Lionel Cruzille

Lionel Cruzille est auteur de plusieurs romans ayant tous en commun leur caractère spirituel. Auteur, certes, mais éditeur également avec les éditions l’Alchimiste. Et c’est en mélangeant tout ça qu’on obtient une campagne pour une édition prestige de la trilogie Le Concile de Merlin.

Pour commencer cet entretien, citez 3 mots qui vous définissent.

Décidé, créatif, intuitif.

Vous êtes auteur de plusieurs romans, depuis combien de temps écrivez-vous ? Quelle est votre première histoire ?

J’écris depuis presque 20 ans. Ma toute première histoire n’a pas été publiée. Avant d’écrire des livres, j’écrivais des textes de chanson pour notre groupe de musique aussi.

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Auteur certes, mais également éditeur. Parlez-nous un peu de cette envie de vous lancer dans l’édition. Votre plus belle surprise ? Votre plus grande déconvenue ?

J’ai eu un parcours professionnel plutôt hétéroclite : à l’usine, puis aide-soignant puis praticien shiatsu et professeur de qi gong, auteur et enfin éditeur. Ma plus belle surprise, si on peut dire ça ainsi, a été la découverte de la méditation et des enseignements de l’Inde et de la Chine anciennes. Ma plus grande déconvenue serait peut-être mon expérience aux urgences à Paris. Ça m’a tellement usé (surtout de nuit) et j’ai trouvé ces années si dures et violentes que j’ai carrément quitté le métier paramédical, tirant un trait sur plusieurs années d’expériences professionnelles et un poste dans la fonction publique…

Y a-t-il un sujet particulier qui n’a pas encore été abordé dans votre maison d’édition que vous apprécieriez vraiment découvrir ?

Il y a un sujet qui n’a pour l’instant été évoqué qu’une fois (Géolab de Damien Guirand) et que nous aimerions beaucoup lire plus : l’utopie. Nous avons besoin d’imaginer demain pour le créer aujourd’hui. Nos livres sont là pour ça, imaginer, réfléchir, agir.

Votre leitmotiv est « L’imaginaire comme questionnement du réel », en quoi vos propres romans s’y inscrivent-ils, et en particulier Le Concile de Merlin ?

Depuis mon enfance, j’ai toujours cherché du sens : à nos existences, à la guerre, à l’espace, à nos pensées, à l’invisible, aux rêves prémonitoires… J’ai donc écrit sur ces sujets, investiguant, imaginant. J’ai, du coup, pas mal écrit avec des sorciers et des chamans comme personnages, y compris dans 2048. Dans Le Concile de Merlin, il y a moult sujets qui sont abordés : la magie, bien sûr, la guérison par les plantes, la montée du Christianisme, le déclin du druidisme. Mais aussi l’exil, les guerres, les complots. À travers tout cela, j’ai voulu renvoyé le lecteur à la possibilité d’une autre lecture de l’Histoire autant que notre propre quotidien. Les Bretons ont fui les invasions des Angles et des Saxes. Ils se sont retrouvés en exil en Gaule et jusqu’en Galice. En quoi sont-ils différents des Syriens par exemple ? Une guerre est une guerre…

Le Concile de Merlin est une trilogie ancrée dans l’univers mythologique des légendes arthuriennes, pourquoi ce choix ? Qu’est-ce qui vous attire dans cette mythologie ?

D’abord parce que c’est une passion d’enfance. Le mythe est superbe, riche, plein d’enseignements. Mais en m’y penchant, plusieurs choses m’intriguaient. J’ai découvert qu’il y avait des traces historiques derrière le mythe. Ça m’a enthousiasmé. La plupart des récits ou film le place en plein Moyen-Âge (1000 ou 1200) alors qu’il est bien plus probable que cette légende se soit bâtie dans le Haut-Moyen-Âge, vers l’an 500, à l’époque des invasions Pictes, Angles et Saxes, sur le sud-ouest de l’Angleterre, alors occupée par les peuples brittoniques (celtes). Le Roi Arthur a probablement été ce qu’on nommait un « Dux Bellorum », un chef de guerre. Et certainement « Arthur » viendrait de « Artorus », le « sanglier » et aurait un surnom. Certains disent que ce surnom, ou titre, aurait peut-être celui d’Aurélianus Ambrosius, dont l’existence est avérée et corroborée plusieurs fois par des contemporains. Ambrosius était un ancien chef de l’armée romain (retirée du pays plusieurs années auparavant) et aurait combattu au Mont Badon et peut-être Camlaan. D’autres sources disent qu’Ambrosius aurait été le père d’Arthur. J’ai choisi cette option.

