quant au personnage de Brandon, qui tombe bien vite dans le gouffre de la malfaisance.

UglyDolls

Titre original : UglyDolls
Durée : 1h28
Réalisateur : Kelly Asbury
Date de sortie : 10 juillet 2019
Genres : Animation, musical
Synopsis : À Uglyville, on aime tout ce qui est bizarre, on célèbre les particularités et la beauté cachée ailleurs que dans les apparences. Moxy, une drôle de petite créature à l’esprit libre, et ses amis les UglyDolls vivent chaque jour dans un tourbillon de joie et de bonne humeur, savourant la vie et ses possibilités infinies. Moxy est parfaitement heureuse dans cet endroit où personne n’est comme tout le monde. Mais sa curiosité naturelle la pousse à se demander ce qui peut bien se trouver de l’autre côté de la montagne où se niche Uglyville. Accompagnée de ses amis, elle va découvrir un autre monde, Perfection, une ville où les poupées ordinaires sont élevées pour être idéalement conformes aux critères conventionnels afin de séduire les enfants. Moxy et ses copains vont être soumis aux manipulations de Lou, la poupée idéale chargée de former les nouvelles recrues. À Perfection, les UglyDolls vont se retrouver confrontés à la différence, au rejet et à l’envie d’être aimés, mais ils finiront par comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’être parfait pour être extraordinaire et que la seule chose qui compte, c’est qui l’on est vraiment.

Notation :

Avis :

Dans un monde où les poupées ont une âme, deux lieux se distinguent : Uglyville et Perfection. À Uglyville vivent ces poupées qui ont été ratées. Et puis, à Perfection se trouvent celles qui se préparent à vivre leur vie de poupée aux côtés de leur enfant. Mais ce n’est pas parce qu’à Uglyville les poupées sont bizarres qu’elles n’aspirent pas à une vie normale avec un enfant… S’engage alors une véritable épopée pour Moxy qui décide qu’elle aussi a le droit au bonheur, malgré sa différence.

UglyDolls est un film d’animation bien mené, qui malgré une intrigue somme toute plutôt simplette, réussit à faire passer des messages importants, sans leçon de morale. Nous avons donc ce contraste entre ceux qui rentrent dans le moule, et ceux, au contraire, qui sont différents. Tout le film va tourner autour de cette envie de la part de ceux qui sont différents (les UglyDolls) de rentrer dans un moule de normalité afin d’être accepté. Or, et c’est bien la morale de ce film, ils se rendent rapidement compte que ce sont leurs différences qui font leur force.

Très bien tourné, ce message peut ainsi s’appliquer à bien des cas, et rappelle aux enfants la tolérance et le respect, aussi bien de soi-même que des autres. Ce fut donc une très bonne découverte dans cet aspect, bien que comme dit un peu plus haut, l’intrigue reste très classique, sans trop d’effort. Il faut dire que cela s’adresse aux enfants, ne l’oublions pas !

En bref :

Finalement, UglyDolls est une jolie découverte pour le message véhiculé, qui plaira d’ailleurs assurément aux enfants, même si on reste sur une histoire classique à l’ambiance presque identique aux dessins-animés du même genre. Peu d’originalité donc !

After – Chapitre 1

Titre original : After
Durée : 1h46
Réalisateur : Jenny Gage
Date de sortie : 17 avril 2019
Genres : Romance, Drame
Résumé : Depuis son plus jeune âge, Tessa était promise à un avenir tout tracé : une vie rangée, une brillante carrière, un mariage tranquille avec son fiancé de toujours. Jusqu’à sa rencontre avec Hardin à son arrivée à l’université. Grossier, provocateur, cruel, c’est le garçon le plus détestable qu’elle ait jamais croisé. Et pourtant, ce bad boy tatoué pourrait bien lui faire perdre tout contrôle…

Notation :

Avis :

Petit avertissement avant toute chose : je n’ai pas lu le roman. Je n’ai rien contre l’auteur ou les fans. Je comprends tout à fait qu’il existe une communauté de fans de cette saga littéraire. À vrai dire, je ne me prononce en aucun cas sur les romans, mais bien seulement sur le film et essentiellement sur le film en tant que tel. J’ajouterai que ce n’est que mon avis, avec ce que j’apprécie dans une romance et mes opinions personnelles. Ceci étant dit, c’est parti !

