Jennifer Pourrat

Une femme et un homme. Une chargée de communication et un professeur d’art plastique. Une jeune femme qui élève seule sa sœur et un homme richissime. C’est dans cette histoire que s’est lancée Jennifer Pourrat, avec sa plume délicate, et son penchant pour l’immersion dans la vie de ses personnages. L’Ombre sur mon cœur est sa première trilogie, et elle fait déjà des étincelles.

Nouvelle auteur, parlez-nous un peu de vous, de votre parcours et ce qui vous a amené là où vous êtes aujourd’hui.

J’ai été assistante juridique à Paris pendant plus de dix ans et puis j’ai tout plaqué avec ma tribu pour nous installer dans mon Sud natal. J’ai pris le temps de me poser et de faire le point. Cela faisait déjà plusieurs années que je souhaitais écrire mais je ne prenais pas le temps de m’y consacrer. L’histoire de Matt et Jess me trottait de plus en plus dans la tête alors je me suis lancée.

Vous écrivez, mais nul doute que vous lisez également, y a-t-il un auteur qui vous ai particulièrement inspiré ? Un modèle ?

Je n’ai pas d’auteur fétiche, mais plusieurs écrivains classiques ont bercé mon adolescence. Depuis quelques années j’ai fait la découverte d’auteurs comme Jennifer L. Armentrout, Stephen King, beaucoup de plumes d’auteures de romance également comme Angel Arekin, Mahira Delanney, Celine Jeanne, Emma Landas etc… La romance est un genre que l’on a tendance à dénigrer et je trouve ça dommage car même les plus grands écrivains avaient, en leur temps, écrit des romances parfois même plus sulfureuses que les nôtres. J’ai eu la chance d’avoir deux professeurs de littérature qui, chacun dans des styles différents, m’ont transmis le goût pour les mots et je garderai toujours dans mon cœur ces deux instits.

Si vous étiez un roman, qui seriez-vous ?

Je pense que tu veux parler d’un personnage ? Je choisirais sans doute une aventurière ou une femme qui a marqué l’histoire. Quitte à choisir autant être quelqu’un d’exceptionnel et à l’opposé de celle que je suis.

Votre premier roman est une romance torturée, sous fond de BDSM, et on peut lire dans vos remerciements que vous vous êtes inspirés de certains de vos proches pour créer vos personnages, pourquoi ce choix ? Comme un hommage ?

Ce n’était pas volontaire. Quelques traits de la personnalité de mes amies ou des prénoms aux consonances proches se retrouvent effectivement dans mes personnages, mais en terminant le tome deux, ce qui m’a frappée c’est qu’au fond j’y ai mis beaucoup de moi. L’inconscient nous joue souvent quelques tours.

En insérant du BDSM dans votre romance, n’avez-vous pas eu peur de rebuter des lecteurs potentiels alors même que finalement, ce sous-genre n’est pas au centre de l’intrigue ?

Au départ, j’ai juste écrit l’histoire qui s’imposait à moi, sans vraiment me poser de question. Bien entendu, je savais que reprendre le stéréotype du mâle dominant et fortuné risquait de classer « l’Ombre sur mon cœur » dans la lignée de Fifty Shades. Toute la difficulté était de conserver les codes de base et de créer totalement autre chose L’Ombre sur mon cœur n’est pas une série sur le BDSM, c’est plus une romance psychologique. Les scènes érotiques que j’ai écrites sont là uniquement dans le but de servir l’histoire, d’étoffer les personnages, d’aider le lecteur à comprendre leurs modes de fonctionnement. D’ailleurs, j’ai tendance à lancer l’action et quand j’estime que les éléments que j’avais à donner sont suffisamment clairs, je la laisse en suspens afin que le lecteur puisse se faire sa propre idée de la suite.

Pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas encore, comment définiriez-vous le BDSM ?

Tu veux la définition académique ? lol. Sérieusement, je pense que c’est un ensemble de pratiques sexuelles qu’il faut maîtriser et avec lesquelles il faut absolument être en accord avant de se lancer car, dans le cas contraire, vous pourriez en sortir abîmée à bien des niveaux. Cela doit être une démarche personnelle et pas un moyen de faire plaisir à l’autre. Mais à partir du moment où c’est le désir de personnes consentantes, alors je n’ai aucun problème avec ça.

