Céline Jeanne

Céline Jeanne est une écrivaine qui débarque sur la scène littéraire le 1er février 2018 avec la première saison de sa romance explosive : Mi vida es mia. À peine deux mois après son entrée fracassante, elle enchaîne avec un roman bouleversant Solo tú. Après avoir remporté le cœur des lectrices de romance avec son premier roman, elle les comble totalement avec cette deuxième histoire. Mais malgré leurs différences, ces deux récits ont un point commun : leur décor. Férue de la culture hispanique, Céline Jeanne ancre chacun de ses récits dans un pays latino, du Salvador, à l’Espagne, elle nous fait voyager à travers les continents, et les émotions.

Auteur de romance, pourquoi ce choix de vous cantonner à un seul genre littéraire ? Vous voyez-vous écrire dans un autre style ? De la fantasy ? Ou des variantes de la romance, comme une romance paranormale ?

Je lis de tout, mais en ce qui concerne l’écriture, la romance est le genre qui me vient le plus naturellement. Avant de coucher sur le papier mes histoires, elles tournent dans ma tête, m’accompagnent au quotidien, et ce sont toutes des romances. Cela ne veut pas dire que je n’apprécie pas les autres genres, bien au contraire. Mais la romance a ce petit quelque chose qui me fait glousser en cachette et m’habite. Par contre, la romance paranormale m’attire moins. J’aime bien en lire de temps en temps, mais je ne m’imagine pas en écrire. Je préfère pour le moment les déclinaisons Young Adult, New Adult, Romance contemporaine qui offrent déjà un large choix de possibilités !

Mi vida es mia, Solo tú, vos romans s’inscrivent dans des univers hispaniques, parlez-nous de votre passion pour ces pays chauds. Quel est votre pays latino préféré ?

Mon intérêt vient sans doute du fait que j’ai vécu en Espagne. Cela me donne un accès direct à la presse et à la littérature hispaniques qui me permettent de plonger dans ces cultures si riches. A vrai dire, tous les phénomènes de société me passionnent : de la situation des populations indigènes en Australie à ce qui se passe en ce moment au Venezuela… J’aime comprendre, me plonger dedans, voir au-delà des apparences et des lieux communs. Je me suis tournée naturellement vers le monde hispanique parce que ma connaissance de la langue espagnole m’a permis de découvrir d’autres cultures et donc de combler ma curiosité naturelle. Le champ des possibles est tellement vaste avec l’Espagne et l’Amérique Latine… Leur histoire est si riche, leur présent complexe… On pense souvent à tort que comme l’espagnol est la langue de tous ces pays, ils sont identiques. Rien de plus erroné… J’ai de quoi satisfaire ma curiosité naturelle pendant un bon moment ! Mon pays préféré ? Vaste question… Malgré tout ce qui se passe à Cuba depuis les années 50 (la dictature, etc), ce pays m’attire énormément. Il me fascine. Il est comme figé dans le temps, comme si la modernité ne pouvait y rentrer qu’à pas feutrés. Cela a un impact sur la société, et fait que les gens conservent un état d’esprit particulier, caractéristique de ceux qui n’ont rien : solidarité, entraide, débrouillardise… Ce sont des valeurs naturelles là-bas. Au niveau culturel, l’île m’intéresse beaucoup : y règne un étonnant mélange entre l’Espagne, l’Afrique et les cultures précolombiennes.

Si je devais partir en voyage, où me conseilleriez-vous de poser mes valises ? Que me conseillez-vous de visiter ?

Cela dépend de quel type de voyageuse vous êtes. Comme je vous le disais dans ma réponse précédente, Cuba est une destination à découvrir, d’autant plus que la modernité envahit de plus en plus l’île et qu’on ne sait pas ce qu’elle sera dans cinq ans. Si l’histoire et les cultures précolombiennes vous attirent, le Pérou avec la Route des Incas et Macchu Picchu est le pays idéal. Vous pourrez même côtoyer des populations indiennes qui allient tradition et modernité. La belle Buenos Aires ou la pieuvre Mexico DF sont multiculturelles, et la Patagonie Argentine vous ramènera aux origines, dans des terres encore sauvages et d’une beauté éblouissante. Le panel est vaste ! Difficile de n’en choisir qu’une ! L’avantage des pays hispaniques est qu’il y a autant de cultures (voire plus !) que de pays !

