IRL

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Avant dernière lecture du prix du cercle anonyme de la littérature, dans la catégorie Réalisme, je vous parle d’un roman au sujet difficile mais dont le style d’écriture m’a déçue… IRL de Chris Auguste.

Résumé : A quinze ans, Angela redouble sa seconde. Menacée par sa mère d’être envoyée dans le même lycée professionnel que son tortionnaire de frère, elle se réfugie dans l’écriture. Elle veut vivre de la littérature, mais pour cela, elle doit réussir son année. Sur un forum d’écriture qu’elle fréquente, Angela va trouver de l’aide en la personne de Petite-Fleur.

 

 

 


Avis :

Un sujet difficile…
Ce roman traite d’un sujet difficile, et j’irai même plus loin, il traite de sujets difficiles. Il faut dire que la multiplicité des problèmes rencontrés par la jeune femme est assez énorme et surtout, paraît insurmontable. Angela est une jeune fille, comme une autre, en apparence. Peut-être un peu repliée sur elle-même, mais rien ne semble la distinguer des autres adolescentes de son âge. C’est quand on s’approche un peu plus près, quand on arrête notre regard et qu’on scrute, c’est quand on s’intéresse vraiment qu’on se rend compte qu’Angela n’a pas la même vie que tout le monde. Et son principal problème est sa famille. Chris Auguste arrive à nous peindre une ambiance familiale désastreuse et nous sommes envahis par des tas de sentiments comme la colère, la pitié, la tristesse… Sans trop en dire, finalement, ce roman m’a rappelé dans un sens la thématique de Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb. Le sujet est dur, mais bien traité.

La place d’internet…
Quand on utilise comme titre IRL, « In Real Life », cela suppose qu’une partie de l’histoire se déroule sur le net. Et, c’est bien le cas ici évidemment. À vrai dire, je n’ai rien à redire sur le titre, que je trouve collant parfaitement à l’histoire. En revanche, j’aurai à redire sur cette place donnée à internet. Angela est une adolescente, elle possède un téléphone (dont elle ne semble pas vraiment se servir) et un ordinateur. Or, elle semble débarquer d’un autre monde et ne connaît pas la plupart des outils d’internet lié à la communication. Cela m’a semblé si irréaliste que j’ai trouvé ce personnage faux. Invraisemblable. Comment un adolescent avec un ordinateur constamment avec lui, fréquentant des forums, ne peut pas connaître l’existence de la messagerie instantanée ? Permettez-moi d’être sceptique. En outre, il aurait peut-être été judicieux de donner une place plus importante à ces échanges virtuels. Il me semble, en effet, que le résumé a tendance à induire en erreur en parlant seulement de « PetiteFleur ». Le roman faisait 140 pages sur ma liseuse (à une page près), alors l’étoffer un peu n’aurait pas coûté beaucoup plus de lecture au lecteur. Enfin, ce que j’en dis…

Le harcèlement en toile de fond…
Je suis là, en train d’énoncer les points négatifs, alors que finalement, j’ai passé un moment de lecture relativement agréable. Donc, histoire de changer un peu, je vais vous parler d’un point positif et c’est ce harcèlement scolaire peint en filigrane. Ce n’est jamais dit clairement, jamais évoqué de façon claire et précise. Nous sommes dans la suggestion, et toute en élégance c’est amené sur le tapis. Tous ces sous-entendus font mal, accolés à la vie familiale chaotique d’Angela. Tous ces sous-entendus nous blessent. Alors, quand la lueur d’espoir pointe son nez, je peux vous assurer que le sourire se dessine aussi. J’ai beaucoup apprécié cet aspect du roman.

Un style trop lisse…
Et parce que tout n’est pas blanc ou noir, si j’ai apprécié les thématiques évoquées, la manière dont cette histoire est écrite ne m’a pas du tout transportée. Le style est lisse, plat, sans envergure. Sans envolées lyriques, sans farandoles, sans crevasses ni aspérités. J’aurai tendance à parler d’un style simple, même si j’ai eu envie d’utiliser le terme « pauvre », mais il me semble un peu dur, quoique assez proche de mon ressenti. Je ne dis pas que c’est mal écrit, au contraire. Mais on dirait que de ce texte ne transpire aucune émotion. Ce sont à travers les événements que les états d’âmes naissent mais de la plume… rien. En plus de ce style qui ne me correspond décidément pas, j’ai pu relever deux coquilles et une incohérence. Dommage, comme on dit !

Au final, une lecture agréable, mais sans étincelles. Des thèmes forts qui auraient mérité une plume plus puissante et poussée. On peut pas aimer à tous les coups.

5 commentaires sur « IRL »

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