Globalement, voilà une romance un peu niaise, et superficielle. Plus spécifiquement, les 20/30 premières minutes sont intéressantes, le reste est rébarbatif. Tout ceci mérite un peu plus d’explications. Il existe des dizaines et des dizaines de types de romance, que ce soit dans les schémas, que dans les genres eux-mêmes. Ici, on tombe dans le style bad boy et fille sage. Un schéma très travaillé en romance et que j’apprécie énormément. On peut notamment citer la trilogie des Irrésistibles de Simone Elkeles, ou encore en découverte plus récente Mi vida es mia de Céline Jeanne, ou Sur ton chemin de Mikky Sophie. Je peux vous en citer encore des tas et des tas. Et ces romances ont toutes un point en commun que de nous présenter une fille sage, jolie (parfois vierge, mais je ne vais pas m’étendre sur ce fantasme de la jolie fille vierge) et un bad boy, canon, sexy et terriblement dangereux. Que ce soit dans ses choix de vie (type gangs, mafia, ou encore sport comme la boxe pour Never Back Down de Laura EL, etc…) ou psychologiquement parlant.

Dans After, on retrouve ce phénomène que j’affectionne particulièrement. Hardin est un homme mystérieux, terriblement séduisant et qui transpire d’une dangerosité attirante. La jolie Tessa se sent poussée vers lui, d’autant qu’en plus d’être magnifique, il semble savoir se servir de son cerveau. De quoi faire tourner la tête ! Mais, une fois les premiers baisers échangés, très rapidement le bad boy Hardin se transforme en ours en guimauve. À coup de bisous bisous n’amour n’amour. À l’opposée totale de la relation qui s’était installée initialement entre eux. La faute sans doute au format film, qui provoque une accélération malvenue. Le format série TV aurait peut-être été plus judicieux ?

Pour ce qui est des personnages secondaires, ils semblent encore plus secondaires qu’on le pensait. Quasi-invisibles et inutiles. C’est infiniment dommage, car il me semble qu’ils ont plus à offrir qu’une simple figuration. Dans la même optique, la mention « Avant lui, elle contrôlait sa vie » me semble un peu surfaite. Il faut dire que tout va tellement vite qu’on a à peine le temps de distinguer sa vie d’avant à celle qu’elle passe avec lui. Ce qu’on retiendra c’est qu’avant elle faisait ses devoirs, et que maintenant, elle préfère traîner dans une bibliothèque avec Hardin qui lui fait la lecture. Un vrai bad boy cet Hardin ! Cela aurait pu être une scène adorable si seulement tout n’était pas allé si vite… Rien que le synopsis nous promet bien plus « Grossier, provocateur, cruel, c’est le garçon le plus détestable qu’elle ait jamais croisé. » Ils ont pas du voir le film ! Bref, décevant. Terriblement décevant !

En bref :

Finalement, un film raté, qui va bien trop vite. La relation bad boy / fille sage propre à ce genre de romance est à peine effleurée qu’elle est déjà expédiée au profit d’une amourette d’adolescents. Dommage ! Terriblement dommage !!

Hostile

Titre original : Hostile
Durée : 1h23
Réalisateur : Mathieu Turi
Date de sortie : 26 septembre 2018
Genre : Épouvante/Horreur
Avertissement : Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Synopsis : Dans un monde en ruine après une catastrophe inconnue, l’espèce humaine tente de se reconstruire. Les survivants ne sortent que la journée car la nuit venue d’étranges créatures sortent pour chasser. Juliette est la seule à oser s’aventurer près des villes. Un jour, sur le chemin du retour, elle perd le contrôle de sa voiture. Lorsqu’elle reprend connaissance, elle est blessée, coincée dans son véhicule, et… IL FAIT NUIT.


Notation :

Avis :

Voilà un synopsis menteur, qui laisse présager un sacré bon moment, entre angoisse et actions. Cependant, il s’avère que c’est loin d’être le cas. La réalisation est particulière, transformant ce film à vocation horrifique en une sorte de drame fantastique terriblement émouvant. On tombe donc dans une romance, entre flash-backs romantiques et douloureux, et présent anxiogène et dangereux.

Passé la surprise de la première demie-heure sans véritable mouvement, puis l’acceptation qu’il ne va décidément rien se passer de bien excitant, le film s’avère plutôt intrigant. Le tout, finalement, est de la voir comme un drame romantique dans un univers post-apocalyptique. On tombe donc sur une approche bien différente du genre, qu’on connaît bien. On peut notamment citer Je suis une légende, ou encore, la trilogie Le Labyrinthe, avec ces créatures transformées, initialement humaines.

Si les passages en flash-backs restent classiques, nous présentant une histoire d’amour tout juste captivante, c’est bien le présent qui nous intéresse. Ce sont durant ces instants-là que l’angoisse monte, et qu’enfin l’aspect horrifique revendiqué ressort. On est alors dans un huis-clos à l’ambiance tendue, qui aurait mérité d’être plus mis en avant, et surtout davantage développé.

En bref :

Un film post-apocalyptique davantage romantique qu’horrifique, qui aurait pu être passionnant si l’aspect angoissant avait été plus développé que la romance à peine intéressante qui prend les deux tiers du long-métrage.