Et votre opinion sur le controversé Cinquante nuances de Grey ? Une véritable plongée dans le BDSM ou une simple romance un peu trop cravachée ?

Au vu des recherches que j’ai effectuées pour écrire l’Ombre sur mon cœur, je dirais que 50 nuances est assez soft. Je le suis restée également car je ne souhaitais pas que le BDSM finisse par devenir le sujet central. Dans l’OMC, il n’est qu’un prétexte. Mais attention les scènes que je décris dans le livre ne sont pas à laisser dans toutes les mains.

La question que beaucoup doivent se poser, pourquoi ce choix de pratiques sexuelles ? Ces pratiques ont-elles une signification particulière pour vous ?

Je ne peux pas vraiment l’expliquer. C’était une évidence pour Matt et cela devait être ainsi. Maintenant, si la question sous-entend « est-ce que j’ai déjà pratiqué ? » ; la réponse est Non. Je trouve toujours amusant que cela soit la première pensée des gens ? Si tu écris sur du BDSM c’est que forcément tu as déjà essayé ! Je n’ai jamais mis un pied à New York et là cela ne choque personne que j’en parle. C’est la même chose, comme tous les auteurs, j’ai fait des recherches. D’ailleurs évitez de demander à Google les dix postures de soumission les plus répandues, sinon vous allez voir apparaître de gentils petits chiens soumis lol.

Le couple Matthew/Jessica, que représente-t-il pour vous ? A-t-il une résonance particulière ?

Le couple Matthew/Jessica symbolise la résilience. Se pardonner soi-même pour pouvoir être pleinement épanoui, mais pas en trouvant les réponses à travers l’autre. En acceptant d’aller les chercher au fond de vous-même quitte à remuer de vieilles blessures. La différence c’est que vous serez accompagné cette fois et que cela sera plus facile de ne pas sombrer.

Souvent, dans le cadre de grosse saga, les personnages initiaux sont très différents des finaux. Est-ce votre cas ? Comment était Jessica au tout début ? Et Matthew ?

Effectivement ils vont évoluer, se remettre en question. Fondamentalement ils resteront les mêmes, mais ils auront réussi à faire table rase du passé en déposant leurs fardeaux et en acceptant de commencer un nouveau chapitre. Jessica est, dès le départ une jeune femme forte et indépendante, au fur et à mesure elle gagnera en assurance tout en acceptant de dévoiler ses faiblesses. Quant à Matthew, sa plus grande transformation interviendra quand il arrivera à faire entrer des personnes dans sa vie et à identifier la nature des sentiments qui le lie à son entourage.

L’art, et notamment la peinture mais aussi l’architecture et la musique, est très présent dans ce roman, pouvant même en faire un personnage en lui-même. Cette personnification était-elle intentionnelle ? Quel était votre objectif ?

Je te remercie de l’avoir noté. En effet, je tenais à enrichir la personnalité de Matt. Il était hors de question qu’il soit uniquement un beau milliardaire, une coquille vide. Etant moi-même passionnée d’art et de musique, je lui ai naturellement donné ces caractéristiques. De plus, l’art est à la fois une échappatoire pour lui, mais aussi un fil conducteur qui relie les personnages tout au long de l’histoire et parfois même, de manière insoupçonnée.

Corrélé à la peinture, on a le personnage de Sam, la sœur de Jessica. Que représente ce personnage pour vous ? Pourriez-vous la voir comme la personnification de la souffrance si présente entre les deux personnages principaux, ou c’est même bien au-delà de ça ?

Sam est l’un des personnages les plus touchant. Elle a affronté beaucoup d’épreuves pour son jeune âge ce qui l’a fait mûrir plus vite. La relation entre elle et sa sœur est fusionnelle. Jessica dit à un moment qu’elle a un lien spécial avec Sam : « plus qu’une sœur mais pas tout à fait une mère ». Sam ce n’est pas la personnification de la souffrance mais plutôt de la volonté. Elle a cette capacité à se relever d’un choc et à faire jaillir du malheur une nouvelle étincelle. Elle trace sa route même si on lui bloque le passage.