Pour avoir lu et adoré Mi vida es mia, une question me turlupine, d’où vous est venue votre inspiration ? Et surtout, avez-vous un modèle pour le dangereux Adrian ? Et pour la belle Amaya ?

J’ai découvert les maras avec un documentaire, et à la fin de celui-ci, un sentiment étrange flottait en moi.J’avais vu évoluer des criminels, des assassins même, mais je ne pouvais pas les détester. Pire encore, au fil de ce documentaire, je m’étais attachée à eux. Je n’étais pas à l’aise avec ce sentiment, j’avais l’impression de passer à côté de quelque chose d’essentiel. Alors j’ai creusé. J’ai découvert qu’effectivement, le système des maras est une réalité bien plus complexe qu’un simple phénomène manichéen de bien ou de mal, ou que la simple manifestation d’un gang. Ils sont comme cela parce que la société les a faits ainsi. Ils sont en quelque sorte une réponse aux manques de la société.Pour mes personnages, je n’ai aucun modèle ou personne dans la tête, juste eux. C’est d’ailleurs un peu un problème, car quand on me demande qui pourrait les représenter, je n’en ai aucune idée… Je ne trouve personne qui corresponde exactement à l’image que j’ai d’eux, alors je suis bien embêtée !

Pour inscrire votre histoire dans l’univers des maras, vous avez dû faire beaucoup de recherches, comment cela s’est-il déroulé ?

Comme je le disais, le point de départ a été un documentaire, et ensuite, j’ai fouillé : j’ai lu la presse hispanique, des ouvrages qui tentent de s’approcher de ces groupes, d’appréhender leur réalité crue, j’ai essayé de comprendre l’histoire du Salvador, vu d’autres documentaires… J’ai pris des notes dans mes carnets pendant un an pour présenter un décor le plus proche possible de la réalité. Lors du premier documentaire, je ne pensais pas écrire dessus. Cela m’intéressait, c’est tout. Et Adrián a pris vie un jour pendant le trajet que je fais pour aller travailler. Suivi d’Amaya. Puis Apocalipsis et Adelina. Ils se sont animés dans ma tête. La trame était là, mais je voulais que le décor soit le plus réaliste possible. Alors, comme les Shadoks, j’ai creusé, creusé et creusé… Et je continue à le faire encore aujourd’hui…

Aujourd’hui, on voit sortir une multitude de romances érotiques, dite « New Adult », pourquoi avoir décidé de rendre Mi vida es mia plutôt sage côté sexe ? Un choix délibéré ? Ou une finalité en soi ? N’aviez-vous pas peur de provoquer une sorte de manque chez le lecteur ?

La notion de manque est un risque que j’assume. En réalité, j’écris la romance telle que j’aime la lire. Mes auteures de prédilection sont Colleen Hoover et Jennifer Armentrout, et leurs romans ne sont pas tous sulfureux. Ils racontent une histoire, et en fonction de cette histoire, le sexe a une place plus ou moins importante. Dans mon cas, pour le moment, aucun de mes personnages ne m’a amenée à faire du sexe un fil conducteur pour mes récits. Cela viendra peut-être, mais dans ce cas, il servira l’histoire et mes personnages, et aura une raison d’être. Par exemple, pour Amaya et Adrián, je ne les imaginais pas se rencontrer et se sauter dessus au bout de dix pages. Amaya ne rentre pas dans ce schéma, cela n’aurait pas été cohérent avec le personnage. Adrián a dû l’amadouer, montrer qui il est au-delà de son physique… Et je ne voulais pas faire de lui le membre habituel d’un gang, parce que les maras ne sont pas des gangs classiques. Des Adrián peuvent exister dans la vraie vie, et avoir son parcours. Petite confidence malgré tout (je suis bavarde, mon mari n’arrête pas de me le reprocher !) : dans la version originale de Mi vida, il y avait deux autres scènes plus intimes entre Amaya et Adrián, mais le roman était trop long, et j’ai dû le raccourcir. J’ai fait ce choix de scènes car je ne pouvais pas couper l’histoire.

Si j’ai adoré Mi vida es mia, je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir Solo tú, qui remporte son succès également, parlez-nous un peu de ce roman.

