Les fautes d’orthographe : on a plus qu’à s’y habituer ?

Alors que je lis un roman qui m’avait emballé par sa couverture et son résumé, je tombe de haut. Alors que je lis de plus en plus de fautes énormes au fur et à mesure que j’avance, je tombe de haut. Et la question que je me pose, à force de voir défiler les erreurs c’est : Vais-je vraiment devoir m’habituer ?

Cet article est né d’une envie d’exposer ma frustration. Une frustration qui n’a fait que s’accroître de jour en jour, de semaines en semaines, de mois en mois. Une frustration qui ne fait que grandir à chaque nouvelle faute découverte. Une frustration qui ne va pas cesser de se développer si le milieu littéraire n’évolue pas… Mais, après tout, qui en a quelque chose à faire de ma frustration ? Peut-être, en revanche, les frustrations de tout le monde feront bouger les choses ? Peut-être… Je suis optimiste, sûrement la perspective d’une victoire contre la Belgique ce soir. Sûrement.

Posons un peu notre trame de base. Je suis arrivée dans le blogging littéraire, il y a un peu plus de deux ans, bientôt trois ans, en septembre. Trois ans de blogging, accompagnés par de l’écriture et du travail éditorial. Je peux d’ailleurs ajouter à cette liste livresque, la gestion d’un prix littéraire. Ainsi, je nage dans ce milieu et je peux vous parler d’un peu tous les côtés, de long en large. À la fois de l’édition, du blogging et du travail d’écrivain. Lorsque j’ai démarré cette aventure, j’ai découvert avec elle ce qu’on appelle l’auto-édition. À partir de là, les clichés et autres stéréotypes sont venus me frapper de plein fouet : « l’auto-édition c’est des torchons », « des auteurs qui se publient eux-même parce que personne ne veut d’eux », « des bouquins bourrés de fautes »… Toutes ces jolies remarques s’appliquent plus aujourd’hui qu’à l’auto-édition. En effet, il s’avère que le monde évolue et, des petites maisons d’édition (pas toutes, je ne généralise pas du tout) se sont appropriées ces discours. Bon gré, mal gré, peu importe. Ce que l’on remarque aujourd’hui c’est que si on peut trouver quelques bousins dans le milieu auto-édité, on en trouve encore davantage dans l’édition traditionnelle.

Ainsi, alors que je lis Au croassement des chemins, je tombe sur « les cents pas », ou encore « rabattre le claquet », un 4 à la place d’une apostrophe et même une « pâte » de grenouille. À partir de là, comment ne pas se sentir bafouée, comme si nous étions pris pour des idiots ? Et, je tiens à préciser que je n’ai lu que 50 pages sur 140. Mais, je n’aurai pas dû être étonnée, c’est apparemment une chose normale pour cette ME qui sort régulièrement ses romans avec des fautes d’orthographe, selon plusieurs avis que j’ai pu lire concernant des romans de leur ME. Si je me mets à dos cette maison d’édition ? Après tout, je m’en moque, ce ne sera pas la première. Et cette maison d’édition, à l’image de beaucoup d’autres qui fleurissent, publie à la chaîne, dans le but de sortir le plus d’ouvrages possibles, pour se faire assurément le plus de profit possible. Je ne condamne pas vraiment cette pratique, après tout, chacun gagne sa vie comme il l’entend. Mais, si c’est pour bâcler le travail éditorial, mentir à l’auteur et montrer un profond irrespect envers le lecteur, joyeux pigeon qui dépense ses biftons pour leur torchon… Je pense que ça mérite d’être souligné.

Si je peux comprendre lorsque je trouve deux fautes dans un roman, j’ai du mal à accepter en trouver des dizaines dès les premières pages. En tant qu’écrivaine, je comprends le problème lorsqu’on est auto-édité : le manque de moyen. MAIS ! Même les romans auto-édités ont moins de fautes (si ce n’est pour dire « n’ont pas de fautes ») que le roman édité « traditionnellement » que je suis en train de lire. Alors quoi ? Je dois m’écrier « What’s the hell ?! » pour que quelqu’un m’entende ? Et vous savez ce qui est encore pire ? La mauvaise foi de certains, qui iront jusqu’à souligner les fautes du blogueur, ou encore hurler au scandale en prônant que la faute est humaine. La nouvelle règle du Prix du cercle anonyme de la littérature nous l’a d’ailleurs montré : une disqualification des romans dès 3 fautes dans les 10 premières pages a soulevé un tel ras-de-marée de protestations qu’on a bien cru être ensevelies sous toute cette mauvaise foi.

Et donc, c’est quoi la réponse ? On a plus qu’à s’y habituer ? Vraiment ? Accepter de voir des « er » au lieu de « ez » ? Acceptez (alors, ça vous gêne ?) de voir nos expressions françaises décapitées ? La littérature est un moment d’évasion mais s’il s’accompagne d’une gymnastique du cerveau pour comprendre ce qui se dit et essayer de distinguer la vraie de la fausse orthographe, où allons-nous ? D’autant qu’on recommande aux jeunes de lire beaucoup pour moins faire de fautes d’orthographe… Ah, paradoxe quand tu nous tiens ! Peut-être que les éditeurs et écrivains devraient lire un peu plus ?

Je vais m’arrêter là, sous peine de bavarder encore longtemps, sur ma frustration et ma colère. Je vous laisse donc réfléchir à tout ça, et n’hésitez pas à me donner votre opinion en commentaire, je me ferais un plaisir d’en discuter avec vous !

PS : Pardonnez mes fautes d’orthographe, je ne suis pas correctrice, et coup de bol, je ne vends pas mon contenu !