Pour revenir à un peu plus de légèreté, pourquoi ne pas avoir ancré votre histoire en France ? Et surtout, après l’avoir ancré aux Etats-Unis, pourquoi ne pas avoir donné un titre anglais à votre roman ?

La question s’est posée avec mon éditrice, mais pour plusieurs raisons, j’ai préféré rester sur ma ligne de départ. Premièrement, Jess et Matt vont beaucoup voyager notamment à Paris donc j’avais déjà ma trame. Deuxièmement, vu l’importance de la fortune et l’étendue des « pouvoirs » de Matt, les Etats-Unis me semblaient être un choix judicieux. Pour finir, en tant qu’auteure j’avais également envie de sortir de ma zone de confort et de voyager avec eux. Concernant le choix de « l’ombre sur mon cœur », j’ai dû le changer mais je suis restée sur un titre en français, peut-être parce que je suis française et que j’écris pour un lectorat francophone ? Franchement, je n’y ai pas réfléchi plus que ça.

Ce premier tome est très bien accueilli par le public, vous y attendiez-vous ? Quel est l’avis le plus négatif que vous ayez reçu ?

J’ai eu effectivement quelques retours positifs et de grandes discussions avec des lectrices enthousiastes, ce qui me comble de joie. Pour être honnête, je ne m’attendais à rien de particulier, je ne pensais même pas être publiée donc je prends les choses comme elles viennent et en apprécie chaque instant. Je touche du bois, mais pour le moment, je n’ai pas eu d’avis vraiment négatif, mais je ne me fais pas d’illusions, cela arrivera forcément…

À partir de la couverture, que diriez-vous de donner envie aux lecteurs de découvrir votre histoire ?

La couverture reflète bien le côté artistique et cache quelques indices.

Le tome 2 est sorti le 3 mai, que pouvez-vous nous dire sur le couple Matthew/Jessica ?

Ils vont encore vous réserver des surprises. Avec eux on ne s’ennuie jamais. Je suis certaine que vous allez me maudire par moment.

L’ombre sur mon cœur est une saga inscrit dans le genre de la romance, pensez-vous que vous pourriez écrire dans un autre genre littéraire ? Si oui, lequel ? Si non, pourquoi ?

J’adore la romance. Je suis plus aune auteure de romance psychologique que de romance érotique au fond. D’ailleurs, j’attache une grande importance à la construction de mes personnages et aux intrigues. J’essaye de faire en sorte qu’elles ne soient pas trop flagrantes. On verra si le pari est gagné. Du coup, je pense essayer d’autres genres comme les thrillers, ou la romance fantastique mais ce n’est pas pour tout de suite.

Finalement, pour terminer l’interview, que diriez-vous de laisser la parole à Jessica et Matthew ?

Si vous me demander de les rappeler, ils vont s’en donner à cœur joie.
— Jess ! Matt ! on vous demande, hurlai-je mentalement afin de les sortir des tréfonds de ma mémoire.
Il se matérialisa sous mes yeux, posa ses jolies petites fesses musclées sur mon bureau, manquant au passage de renverser mon café. Son magnifique regard azur n’avait rien perdu de sa détermination et de cette capacité à vous déstabiliser.
— Je pensais que tu en avais fini avec nous ? demanda-t-il.
— Crois-tu sérieusement qu’on peut t’oublier aussi facilement ? lui déclarai-je.
Un sourire carnassier dessina ses jolies lèvres ourlées, puis il approcha dangereusement son visage du mien.
— En effet, je suis le genre d’homme qui laisse des…traces, me chuchota-t-il.
— Ah, Matt, tu es incorrigible.
La belle Jessica fit son apparition. La main posée sur son épaule, elle l’éloigna de mes lèvres doucement mais fermement.
— Je vois qu’il était temps que j’arrive, dit-elle agacée.
Il lui lança le plus beau regard énamouré qu’il m’ait été donné de voir et je sus que rien ni personne ne pourrait jamais se mettre en travers de ces deux là.
Ma mission avait été accomplie.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s