Chicago Requiem

Un roman. Une histoire. Une saga. Une épopée. Une aventure. Une tragédie. Un drame. Une famille. Je vous parle d’un récit théâtralement mené : Chicago Requiem de Carine Foulon.

Résumé : Chicago, années folles…
Sur la scène d’une ville en proie à la corruption, acteurs et gangsters se côtoient.
William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. Il aide son épouse, Susan, à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition.
La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone.
Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.


Avis :

Mention spéciale à la couverture et au résumé, qui donnent le ton du roman. J’aime beaucoup l’utilisation du champ lexical du théâtre, et je salue une plume travaillée, et élégante.

Un thriller passionnel…
Le cul entre deux chaises, ai-je pu lire. Vraiment ? Entre polar et romance, le cœur balance ? Pourtant, le genre est clair. Limpide même. Nous avons clairement là un thriller passionnel, aux allures de tragi-comédie où le burlesque se transforme en cynisme dégingandé. Une famille, en proie à moult événements, parfois désastreux, tragiques, et d’autres, heureux, voire même enchanteurs. Il faut avouer néanmoins, que nous apprécions davantage le « tragi » comparé au « comédie », ce qui n’enlève rien au ridicule inconvenant de certaines situations. William, riche et beau, bien qu’un peu gringalet selon les uns, épouse Susan, belle mais actrice. Un emploi pour le moins impudent selon les autres. Le roman se confond dans les personnages, pour finalement, ne tourner qu’autour de ces deux êtres qui représentent l’amour ravageur et brutal. Qui, d’ailleurs, a parlé de romance ? Nous sommes-là dans le romantisme à l’état pur. Ces drames romantiques du XIXè siècle, illustrés par des personnages de rangs sociaux différents et qui se retrouvent déchirés par leur passion. Pour citer Victor Hugo dans Hernani « La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, mais elle vient. » et c’est bien l’essence même de ce roman.

Un « il » entraînant…
La première chose qui m’a marquée dans ce roman, outre la multitude de personnages qui rendent l’entrée en matière plutôt laborieuse, est ce « il » incontinent. Il est admis, en général, que le « je » permet davantage de s’imprégner dans l’histoire, comme si nous en étions nous-même l’acteur. Carine Foulon prend, elle, le parti logique et finalement évident, de nous rendre spectateur de ce drame romantique qui se joue sous nos yeux. Passé les trois coups, nous voilà emporté par un torrent d’émotions qui, loin d’être amoindries, sont renforcées par ce « il » impersonnel mais si descriptif qu’il rend notre vision des événements palpables et vives, comme si nous assistions véritablement à cette levée de rideau.

Un roman historique…
Chicago, ville corrompu par les miafioso, et terrain privilégié de la pègre. Chicago, territoire du terrible Al Capone… Un lieu tout particulier pour le théâtre des Henderson. Carine Foulon nous emmène à sa suite dans ce milieu obscur, sans pour autant nous en dire trop, laissant notre imagination faire le reste. Elle pose le décor et nous invite à rêver. Malheureusement, c’est peut-être là qu’il aurait fallu pousser un peu. Nous installer davantage dans cette ville, nous raconter davantage son histoire. Pas de mentions aux années folles en elle-même, la situation politique, économique… Ou si peu. Je le déplore, même si Chicago Requiem n’en reste pas moins un roman historique, qui nous emmène en plein cœur du XXè siècle, aux côtés de la bourgeoisie et de ses débordements… Le « corruption et prohibition » du résumé, n’est, à mon sens, pas assez développé, ce qui aurait pu donner une dimension encore plus réaliste à ce récit.

Au final, un roman très différent de ce que l’on trouve habituellement. Chicago Requiem est un excellent cru, qui aurait gagné en goût s’il avait assombri un peu sa robe. Mais c’est bien là le seul reproche que je peux lui faire… À découvrir !

7 commentaires sur « Chicago Requiem »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s