8 commentaires sur « Les fautes d’orthographe : on a plus qu’à s’y habituer ? »

  1. Je ne peux qu’approuver ! Encore que j’ai lu des romans auto-édités bourrés de fautes mais, pour une ME, c’est pire : il y a quelqu’un.e pour corriger les fautes ! Alors peut-être qu’on ne laisse pas la personne prendre le temps de corriger correctement, ou peut-être qu’on la paie au lance-pierre, voire les deux. Bref, il y a un truc qui ne va pas et faut que les ME y remédient car ce n’est pas normal d’avoir autant de fautes que ce qu’on découvre parfois, et 3 en 10 pages, c’est énorme !

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    1. Votre commentaire reflète parfaitement la mauvaise foi que j’évoque. J’ai tendance à beaucoup oraliser mes propos, histoire que ça paraisse plus naturel. En tout cas, merci de la remarque madame et belle continuation à vous !

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      1. Dans mes livres j’ai laissé passer des fautes, dans tous les livres que je lis, et j’en lis beaucoup, il y a des fautes au point qu’un jour j’ai pris un petit carnet pour y noter les « bourdes » dans les livres de grandes maisons d’édition. Par ex. chez Gallimard « genous » au lieu de genoux » Qui ne souvient de nos premières leçons hibou, chou, caillou… ? Dix pages plus loin « à l’aide » au lieu de « à l’aise »… Puis j’ai laissé tomber. La langue française est très complexe et le zéro faute reste très rare. Il y a les fautes qui nous sautent aux yeux au point d’arrêter la lecture pour se dire « il y a une faute là »… et celles qu’on ne voit pas car nous sommes emportés par l’histoire. Je viens de terminer un livre très bien écrit, sans faute ou presque mais qui m’a ennuyée. Par contre la mise en page très peu conventionnelle ne me gêne pas.
        Il y a beaucoup trop de maisons d’édition (que je surnomme des imprimeurs en chambre) qui prennent jusqu’à 500 manuscrits par an, comment voulez-vous qu’elles rendent un travail de correction impeccable ? J’ai vu des quatrième de couverture avec des fautes… Il y a les bons artisans, les moins bons et les mauvais !
        Je corrige des manuscrits d’amis auteurs et je me rends compte qu’il est bien plus facile de relever les fautes des autres que les nôtres que notre cerveau finit par ne voir suite aux nombreuses relectures, connaissant l’histoire par coeur. Notre cerveau anticipe !
        Pas simple tout ça ! Laissons nos lecteurs juger. S’ils continuent à nous lire c’est qu’ils y trouvent du plaisir et, oui, évitons autant que possible les fautes.
        Merci pour votre article.

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  2. Je vais commenter et donner mon opinion, en gardant pour vous Amélia une bonne amitié, et en vous remerciant encore pour la chronique que vous avez fait de mon modeste recueil.
    Oui, il est vrai que les fautes d’orthographe sont désolantes – j’entends bien par là quand elles sont très nombreuses. Pour ma part, trois fautes pour une quarantaine de pages, je pense que ce n’est pas énorme, sauf pour confondre effectivement pâte et patte. Mais je suis d’accord avec vous, puisque visiblement comme vous l’avez dit, cette maison d’édition publie beaucoup d’ouvrages avec des fautes.
    Néanmoins, je ne suis pas d’accord sur une chose et je pense que sur ce point, vous avez laissé vote colère prendre le dessus. C’est quand vous parlez de « torchon ». Quand on dit ce mot péjoratif, très sévère, on ne pense pas seulement à un contenu avec des problèmes de langue française, on pense avant tout à un ouvrage monstrueusement mauvais, notamment dans son intrigue. Et par votre syntaxe, on pourrait croire que vous affirmez que si le livre contient des fautes d’orthographe, alors c’est un livre mauvais, avec une mauvaise intrigue, une mauvaise syntaxe, d’un ennui profond.
    Moi, je sais que dans mon recueil que je vous avais demandé de lire et de chroniquer et dont vous avez accepté chaleureusement, il y avait encore des fautes – je me suis précipité dans mon autoédition. Donc, peut-être que c’est notamment pour ça que je suis plus tolérant. Même si je reste d’accord que dans les ME, il y a des correcteurs qui sont payés pour bosser.

    Cordialement 🙂

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    1. Encore une fois, je ne généralise pas. Même si ça en donne l’impression. Mais les formulations lourdes, maladroites, les fautes d’orthographe à répétition… Tout ça fait que l’intrigue passe au second plan. Peut-être n’avez-vous jamais eu le cas. Mais pour avoir enchaîné des lectures de ce type, je peux crier haut et fort que oui, certains romans peuvent être qualifiés de « torchons » même si ça paraît un peu fort, je vous l’accorde. Et c’est souvent le fait des ME (ou des auto-édités mais j’ai moins eu le cas) avec une mauvaise mise en page etc… Néanmoins, j’ai sans doute été un peu extrême oui.
      Ensuite, pour continuer ma lecture du roman dont je parle, les fautes continuent de s’enchaîner à une vitesse folle. Ce n’est pas pour autant un « torchon » en revanche, car je sens bien son potentiel. Le travail éditorial en revanche peut être qualifié de catastrophique.

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  3. Je serai toujours plus choqué par les fautes de construction dramatique que par les fautes de grammaire, parce qu’elles témoignent d’un auteur qui n’a pas fait attention à son propre texte. Je serai toujours plus choqué par les fautes de grammaire que par les fautes d’orthographe, parce que ça montre que l’auteur ne sait pas construire une phrase. Après, les fautes d’orthographe, c’est désolant, mais ce sont bien souvent des fautes d’inattention.

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