Le trou de ver dans la maison du crack

Adressé à un public averti


Quand une nouvelle devient affreusement jouissante… Quand l’horreur se mêle au fantastique, la réalité au fantasque… Je vous parle de Trou de ver dans la maison du crack de Frédéric Soulier. Une sacrée claque !

Résumé : Trois junkies découvrent par hasard un minuscule trou invisible sur un mur de leur appartement. Un trou de ver menant vers un autre monde, qui pourrait bien leur offrir la perspective d’une vie meilleure.


Avis :

L’intrigue…
Nous allons suivre trois amis : une nana plutôt agréable à regarder (enfin pas qu’à regarder à ce que j’ai lu), un mec complètement paumé et un autre aussi paumé mais qui au moins, profite de la vie avec la nana-agréable-à-regarder-mais-pas-que-si-vous-voyez-ce-que-je-veux-dire. Bref, vous aurez compris, on tombe dans un huis-clos assez dérangé mais ce n’est pas pour nous gêner. Entre les propos crus du narrateur, les scènes qui vont avec et l’aspect fantastique du schmilblick, je peux vous dire qu’il y a de quoi faire. Bon, alors, déjà, c’est quoi un trou de ver ? Dans ma grande sagesse, je suis allée jeter un œil à ce qu’on en dit sur le net. Comprenez, je pensais avoir affaire à un trou fait par un ver… Pour faire simple (merci Wikipédia), « Un trou de ver formerait un raccourci à travers l’espace-temps. ». Eh bien, c’est ça l’histoire. Nos deux paumés et la nana, allez disons-le, bien roulée, découvrent un trou de ver dans leur appartement miteux. Mais entre la réalité et la fiction, la frontière est bien mince… Surtout quand nos personnages s’amusent à se droguer… Ne sommes-nous pas dans la maison du crack ?

Réel ou fantasque ?
C’est quelque chose qui nous poursuit tout le long de l’histoire. Est-ce réel ? Y a-t-il vraiment un passage vers un autre monde dans le mur de leur appart’ ou tout cela n’est-il que fabulation ? Qu’une création d’un esprit embrumé par les drogues ? Oui, parce qu’il est important de préciser que cette histoire nous est contée par l’un des paumés. C’est celui qui paie l’appartement et qui peut même pas s’en payer une bonne avec la nana bien roulée, si ça c’est pas de l’injustice… Bah, ce gars-là, il se drogue, il profite de sa petite vie tranquille quoi. Mais alors tout ce qu’il nous dit-là, c’est vrai ? Ou c’est lui qui se paie de sacrées hallucinations ? Difficile de savoir… L’auteur nous laisse sans doute le loisir et le plaisir de choisir nous-même ce qui est réel ou pas.

Jouissif…
Ah, c’était avec une joie certaine et que je camoufle à peine, que je me suis lancée dans un nouveau Soulier. J’avais fait une razzia à la fnac sur pas mal de ses nouvelles il y a quelques mois, donc quelques unes m’attendent encore. D’ailleurs, pas que des nouvelles puisque Des morts, des vivants patiente aussi sagement. Quelle joie, je disais donc, de lire du Soulier. Son style est un régal à chacune de mes découvertes. Ici, ses propos crus, le langage parlé, nous immergent immédiatement dans l’ambiance sale, à désinfecter à la javelle, de l’histoire. C’est toujours avec un maniement brillant de la langue française que Frédéric Soulier nous transporte dans son imaginaire, jouant avec les différents registres. Ici, le langage familier, les scènes sexuelles exhibitionnistes et la crasse de l’ambiance générale rendent le texte terriblement jouissif.

Au final, encore un carton plein avec cette nouvelle. Une histoire décalée et glauque, à découvrir ! Attention néanmoins, adressée à un public averti ! 

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