La religion et le spirituel ont une place importante dans ce roman, qu’est-ce que cela représente pour vous ? Pensez-vous que l’un ne va pas sans l’autre ? De quelle manière est-ce abordé dans le roman ?

Pour moi religion et spiritualité ne sont (malheureusement) pas automatiquement liées. On peut être religieux avec une vie spirituelle réelle pauvre et ne vivre sa religion qu’au niveau dogmatique, mécaniquement, sans transcendance. Justement, dans le roman, on peut penser au départ que les « camps » sont bien dessinés : les bons druides et les méchants ecclésiastiques, les bons mages et les mages noirs, etc. Mais peu à peu, on découvre une réalité plus subtile. L’héroïne le voit elle-même par ses découvertes, tant sur l’intrigue que sur le passé de son père et d’Arthur lui-même. En tout cas, ici, nous voyons clairement que ce qui compte au final n’est pas la religion, mais bien la vie spirituelle authentique, celle de l’esprit et du cœur, quelle que soit la religion ou qu’il n’y ait pas de religion du tout d’ailleurs.

Vous lancez une campagne pour sortir une version limitée et prestigieuse de cette trilogie, pourquoi avoir opté spécifiquement pour le Concile de Merlin ? Pourquoi le choix du Crowdfunding ?

D’abord parce qu’il s’agit d’un investissement important. Ensuite parce que cela permet d’éviter tout gâchis. Et c’est un fonctionnement qui marche sur la confiance. Les lecteurs croient dans le projet et donc cautionnent en achetant à l’avance un livre qui n’existe pas encore. Ainsi, il n’y aura pas de pilon et de plus, comme le défend notre partenaire du Projets Sillex, nous proposons un circuit court : de l’éditeur au lecteur, sans intermédiaire.

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La nouvelle version de la trilogie sortira donc en tirage limité, taille plus importante, et couverture cartonnée, mais vous allez également y introduire des cartes et des illustrations. Parlez-nous un peu de ces cartes. Quel est le cheminement pour réussir à produire une carte cohérente ?

Oui, le tirage sera de 500 exemplaires, en couverture rigide avec illustrations intérieures. Les cartes sont basées sur de vraies cartes historiques. Nous les avons redessinés à la main et enrichis. L’intérieur sera complété de dessins de Dartgarry et de moi-même. Les miens seront intégrés comme des croquis de quelqu’un tenant un carnet de voyage (ce qui est un thème qu’on croise beaucoup dans le roman). Dartgarry aura quant à lui 3 doubles pages, une pour chaque « livre » intérieur.

Le Concile de Merlin version prestige va sortir avec des illustrations signées Dartgarry. Ma question est simple : Pourquoi lui ?

Parce qu’il fait est magnifique 🙂 En fait, j’avais déjà flashé sur ses illustrations pour le jeu Mysterium. Du coup, je l’ai contacté et il a accepté. Les choses ont commencé ainsi.

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Pourquoi avoir décidé d’introduire des illustrations dans un roman ? Le propre d’un roman n’est-il pas de laisser l’imagination du lecteur faire son office ?

Bonne remarque. Je pense que c’est lié à l’intention première, lors de l’écriture du roman, j’ai toujours imaginé le doter d’illustration. Mais rassurez-vous, le roman est riche d’images qui resteront uniquement pour le lecteur !

Avec Le Concile de Merlin vous avez exposé les légendes Arthurienne, y a-t-il d’autres œuvres s’inscrivant dans le même univers que vous nous recommanderiez ?

L’un particulièrement m’a marqué : le Testament de Merlin, du poète Théophile Briant. Et bien sûr les livres de Fetjaine.

Pour terminer cet entretien, vous avez le dernier mot.

Mille mercis pour cet entretien et je souhaite aux futurs lecteurs un magnifique voyage en compagnie de Gwendaëlle, la fille du plus grand enchanteur !

Convaincu.e ? Participez à la campagne en cliquant ici !

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