Solo tú est avant tout une histoire de vie, une histoire de reconstruction. L’histoire du silence, de la peur. Et puis de l’amitié et de l’amour. C’est un roman qui m’est sorti des tripes, un peu comme si Iria avait besoin que quelqu’un parle pour elle. L’écriture est d’ailleurs un phénomène étrange, quand je me suis lancée dans Solo tú, j’étais bloquée dans une scène assez dure de Cuba Libre, mon roman en cours. J’avais besoin d’écrire quelque chose de plus léger, qui me détende. Mais l’histoire d’Iria a pris le dessus, et finalement, le résultat final est très éloigné de ce que j’avais en tête au début. Solo tú est très différent de Mi vida, mais j’ai adoré l’écrire également.

Après Mi vida es mia, parlez-nous un peu de vos projets pour cette duologie. Une suite ? Des spin-off ? Dites-nous tout et surtout, faites-nous rêver ! Et au sujet de Solo tú ? Est-ce un simple one-shot ou un roman qui pourrait avoir une suite ?

Pour Solo tú, c’est un one-shot. Iria a raconté son histoire, et je ne crois pas écrire sur l’un des personnages. C’est elle et Guillem qui m’ont portée… Pour Mi vida, c’est différent. Depuis le début, je veux écrire l’histoire d’Apocalipsis. J’aime vraiment beaucoup ce personnage, il me hante. J’ai toute la trame, l’histoire du personnage féminin, le contexte aussi, qui, en plus des maras, va montrer un autre aspect du Salvador. Il sera plus sombre, Apocalipsis l’est par la force des choses. Il a tout fait pour préserver son frère un minimum, et s’est immergé complètement dans cette vie. Il s’est en quelque sorte sacrifié pour Adrián, et on ne sort pas indemne de cela.Pour l’instant, je garde son histoire pour moi, je la savoure. On cohabite Apo et moi, et on se parle. Il est avec moi au quotidien (ouh là, je fais un peu schizo là ! lol). J’ai écrit plusieurs chapitres, dans le désordre, les scènes qui voulaient sortir… Comme pour Mi vida, il faut que je creuse certains aspects. Il y a encore des zones d’ombre que je dois éclaircir pour que le décor prenne complètement vie.

Et en dehors de ces deux univers, avez-vous d’autres projets d’écriture ? Dans un autre pays peut-être ?

J’en ai plusieurs, j’en ai toujours plusieurs (cela amuse mon mari d’ailleurs !). Les romances flottent dans ma tête… Je suis en train de terminer Cuba Libre, un roman qui se passe donc à Cuba. Comme Mi vida, il nous immerge dans le quotidien de l’île et nous amène à regarder au-delà des apparences, derrière les paysages de carte postale. Il suit Ethan (un « Yuma »-un Américain), et Cris, une Cubaine. Choc des cultures, réalisme, questionnements, tensions et, bien évidemment, amour sont au programme.J’ai hâte de me remettre à un autre de mes romans en cours : il se passe à Barcelone, dans le monde du sport. Pour le moment, il est plus léger, à voir si je parviens à garder ce cap ! (Rien n’est moins sûr, mais j’y travaille !) J’ai également en tête un roman se déroulant au Mexique. Cartel de drogues, amitié d’enfance… La trame est dans mon petit cerveau. Il me manque le contexte, je dois encore me renseigner (pour ne pas changer !).Et j’en ai encore un ou deux autres en stock, plus légers aussi, dont quelques chapitres sont écrits. Pour le moment, ils sont en sommeil. Bref, j’ai la fâcheuse tendance à m’éparpiller !

En tant que lectrice, avez-vous des romans à nous conseiller ? D’auteurs espagnols peut-être ? Une littérature peu connue en France.

J’adore la littérature espagnole ! J’ai la chance de pouvoir lire dans cette langue, ce qui m’ouvre beaucoup de possibilités de lecture. Je suis une lectrice omnivore, je lis de tout, et la littérature hispanique est très riche. Pour ne parler que des romances, j’aime particulièrement Alice Kellen (aujourd’hui, je n’ai pas arrêté de sautiller dans le chemin qui mène à ma maison – huit cents mètres de chemin de terre, c’est long quand on ne fait que sautiller !– : son dernier roman est arrivé dans ma boîte à lettres ! Je l’attendais avec impatience !). C’est une auteure qui a un talent fou ! Je suis fan de Mike (pour ne pas dire amoureuse !).J’aime également beaucoup Mercedes Ron et sa série des Culpas (« Fautes »). Une histoire de demi-frère et sœur : une montagne russe d’émotions ! Abril Camino a écrit un roman merveilleux sur la reconstruction de soi, avec deux protagonistes incroyables. Je l’ai fini il y a plus d’un mois, et j’y pense encore.

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