Darkest Minds : Rébellion

Qu’est-ce que donne l’énième adaptation cinématographique d’un roman pour ados, à la sauce dystopique ? Rien d’exceptionnel, malheureusement… Je vous parle de Darkest Minds : Rébellion.

Synopsis : Dans un futur proche, les adolescents ont été décimés par un virus inconnu. Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, sont classés par couleur en fonction du danger qu’ils représentent pour la société, et parqués dans des camps. Ruby, l’une des plus puissantes d’entre eux, parvient à s’en échapper pour rejoindre un groupe de jeunes en fuite à la recherche d’un refuge. Rapidement, cette nouvelle « famille » réalise que fuir ne suffira pas dans un monde où les adultes au pouvoir les ont trahis. Ils vont mener une rébellion, unissant leurs pouvoirs pour reprendre le contrôle de leur avenir.

Avis :

Quand ça marche plus, ça marche plus…
Après le succès de l’adaptation cinématographique de Hunger Games, les producteurs se battent pour avoir leur franchise à succès. Si Le labyrinthe a raflé la mise aussi, c’est plus difficile pour Divergente, ou même la 5è vague. Ces dystopies, sûrement excellentes dans leur forme initiale, ne plaisent pas à l’écran. Pourquoi ? Difficile à dire, peut-être un sentiment de déjà vu ? De copier-coller ? Ou peut-être une lassitude des adaptations, quand on veut du neuf ? Oui, c’est bien l’anti-reboot et autre remake qui parle. Et si c’était carrément le genre du Young-Adult qui était en perdition au cinéma ? Ne vous souvenez-vous pas de l’échec bien senti de l’adaptation Passeur ? Ou Vampire Academy ? Que des films qui ont succédé à des Twilight et autre Harry Potter, sans réussir à les égaler ou faire mieux. Est-ce alors la fin du Young Adult ? Au profit d’un autre genre, plus mature : le New Adult. Après 50 nuances de grey, After va être adapté. Je dois dire que Darkest Minds va dans ce sens. Si c’est pour voir ce genre de film dystopique bâclé, peut-être vaut-il mieux souffler sur la bougie, pour éviter que la maison ne prenne feu, définitivement.

Une romance ou de la science-fiction ?
Durant tout le film, qui m’a paru bien long malgré ses maigres 1h40, j’ai douté. Suis-je dans la bonne salle ? Ne suis-je pas sensée voir un film de science-fiction, où « leur différence fera leur force » ? Quelle déception quand j’ai compris, au bout d’à peine vingt minutes de visionnage, que ce que je regardais était simplement une romance adolescente, remplie de bons sentiments et de phrases trop mielleuses pour être vraies. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir bien démarré. Ainsi donc, ce film n’est qu’une succession de moments dégoulinants d’amour, de scènes voluptueuses où les deux héros se regardent avec amour et délectation, et de faux sentiments à peine crédibles. L’histoire d’amour apparaît d’ailleurs tellement vite qu’on peut presque croire à une blague scénaristique, mais non, c’est bien le chemin pris tout le long du film.

Une idée intéressante…
Ce chemin pris est d’ailleurs bien décevant quand on voit à quel point tout ceci avait bien commencé. Des enfants atteints d’un étrange mal, dont les survivants héritent de pouvoirs surnaturels. Une société qui les range dans des cases, le besoin de fuir… Tout est là pour réaliser un très bon film haletant et visuel. Mais, malheureusement, ce ne fut pas le cas, et je le déplore. Néanmoins, on peut apprécier quelques passages où les pouvoirs sont exploités, rappelant d’ailleurs un peu les mutants de X-Men. Ainsi, je présume que les romans doivent être bien plus intéressants que le film, qui a essayé de condenser romance et science-fiction en 1h40 pour ne finalement n’avoir que 10% de SF pour 90% de romance. D’ailleurs, j’ajouterai que la dernière phrase du synopsis est bien mensongère : « Ils vont mener une rébellion, unissant leurs pouvoirs pour reprendre le contrôle de leur avenir. », je vois pas trop où et quand ils ont mené la rébellion. Bien au contraire, ça s’arrête au moment où ça peut devenir intéressant. Et quand on sait qu’il a fait un vrai bide aux USA, on peut légitimement douter d’une suite à venir… Tant pis, on lira les romans !

Au final, une réalisation bâclée, privilégiant une romance insipide et peu crédible, rendant le film si prévisible, qu’il a perdu sa saveur au fil de sa diffusion. Dommage, mais je m’en doutais un peu.

Mary Shelley

L’histoire d’une femme incroyable qui s’est heurtée à la concupiscence égoïste… Je vous parle du biopic sur Mary Shelley, l’auteur de Frankenstein.

Synopsis : En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation passionnée et scandaleuse avec le poète Percy Shelley et s’enfuit avec lui. Elle a 16 ans. Condamné par les bienpensants, leur amour tumultueux se nourrit de leurs idées progressistes. En 1816, le couple est invité à passer l’été à Genève, au bord du lac Léman, dans la demeure de Lord Byron. Lors d’une nuit d’orage, à la faveur d’un pari, Mary a l’idée du personnage de Frankenstein. Dans une société qui ne laissait aucune place aux femmes de lettres, Mary Shelley, 18 ans à peine, allait révolutionner la littérature et marquer la culture populaire à tout jamais.

Avis :

Une histoire passionnelle…
Lorsqu’on ne connaît pas l’histoire de Mary Shelley, ce biopic est surprenant. Et, par certains aspects, n’est pas sans rappeler celui sur le créateur de Wonder Woman. Mary est une jeune fille indépendante, fille de parents qui faisaient fi des convenances, elle rêve, elle aussi, de s’émanciper de la société. Et, alors qu’un poète apparaît, presque sur son cheval blanc, elle voit l’opportunité de vivre sa vie comme elle l’entend. Malheureusement, cette liberté soudaine ne sera pas aussi belle qu’elle l’espérait. L’un prône la liberté sexuelle, l’autre l’engagement vis-à-vis de la personne qu’elle aime. Deux visions qui, par leur totale opposition, vont engendrer discordes et une succession d’infortunes, qui vont transformer Mary Shelley à jamais… C’est donc finalement d’une histoire passionnelle que vient la création de Frankenstein, plus que passionnelle même, ce récit provient de la désolation, de la désillusion, et de la solitude.

Pour une réalisation intimiste…
Et là, encore, non sans rappeler la superbe réalisation sensuelle de My Wonder Woman, Mary Shelley nous révèle une ambiance intimiste. Loin d’être provocante, tout du moins charnelle et tentatrice. Parce que c’est l’histoire de la passion dévorante, de la détresse pernicieuse… Tout en douceur, tout en poésie, ce film fait passer le spectateur par plusieurs degrés de surprise. Il met en avant la descente infernale de Mary, et celle de sa vie… Dans une atmosphère vaporeuse et intransigeante, on se laisse bercer par l’évolution de cette femme, pour qui les obstacles rencontrés n’ont fait que renforcer sa détermination et créer ce qui est considérer comme le premier roman de science-fiction de l’Histoire.

Au final, Mary Shelley est un biopic magistralement réalisé, porté par une Elle Fanning époustouflante ! Un film à découvrir absolument.

Action ou vérité

Une déception grandiloquente pour ce film pourtant prometteur, je vous parle d’un énième film raté : Action ou vérité.

Synopsis : Un simple jeu innocent d’Action ou Vérité entre amis se transforme en cauchemar sanglant quand quelqu’un – ou quelque chose – commence à punir ceux qui mentent – ou refusent de jouer.

Avis :

Une intrigue vide…
Une idée de base plutôt prometteuse, qui ne connaît pas le fameux jeu « Action ou vérité » ? On commence donc sur les chapeaux de roue avec quelques bonnes idées et une tension qui reste palpable. Mais voilà, très rapidement, les scènes angoissantes résultants de l’action, laissent place à des vérités d’adolescents. Entre amitié brisée, et amour inavoué, nous voilà embarqué dans un film pour adolescents, sans intrigue passionnante à se mettre sous la dent. Quand apparaît enfin le pourquoi de tout ce jeu glauque, on en vient à douter du ton à donner à ce film. Parodie ou long-métrage sérieux ? On peut en discuter… On nous présente une histoire étrange, complètement à contre-courant de l’ambiance générale et surtout, si surréaliste qu’on y croit mollement. Vraiment dommage quand on voit à quel point il avait bien commencé…

Pour des personnages sans consistance…
Tout le long du film, j’ai été frappée par l’absence d’émotions dans le jeu des acteurs. Ma question est : comment ne pas perdre la boule quand ses amis meurent les uns après les autres ? Ou simplement, comment ne pas s’effondrer en larmes ? Dingue mais vrai, dans Action ou vérité, pas de pleurs ou de chagrin, self control total de la part des personnages. Ce qui fait perdre toute consistance à ces protagonistes qui étaient déjà stéréotypés. Le cliché même des jeunes adultes qui font leur premier pas dans la vie, et qui semblent être totalement hermétique à la mort de leur « meilleurs » amis. Pire encore, aimer le copain de sa meilleure amie paraît être plus dramatique et impardonnable que de voir son ami se planter un stylo dans l’œil…

Au final, un film d’horreur pas très horrifique ni vraiment effrayant, qui a perdu son attrait dès le débuts du jeu de vérité embarrassant. Je ne vous le conseille pas !